12/08/2009

Réveil mondial ?

Le retour de Jésus-Christ sera-t-il obligatoirement précédé d’un réveil mondial ?

Par Samuel Foucart (topchrétien)

 

reveilAvant tout, je crois qu’il faut d’évacuer une première question : Le Christianisme du vingt et unième siècle croit-il encore au retour de Jésus-Christ ? Pour certains, cela relève de la science fiction ; pour d’autres, c’est une vérité biblique très secondaire, ils ne comptent que leur immédiat ; pourtant, cette vérité figure nombre de fois répétée dans le Nouveau Testament, et vous la trouvez dans le credo catholique comme étant une affirmation de la foi chrétienne, je cite : « Crucifié pour nous sous Ponce Pilate, il souffrit sa passion et fut mis au tombeau. Il ressuscita le troisième jour, conformément aux Écritures, et il monta au ciel ; il est assis à la droite du Père. Il reviendra dans la gloire, pour juger les vivants et les morts et son règne n'aura pas de fin… » Credo symbole de Nicée.

 

Avant de réponse à la question qui me sert de titre, je voudrais aussi évacuer la notion de réveil telle qu’elle est envisagée trop souvent ! C'est-à-dire un « truc magique » qui va nous tomber dessus du ciel, et qui va régler tous nos problèmes, remplir nos églises, et changer le visage et le comportement de nos adversaires à notre égard ! Pure utopie ! Jamais la Bible ne parle d’un réveil dit « spirituel » de ce genre-là, c’est du rêve, de la poudre aux yeux, voire, pour certains, du mensonge organisé ! C’est aussi de la paresse spirituelle. Croire cela nous évite de vivre ce qui conduit à un vrai réveil : « Réformez vos œuvres et vos voies » (Jérémie 26.13) ! C'est-à-dire changez de comportement ; reprenez le chemin de la piété personnelle et quotidienne ; retournez dans vos réunions de prières ; revenez au Dieu vivant et vrai ! Abandonnez vos agissements coupables ! Redonnez à Dieu la première place dans votre vie ! Voilà ce qui conduit à un réveil personnel, tel qu’il est décrit souvent dans la Bible, par exemple en 2 Chroniques 36.22, où le réveil est personnel, ou encore en 2 Chroniques 33.12-14, là encore un réveil personnel qui conduit à des bouleversements sur la nation.

 

Alors, le retour de Jésus, sera-t-il précédé d’un grand réveil universel, promis par tels évangélistes, ou certains pentecôtistes en particulier, mais accrédité par aucune base scripturaire ? La réponse est bien entendu NON ! Dieu fait ce qu’il veut, et il est indéniable que dans certaines nations, l’Évangile dame le pion aux religions ancestrales dominatrices, comme au Brésil ou en Argentine, ou bien encore dans de nombreux pays d’Afrique.

 

Que lisons-nous dans l’Évangile alors ? « Quand le Fils de l’homme viendra, trouvera-t-il la foi sur la terre ? » (Luc18.8). Pensez-vous que l’inquiétude de Jésus concerne ici les incroyants ? Bien entendu que non, c’est à propos de son Église qu’il pose cette question, parce que légitimement, c’est là qu’il faut s’attendre à trouver la foi ! Et puis « La charité du plus grand nombre se refroidira » (Matthieu 24.12) ! Voilà encore un trait particulier de la fin des temps, qui n’est pas là pour nous encourager à croire des chimères, mais qui fait partie du tableau réaliste de Jésus décrivant la mentalité animant le christianisme juste avant son retour ! Et que dire de ce fameux texte si souvent attribué à tort aux seuls incroyants : « Ayant l’apparence de la piété mais reniant ce qui en fait la force » (2 Timothée 3.5) ? À votre avis, de qui Jésus parle-t-il ? L’un des signes les plus marquants de l’approche du retour de Jésus est là, sous nos yeux, et nous préférons chercher ailleurs, dans du spectaculaire, alors que l’abandon de la piété par l’Église nous crève les yeux ! Moins de communion personnelle avec Dieu !

