13/04/2008

Témoins de Jéhovah : CROIX OU POTEAU ?

CROIX OU POTEAU ?

(Etude du pasteur Christian Piette)

 

L’organisation des témoins de Jéhovah n’a pas toujours milité en faveur d’un simple poteau lors de la mise à mort de notre Seigneur Jésus-Christ, pour preuve la gravure suivante :

 

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(Joseph F. Rutherford, La Harpe de Dieu, 1921, page 103).

 

Plus loin dans cet ouvrage, le 2ème président de l’organisation des témoins de Jéhovah écrivait :

« Peu de temps avant sa CRUCIFIXION, Jésus enseignait ses disciples… »

(page 192).

 

De nos jours, les témoins de Jéhovah doivent croire que la croix n’est qu’un symbole païen adopté par l’Eglise à partir du moment où Satan exerça son contrôle sur les autorités ecclésiastiques. L’organisation des témoins de Jéhovah affirme que Jésus est mort sur un simple pieu vertical :

« Il y a des preuves complètes que le Seigneur fut mis à mort sur un poteau vertical et non sur deux pièces de bois formant un angle quelconque ».

(Toute Ecriture est inspirée de Dieu et utile, 1963, page 282).

 

D’emblée, précisons que ce qui est surtout important, c’est que Jésus-Christ soit mort pour nos péchés au calvaire. Qu’Il ait été cloué sur une croix ou sur un simple poteau n’a aucune importance. Mais puisque l’organisation des témoins de Jéhovah enseigne que la croix a des relents de culte phallique, il est alors de notre devoir de relever le défi !

 

Les termes grecs « stauros » et « xylon » n’excluent absolument pas la forme de la croix telle que nous la connaissons et si, au départ ils peuvent également signifier « pieu », les romains modifièrent de bonne heure l’aspect primitif du poteau en le surmontant d’une traverse. C’est la croix ou en latin crux comissa en forme de T.

 

La forme la plus connue est la crux imissa ou encore croix latine. La partie verticale, le staticulum était une lourde poutre que les bourreaux mettaient en place sur le lieu de l’exécution. Une cheville de bois, la sédile ou cornu était disposée au milieu du poteau vertical pour supporter le supplicié entre les jambes.

 

L’organisation des témoins de Jéhovah assure catégoriquement que Jésus fut pendu sur un simple poteau vertical et pourtant rien ne le confirme que du contraire. Les découvertes archéologiques démontrent que des crucifiés contemporains de Christ furent exécutés sur une croix. En effet, en 1968, on a découvert près de Jérusalem, à Giv’at mivtar, 15 sarcophages remplis de squelettes humains dont certains avaient subi le supplice de la crucifixion. Le travail d’étude fut rédigé par le Département d’anatomie de la « Hebrew University Hassadah School » sous la direction de Madame C. Salomon et les restes en question furent confiés au « Israël Museum » à la section Rockfeller.

 

Les crucifiés avaient les bras étendus à l’horizontale et non comme l’affirme sans preuve l’organisation des témoins de Jéhovah, à la verticale, au-dessus de la tête. Tout un long article éclairant sur cette importante découverte a été rédigée par le Professeur N. Haas de l’Université hébraïque de Jérusalem et ce, dans la revue française bien connue "Les dossiers de l’archéologie », n°10, page 107, mai-juin 1975 !

 

Position des crucifiés de Giv’at mivtar

 

L’organisation des témoins de Jéhovah va tenter lamentablement de s’attaquer et de réfuter les conclusions du Professeur Haas en assurant que trois autres chercheurs israëliens, savoir Messieurs Yadin, Zias et Sekeles ont démonté les travaux de Haas. Or la controverse ne se situe qu’au niveau des jambes et surtout pas à celui des bras. Les quatre savants sont unanimes quant à la croix !

 

Les preuves sont fournies par l’organisation des témoins de Jéhovah elle-même !

(Tour de Garde, 15 août 1987, page 28, point de vue du Professeur Haas)

 

(Tour de Garde, 15 août 1987, page 29, point de vue des trois autres savants).

 

Comme nous pouvons le constater immédiatement, la controverse ne se situe qu’au niveau des jambes et non sur la forme de l’instrument de supplice !

 

Un ou deux clous ?

Dans un ouvrage édité par les bons soins de l’organisation des témoins de Jéhovah, nous découvrons la gravure suivante :

(Recueil d’histoires bibliques, 1980, page 100).

