03/10/2007

Le déisme

Ayant eu l'occasion d'intervenir sur le blog d'un déiste, voici l'occasion de résumer mon point de vue à ce sujet.  Les déistes croient bien en un Dieu Créateur et Maître absolu de l'univers, mais nient catégoriquement qu'Il puisse se révéler. Il est, disent-ils, trop différent, trop élevé au-dessus de sa créature. Et cette dernière devrait donc se contenter du spectacle de la nature qui témoigne de la puissance de Dieu et devrait également écouter la voix de la conscience que Dieu a mise en lui pour lui faire connaître le bien et le mal. 

Selon moi, la nature ne peut nous donner qu'une révélation tout à fait insuffisante. Elle est loin de nous apporter ce que notre coeur et notre esprit réclament.

Quant à la conscience, nous devrions pouvoir nous fonder sur elle, mais hélas, l'homme s'est tellement enfoncé dans le péché que sa conscience ressemble à une balance faussée, toutes les pesées effectuées sur elle seront inexactes. Il suffit, pour s'en convaincre, de considérer combien elle peut varier dans ses appréciations, selon la race, l'époque, le pays, la classe sociale et même les individus. Ce que l'un tolère ou même approuve est rejeté par l'autre. Il fallait donc, de toute nécessité, si Dieu voulait se faire connaître à sa créature, qu'Il lui accorde une révélation différente de celles apportées par la nature et la conscience. Or, quelles raisons a-t-on de prétendre que Dieu veut se cacher à l'homme et demeurer pour lui un inconnu ? Pourquoi aurait-Il mis dans son coeur le besoin de le connaître et de se confier en lui ?

De plus l'histoire des religions met en lumière ce besoin inné. Il se cache souvent sous toutes sortes de formes aberrantes, mais toute religion, même le plus primitif des fétichismes, témoigne à sa manière de ce qu'on peut appeler la "soif de Dieu". Dieu n'est pas, comme certains philosophes le soutiennent, une production du cerveau humain, mais un instinct enraciné au plus profond de son être et faisant partie de sa nature même.

 

L'homme a besoin de Dieu. Quand il refuse de croire en Lui, il doit le remplacer par autre chose qui devient son dieu. L'absence du Dieu véritable crée un vide dans son coeur et le déséquilibre.

 

Dieu connaît ce besoin. N'est-ce pas Lui-même qui l'a placé dans le coeur de l'homme ? Et Il refuserait d'y répondre ?? Une telle supposition est inadmissible. Ce serait comme si, ayant mis dans l'organisme humain la nécessité de l'eau, il l'avait placé sur une planète entièrement dépourvue de toutes sources !! Il lui a donné des poumons avec de l'air qui leur est indispensable. Changerait-Il d'attitude quand il s'agit non plus des besoins de son corps, mais ceux de son âme ? Quelle cruauté et quelle absurdité, s'il avait mis dans le coeur de sa créature le besoin de Le connaître, tout en refusant de répondre à ce besoin. Une telle supposition se réfute d'elle-même.

 

Dieu était tenu, de par ses perfections, de donner à l'homme une révélation dépassant infiniment tout ce que le spectacle de la nature ou la voix de la conscience pouvaient lui apporter, en particulier sur Sa Sainteté et Son Amour. Quand un père a des enfants, ce n'est pas pour ne jamais se montrer à eux, et tout faire afin qu'en grandissant, ils ne sachent jamais rien de lui. Au contraire, il aime les voir, s'entretenir avec eux. En reprenant, tout en les transposant, les termes employés par le Seigneur, dans Luc 11:11-13, nous dirons : Si les pères de la terre savent ainsi s'approcher de leurs enfants et les entourer, à combien plus forte raison, le Père Céleste a-t-il la volonté de faire de même et mieux encore !

 

"Quel est parmi vous le père qui donnera une pierre à son fils, s'il lui demande du pain? Ou, s'il demande un poisson, lui donnera-t-il un serpent au lieu d'un poisson? Ou, s'il demande un oeuf, lui donnera-t-il un scorpion? Si donc, méchants comme vous l'êtes, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, à combien plus forte raison le Père céleste donnera-t-il le Saint-Esprit à ceux qui le lui demandent." (Luc 11:11-13 LSG)

 

Tout ceci prouve l'absolue nécessité de la Révélation. Nous oserons dire qu'un Dieu saint et juste ne pouvait pas ne pas se manifester à la créature faite à son image.