 

Enfin, un mot sur l’esprit missionnaire, qui est l’un des traits les plus marquants de ce qui va précéder le retour de Jésus, ce fameux « Alors viendra la fin » (Matthieu 24.14). Aucun missionnaire ne devrait jamais perdre de vue pourquoi il est missionnaire : « Pour annoncer le salut, et ainsi hâter le retour de Jésus, et rien d’autre » ! Aucun organisme missionnaire n’a le droit d’oublier pourquoi il envoie des missionnaires, pourquoi il les soutient, pourquoi il les finance : Avant tout pour favoriser l’accomplissement de cette promesse de Jésus : « Je reviendrai » (Jean 14.3) ! Que les missionnaires soient sur le terrain, à l’étranger, en France, ou bien derrière un clavier d’ordinateur, ou un micro de radio, ou encore une caméra de télévision, peu importe !

 

Voyez-vous, le contexte spirituel précédant le retour de Jésus, et l’annonçant même, ne parle jamais, contrairement à certains « prophètes » en mal d’inspiration, d’un réveil mondial comme signe avant-coureur du plus grand événement à venir pour le monde ! Mais c’est précisément le contraire. Cessons de rêver ; revenons sur terre en attendant le ciel ! Nous avons notre part à faire, et si nous ne la faisons pas, même le Dieu à qui rien n’est impossible, ne la fera pour nous !

 

Samuel Foucart

 

26/06/2009

Le "parler en langues"

Le "parler en langues"

 

Lorsque de mon séjour à l'Ile Maurice, j'ai visité des assemblées locales et j'ai pu constaté leur belle évolution. Cependant, il reste des communautés qui m'interpellent personnellement.  Si la plupart ont réduit à quasi-néant leur "parler en langue inintelligible", certaines églises continuent de la pratiquer avec un automatisme déconcertant et produisant une sensation de désordre assez désagréable.  Ce bruit désordonné est d'ailleurs une des raisons qui poussent certaines personnes voulant découvrir les assemblées de Dieu à s'enfuir et à ne plus y mettre les pieds.

 

Récemment avec des frères et sœurs de l'église, nous avons évoqué le "parler en langues".  Il se trouve que nous ne comprenons pas ce phénomène de la même façon. Dieu doit certainement être attristé lorsque ses enfants ne parviennent pas à s'accorder.

Je précise d’emblée que cet article représente mes convictions et non une critique envers ceux qui pensent différemment et c’est pour susciter le débat que j’ai voulu l’écrire.  Loin de moi l'envie de blesser et si tel devait être le cas, "Les blessures d'un ami prouvent sa fidélité" (Proverbes 27:6)

 

Si fondamentalement cela ne change rien au salut, dans la pratique, cela a un effet sur la division entre chrétiens, à l'instar de toutes nouvelles dénominations chrétiennes ou toutes nouvelles doctrines qui peuvent induire un comportement de jugement les uns envers les autres.

Par principe de précaution, il est un devoir de tout chrétien de débattre afin de savoir si l'on rate quelque chose ou si l'on est dans l'erreur.

Les premiers chrétiens ont attaché énormément d'importance à l'unité.  Lorsqu'il a fallu compiler les textes chrétiens, le choix des livres s'est porté sur ceux auxquels tous les chrétiens, d'orient ou d'occident, avaient l'habitude de se référer. Il n'était pas question d'avoir plusieurs Bible et risquer d'introduire des livres non inspirés.  Hélas, je trouve qu'aujourd'hui les leaders chrétiens ne sont plus aussi prudents et ce n'est plus le dialogue dans la recherche de la vérité qui prime, mais la recherche du sensationnel.

 

Le "parler en langues" fait partie de ces sujets qui, non seulement divisent, mais créent la polémique.   S’il est clair qu’un pur francophone qui se mettrait à louer Dieu en Vietnamien ne donnerait aucun doute sur l’origine divine, le parler en charabia est une manifestation dont il est permis de douter de l’origine.

 

Problématique

Le "parler en langues" est une traduction d'une expression clairement mentionnée dans la Bible par le grec "glossais lalein".  La problématique ne réside pas dans son existence, mais dans sa perception.  Certains y voyant, entre autres, l'existence d'une langue incompréhensible (une sorte de charabia divin) et d'autres ne concevant que les langues compréhensibles.