 

Cette illustration représente Christ pendu avec un seul clou unique traversant les deux mains. Or la Bible contredit cette présentation mensongère :

 

Les autres disciples lui dirent donc : Nous avons vu le Seigneur. Mais il leur dit (Thomas) : Si je ne vois pas dans ses mains la marque DES CLOUS". (Jean 20 :25).

 

On remarque directement que Thomas demande à voir la marque des clous (un pluriel) et ce, uniquement dans les mains du Seigneur, aucune mention n’est faite des pieds !

 

Que va répondre l’organisation à ce remarquable argument ?

« Quelques-uns ont déduit de ce passage que deux clous ont été employés à cette fin, et qu’on lui a planté un dans chaque main. Toute fois, en parlant des clous au pluriel, Thomas faisait-il une description précise du supplice de Christ ? Voulait-il nécessairement dire qu’on lui avait cloué séparément les deux mains ? En Luc 24 :39, Jésus, ressuscité, déclare : Voyez mes mains et mes pieds, c’est moi en personne ! Cela donne à penser que ses pieds avaient été également percés de clous. Puisque Thomas n’a pas mentionné les marques des pieds, il a peut-être utilisé le pluriel d’une manière générale, en PENSANT à tous les clous dont on s’était servi pour mettre Jésus au poteau ».

(La Tour de Garde, 1er juillet 1984, page 31).

 

L’organisation des témoins de Jéhovah a bien du mal avec Thomas ! Pour elle, il est imprécis et on ne peut pas se baser sur lui pour déterminer la position du crucifié. Non seulement les témoins de Jéhovah mettent en doute l’affirmation de foi concernant la pleine Divinité de Jésus (Jean 20 :28), mais elle l’accuse d’imprécision aussi au niveau des clous. Nous croyons tout au contraire que l’apôtre Thomas est très clair sur ces deux points et que les témoins de Jéhovah falsifient une fois encore des Ecritures ! En plus, dans sa fausse vision des choses avec Thomas, elle met en doute la pleine inspiration des Ecritures. Remarquons également au passage dans la citation de la Tour de Garde que vous avons citée cette reconnaissance de leur pauvre argument :

« Puisque Thomas n’a pas mentionné les marques des pieds, IL A PEUT-ÊTRE utilisé le pluriel d’une manière générale… ».

 

Justus Lipsius

L’organisation des témoins de Jéhovah pense détenir un maillon fort en citant les propos du catholique belge Juste Lipse(1547-1606) :

« Un tel pieu simple pour l’exécution d’un criminel était appelé crux simplex et la méthode pour le clouer à un tel instrument de torture est illustrée par l’érudit catholique romain, Justus Lipsius du 16ème siècle. Nous présentons ci-joint une photocopie de son illustration reprise à la page 647, colonne 2 de son livre « De cruxe liber primus ». C’est de cette façon que Jésus fut pendu au bois ».

(Kingdom Interlinear Translation, 1969, page 1155).

Cette traduction biblique est un ouvrage des témoins de Jéhovah!

Cette même gravure revient également à la page 1649 de la Bible des témoins de Jéhovah intitulée : « Les Saintes Ecritures, traduction du Monde Nouveau (1987).

 

Or que déclare vraiment le flamand Juste Lipste ? Sa réponse est dévastatrice pour les témoins de Jéhovah :

« La croix du Seigneur comportait quatre pièces de bois, le poteau droit, la traverse, le morceau de bois placé au-dessous (pour les pieds) et l’inscription au-dessus              (De cruxe liber primus, page 46).

L’organisation omet délibérément de citer d’autres informations données par Lipse car elles ne soutiennent pas les théories des témoins de Jéhovah !

 

Elle reprend uniquement cette gravure,

 alors qu’elle ne mentionne pas les deux suivantes !

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Confrontée avec une évidence de plus en plus dévastatrice, l’organisation des témoins de Jéhovah n’est plus du tout sûre de sa théorie !

« Les dessins représentant la mise à mort de Jésus qui apparaissent dans nos publications, comme celui de la page 24, ont donc simplement pour but d’illustrer cet événement. Ils ne sont pas destinés à fournir des indications anatomiques péremptoires ».

(La Tour de Garde, 15 août 1987, page 29).

 

En un mot, l’organisation des témoins de Jéhovah ne sait plus sur quel pied danser !