En outre, notons que l'expression "parler en langues" est grammaticalement incohérente.  On parle « une langue » ou « sa langue » ou « en langues étrangères », mais « en langues » ??? 

 

Je précise que je fréquente une église qui a le statut d'assemblée de Dieu et qui est donc pentecôtiste.  Je n'ai jamais aimé les dénominations s'accolant (ou se substituant) au terme "chrétien" car elles sont toujours réductrices.  Le pentecôtisme est un mouvement qui est supposé mettre l'accent sur les dons de l'esprit, mais qui, dans la pratique, met surtout l'accent sur le "parler en langues".  Cela se lit clairement dans leurs déclarations de foi et c'est une chose que je déplore car cela occulte les autres dons et cela créé inévitablement un malaise chez tous ceux qui ne parlent pas "en langue(s)".

Mais rassurez-vous, j’aime mon église et ce n’est pas ce détail qui change quoi que ce soit, car aucune église n’est parfaite.

 

Argumentations

 

La pentecôte, une manifestation du St Esprit sur les croyants ayant un impact sur les "non croyants".

 

Le jour de la pentecôte, les apôtres ont "parlé en langues" à l'arrivée du St Esprit descendu sur eux.  C'est le seul passage dans la Bible où ce phénomène est décrit en détail.

 

Que lisons-nous ?

 

Actes 2:1-21 Le jour de la Pentecôte, ils étaient tous ensemble dans le même lieu. Tout à coup il vint du ciel un bruit comme celui d'un vent impétueux, et il remplit toute la maison où ils étaient assis. Des langues, semblables à des langues de feu, leur apparurent, séparées les unes des autres, et se posèrent sur chacun d'eux. Et ils furent tous remplis du Saint-Esprit, et se mirent à parler en d'autres langues, selon que l'Esprit leur donnait de s'exprimer. Or, il y avait en séjour à Jérusalem des Juifs, hommes pieux, de toutes les nations qui sont sous le ciel. Au bruit qui eut lieu, la multitude accourut, et elle fut confondue parce que chacun les entendait parler dans sa propre langue. Ils étaient tous dans l'étonnement et la surprise, et ils se disaient les uns aux autres: Voici, ces gens qui parlent ne sont-ils pas tous Galiléens? Et comment les entendons-nous dans notre propre langue à chacun, dans notre langue maternelle? Parthes, Mèdes, Elamites, ceux qui habitent la Mésopotamie, la Judée, la Cappadoce, le Pont, l'Asie, la Phrygie, la Pamphylie, l'Egypte, le territoire de la Libye voisine de Cyrène, et ceux qui sont venus de Rome, Juifs et prosélytes, Crétois et Arabes, comment les entendons-nous parler dans nos langues des merveilles de Dieu? Ils étaient tous dans l'étonnement, et, ne sachant que penser, ils se disaient les uns aux autres: Que veut dire ceci? Mais d'autres se moquaient, et disaient: Ils sont pleins de vin doux. Alors Pierre, se présentant avec les onze, éleva la voix, et leur parla en ces termes: Hommes Juifs, et vous tous qui séjournez à Jérusalem, sachez ceci, et prêtez l'oreille à mes paroles! Ces gens ne sont pas ivres, comme vous le supposez, car c'est la troisième heure du jour. Mais c'est ici ce qui a été dit par le prophète Joël: Dans les derniers jours, dit Dieu, je répandrai de mon Esprit sur toute chair; Vos fils et vos filles prophétiseront, Vos jeunes gens auront des visions, Et vos vieillards auront des songes. Oui, sur mes serviteurs et sur mes servantes, Dans ces jours-là, je répandrai de mon Esprit; et ils prophétiseront. Je ferai paraître des prodiges en haut dans le ciel et des miracles en bas sur la terre, Du sang, du feu, et une vapeur de fumée; Le soleil se changera en ténèbres, Et la lune en sang, Avant l'arrivée du jour du Seigneur, De ce jour grand et glorieux. Alors quiconque invoquera le nom du Seigneur sera sauvé.

 

Conformément au texte grec, Louis Ségond traduit correctement "lalein heterais glossais" par "parler en d'autres langues" ("hetero" = "différent", donc "heterais" "différentes").  Il s’agit donc de plusieurs langues destinées à plusieurs personnes (et non une langue magique que tout le monde comprendrait). Ils parlent d'autres langues que la leur, et ceux dont c'est la langue maternelle la reconnaisse et sont étonnés.  Ce qui confirme que "les langues sont un signe, non pour les croyants, mais pour les non-croyants" (1 Corinthiens 14:22)

 

Pierre confirme en parlant de la prophétie de Joël. Mais Joël ne parle pas des langues, il parle de prophétiser ! Il faut donc en conclure, d'après Pierre qui cite Joël, que les apôtres seraient en train de prophétiser...avec le don de parler dans d'autres langues afin de toucher les "non croyants". L’événement de la pentecôte serait donc la manifestation du don de prophétie avec le signe des langues.

 

En tout cas, jusqu'ici, aucun élément ne permet d'affirmer que les apôtres parlent une langue inintelligible.

 

L'argumentation des défenseurs de la thèse de la langue inintelligible vient principalement de la première épitre de Paul aux Corinthiens aux chapitres 12 à 14.

 

Commençons par parcourir le chapitre 12 et extrayons-en les allusions au "parler en langues" :

10  à un autre, le don d'opérer des miracles; à un autre, la prophétie; à un autre, le discernement des esprits; à un autre, la diversité des langues; à un autre, l'interprétation des langues.

28  Et Dieu a établi dans l'Eglise premièrement des apôtres, secondement des prophètes, troisièmement des docteurs, ensuite ceux qui ont le don des miracles, puis ceux qui ont les dons de guérir, de secourir, de gouverner, de parler diverses langues.

29  Tous sont-ils apôtres? Tous sont-ils prophètes? Tous sont-ils docteurs? (12-30) Tous ont-ils le don des miracles?

30  Tous ont-ils le don des guérisons? Tous parlent-ils en langues? Tous interprètent-ils?

 

L'expression "parler en langues" du verset 30 se réfère bien aux allusions qui la précèdent aux versets 10 et 28 où l'on dit "diversité des langues" ou "diverses langues".  Il s'agit donc bien de plusieurs langues, mais sans préciser si cette langue incompréhensible en ferait partie.

 

Lisons le chapitre 13 et rencontrons le premier verset litigieux :

 

1 co13:1 Quand je parlerais les langues des hommes et des anges, si je n'ai pas la charité, je suis un airain qui résonne, ou une cymbale qui retentit.

2  Et quand j'aurais le don de prophétie, la science de tous les mystères et toute la connaissance, quand j'aurais même toute la foi jusqu'à transporter des montagnes, si je n'ai pas la charité, je ne suis rien.

 

Compréhension de ces 2 versets : le don le plus accompli des langues, la plus haute éloquence, n'est qu'un vain son sans la charité, idem pour une connaissance parfaitement complète et une foi exceptionnelle.

 

Le texte grec commence par "ean" qui signfie "si" et, certes, dans sa phrase, il évoque, avec ce "si", l'éventualité de parler la langues des anges.  Dans une supposition, on peut dire ce que l'on veut (ex: si j'avais les bras assez longs pour toucher la lune), ce n’est pas pour autant que cette condition soit une réelle possibilité.

Et peut-on affirmer que la langue des anges soit une langue incompréhensible nécessitant l’interprétation d’un autre humain ???  Il me semble que non.  Il y a plusieurs exemples où des anges se sont adressés à des humains et ces humains n'étaient pas face à un charabia...ils comprenaient clairement ce que disait l'ange (exemple dans actes 10 avec Corneille).

Soulignons également que ce verset est l’unique référence biblique à un hypothétique langage des anges.  Je trouve cela un peu léger pour justifier une doctrine qui affirme son expression.

 

Donc ici, l'éventualité de parler la langue des anges est évoquée dans une hypothèse et sans garantie qu'il s'agit d'une langue inintelligible.

 

Il faut aussi considérer la chose suivante : S’il existe une langue des anges, elle doit être toujours la même.  En effet, pourquoi est-il impossible qu’il y ait plusieurs langues angéliques : rappelons que s’il y a plusieurs langues sur terre c’est à cause du péché de l’homme (tour de Babel), or il me paraît plus qu’invraisemblable qu’il y ait du péché aux cieux qui aurait causé une quelconque diversité de langues angéliques. Cette langue angélique est donc une langue unique et donc facilement analysable ! Ce qui n’est pas le cas des charabias désordonnés que l’on entend régulièrement...

 

Passons maintenant au chapitre 14. Ce chapitre évoque la prépondérance du don de prophétie sur le "parler en langues" et contient les règles d'usage des dons au sein d'une assemblée.

Ce chapitre est à considérer dans son ensemble, car il contient de nombreuses particularités. Je vais en considérer 5 :

 

1. Jusqu'alors le mot glossa était au pluriel, mais maintenant dans ce chapitre, nous trouvons 6 versets où il est au singulier (parler en langue) et 5 versets où il est au pluriel comme précédemment.  Paul passe du pluriel au singulier sans difficultés. 

Quels sont ces 6 versets où « glossa » est au singulier :

Verset 2  En effet, celui qui parle en langue ne parle pas aux hommes, mais à Dieu, car personne ne le comprend, et c'est en esprit qu'il dit des mystères.

Verset 4  Celui qui parle en langue s'édifie lui-même; celui qui prophétise édifie l'Eglise.

Verset 13  C'est pourquoi, que celui qui parle en langue prie pour avoir le don d'interpréter.

Verset 14  Car si je prie en langue, mon esprit est en prière, mais mon intelligence demeure stérile.

Verset 19  mais, dans l'Eglise, j'aime mieux dire cinq paroles avec mon intelligence, afin d'instruire aussi les autres, que dix mille paroles en langue.

Verset 27  En est-il qui parlent en langue, que deux ou trois au plus parlent, chacun à son tour, et que quelqu'un interprète;

 

Dans ces 6 versets, chacun peut y voir ce qu’il a envie de voir.  Personnellement, je constate que l’on parle de la langue d’une personne en particulier, mais les défenseurs de la théorie de la langue angélique verront cette dernière.  Voyons s’il n’y a pas de contradiction et prenons les versets 2 et 4 dans leur contexte :

1 Recherchez la charité. Aspirez aussi aux dons spirituels, mais surtout à celui de prophétie.

 2  En effet, celui qui parle en langue ne parle pas aux hommes, mais à Dieu, car personne ne le comprend, et c'est en esprit qu'il dit des mystères.

3  Celui qui prophétise, au contraire, parle aux hommes, les édifie, les exhorte, les console.

4  Celui qui parle en langue s'édifie lui-même; celui qui prophétise édifie l'Eglise.

5  Je désire que vous parliez tous en langues, mais encore plus que vous prophétisiez. Celui qui prophétise est plus grand que celui qui parle en langues, à moins que ce dernier n'interprète, pour que l'Eglise en reçoive de l'édification.

Les 5 premiers versets indiquent très clairement la prépondérance du don de prophétie par rapport à l'expression en langues dans le cadre de leur utilisation au sein d’une assemblée.  Les versets 2 et 4 ne peuvent être qu’une illustration d’une de ces langues sans préciser laquelle. Il n’y a pas d’indice probant permettant d’affirmer qu’il s’agirait de ce charabia divin. Il serait surprenant de la part de Paul d’évoquer ce charabia divin pour en conclure, au verset 5, que c’est à toutes les langues que cela s’applique.

 

2. Le verset 2 parle de « dire des mystères »

« Mystères. » Voilà un terme que l’on m’a déjà présenté dans le but de me démontrer que le parler « en langue » est inintelligible.

Le mot « mystère » est compris d’une certaine manière en français, mais en grec, le terme « musterion » décrit toujours un secret lié à la religion.  Cela exprime la notion de choses pas encore révélées, et non une chose incompréhensible. Pour vous en convaincre, je vous invite à relever tous les versets contenant le mot « musterion » : Marc 4:11, Romains 11:25, Romains 16:25, 1Co 15:51, Ephesiens 1:9, Ephésiens 3:3-4-6-9, etc...

 

Lorsque l’on dit des mystères (choses non encore révélées) dans une langue étrangère, on n’édifie en effet que soi-même et pas ceux qui ne comprennent pas.  Il est donc important d’avoir le don de traduire pour édifier l’église.

 

3. Il est à noter cette mauvaise traduction assez fréquente en 1 co 14:18 où Paul dit qu'il "parle en langue(s)?". Beaucoup de traductions sont au singulier mais en réalité glossais est au pluriel !

 

Ce verset 18 est absent de ma liste de verset contenant la mention « en langue » au singulier malgré que certaines traductions le traduisent ainsi.  C’est une erreur.  Le terme grec est au pluriel. « panton (tous) umon (vous)  mallon (plus de) glossais (langues) lalo (parle) ».

 

4. Mention d'un extrait d'Esaïe

1co14 :21 Il est écrit dans la loi: C'est par des hommes d'une autre langue Et par des lèvres d'étrangers Que je parlerai à ce peuple, Et ils ne m'écouteront pas même ainsi, dit le Seigneur.

 

Paul cite un extrait que l’on trouve dans sa prophétie des « 6 malheurs » d’Esaïe.  Cet extrait vise la tribu d’Ephraïm et en particulier les sacrificateurs et les prophètes trop ivrognes pour rendre la justice. Dieu répond par la bouche d’Esaïe :

Esaïe 28:11-12  Hé bien! c'est par des hommes aux lèvres balbutiantes Et au langage barbare Que l'Eternel parlera à ce peuple.(...) Mais ils n'ont point voulu écouter.

10 ans plus tard, le royaume d’Israël était dévasté !

 

Relevons que le terme « lèvres balbutiantes » est la traduction de « laghaghei» et ce même terme est traduit par « moqueurs » au verset 14.  Il n’y a donc pas lieu d’utiliser la traduction française pour justifier la thèse de la langue inintelligible. Paul ne s’y est pas trompé et n’a évoqué que le fait de parler d’autres langues, des langues d’étrangers.

 

Chose extraordinaire à constater, c’est que Paul dit « il est écrit dans la loi » !!! Comment un érudit juif tel que Paul peut-il faire une erreur aussi grossière que de confondre la loi avec les prophètes ?

La réponse est simple : Esaïe se réfère à Moïse, qui prédisait la destruction du pays (deutéronome 28 :49-68), pour l’appliquer à sa propre génération. 

 

Quoiqu’il en soit, nous voici face à une référence évoquant clairement le fait de parler des langues étrangères humaines ! Je rajouterai même que la langue « que l’on ne comprend pas » dont parle Esaïe est celle de l’ennemi !

 

5. Il y a cette apparente contradiction des versets 22-23 où le don des langues est destiné aux non-croyants au verset 22 et contesté par les non croyants aux versets 23.

Paul confirme que les langues sont un signe, non pour les croyants, mais pour les non-croyants.  Or, au verset 23, il dit que Si donc, dans une assemblée de l'Eglise entière, tous parlent en langues, et qu'il survienne des hommes du peuple ou des non-croyants, ne diront-ils pas que vous êtes fous?

Ce don des langues est bien pour les non croyants, mais il ne faut pas que tout le monde parle en même temps. Cela introduit les versets suivants qui parlent de l’ordre à respecter pour l’usage de ce don.  L’ordre implique que ce don est contrôlable !

 

Alors que faut-il comprendre par ce "signe des langues" destinés aux incrédules ?  Observons deux cas où ce signes est apparu (Les 2 exemples ci-dessous sont extrait d'un texte de Frédéric legrand):

1.En Actes 2, à la Pentecôte à Jérusalem, qui rencontrons-nous ? Une foule de " Juifs, hommes pieux de toutes les nations qui sont sous le ciel ". On ne peut pas taxer d’athées des gens que la piété et la ferveur spirituelle poussaient à un long, pénible et coûteux voyage qui les faisait monter de leurs pays respectifs jusqu’à Jérusalem pour la grande fête religieuse. S’ils étaient incrédules, ce n’était certainement pas dans le sens de l’athéisme, du scepticisme ou de l’indifférence. Ce n’est pas de ce côté-là qu’il faut rechercher leur incrédulité.

2.En Actes 10, les premiers païens de la maison de Corneille se convertissent. Là aussi le signe apparaît, mais où sont les incrédules ? Il y a bien Pierre, l’apôtre, qui est témoin du phénomène, mais c’est un croyant, lui. A moins qu’il n’ait gardé dans son cœur un coin pour y loger une non-foi. Laquelle ? Une incrédulité latente se rencontre souvent, tapie dans la vie des croyants, sans que pour autant cela les classe parmi les perdus. C’est au croyant Thomas que le Seigneur a reproché une incrédulité d’un type particulier (Jn 20.27). N’est ce pas tout un peuple de croyants qui n’est pas entré dans la terre promise à cause d’une certaine forme d’incrédulité ? (Héb. 3.19).

 

Que faut-il en conclure ?

C’EST DANS LA NATURE MEME DU SIGNE QUE L’ON DECOUVRE LA NATURE DE LEUR INCREDULITE. Le signe, comme c’est écrit, se rapportait aux langues étrangères, c’est-à-dire aux étrangers par rapport aux Juifs, ou aux dialectes étrangers par rapport à l’idiome araméen. Le signe dénonçait ou corrigeait leur non-foi envers ceux qui parlaient des langues étrangères à la leur, c’est-à-dire les païens. Le signe des langues était approprié à cet extraordinaire événement de la Pentecôte qui était l’entrée des gens aux langues étrangères dans l’Eglise qui naquit ce jour-là. Le parler en langues était la proclamation mise en signe de cette grande vérité. Dieu a inauguré ce jour-là un nouveau peuple, un nouveau corps composé de gens qui parlaient l’hébreu et de gens qui parlaient les langues étrangères à l’hébreu, à savoir des Juifs et des païens auxquels Il va donner une nouvelle identité spirituelle : l’Eglise, corps de Christ, dans lequel on ne compte plus en termes de Juifs ou Grecs, Scythes ou Barbares, circoncis ou incirconcis (Col. 3.11). Or, c’est précisément à cela que les Juifs ne voulaient pas croire. Non seulement ils étaient " ... ennemis de tous les hommes, empêchant de parler aux païens pour qu’ils soient sauvés " (1 Thess. 2.16), mais il y avait plus encore. Comme le dit C.I. Scofield dans sa Bible à référence : " L’intention divine était de faire des non-Juifs une entité nouvelle : l’Eglise constituant le corps de Christ formée par le baptême du Saint-Esprit qui fait disparaître toute distinction entre Juifs et non-Juifs... ". L’idée de ne plus être qu’un avec des étrangers, c’était plus qu’ils n’en pouvaient supporter. Tout leur atavisme hébraïque se révulsait rien que d’y penser. C’était pourtant cela qu’ils devaient d’abord comprendre et ensuite admettre. Dieu va leur donner le signe le mieux à même de leur faire comprendre ce qu’ils ne pouvaient pas ou ne voulaient pas croire : Il fait miraculeusement parler les Juifs dans les langues de ces étrangers. Dieu a ainsi mis dans ces langues païennes l’adoration des Juifs.

 

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Je terminerai en vous invitant à lire l’article l'extrait du Los Angeles Daily Times de 1906 ci-dessous et ensuite voyez la vidéo ci-dessous, dites-moi si c'est le Saint-Esprit qui agit...

 

Cet article fait suite au mouvement Azusa street revival ayant donné naissance au pentecôtisme:

"...disgraceful intermingling of the races...they cry and make howling noises all day and into the night. They run, jump, shake all over, shout to the top of their voice, spin around in circles, fall out on the sawdust blanketed floor jerking, kicking and rolling all over it. Some of them pass out and do not move for hours as though they were dead. These people appear to be mad, mentally deranged or under a spell. They claim to be filled with the spirit. They have a one eyed, illiterate, Negro as their preacher who stays on his knees much of the time with his head hidden between the wooden milk crates. He doesn't talk very much but at times he can be heard shouting, ‘Repent,’ and he's supposed to be running the thing... They repeatedly sing the same song, ‘The Comforter Has Come.’

 

Que dit Paul ?...1 co14:27  En est-il qui parlent en langue, que deux ou trois au plus parlent, chacun à son tour, et que quelqu'un interprète;  s'il n'y a point d'interprète, qu'on se taise dans l'Eglise, et qu'on parle à soi-même et à Dieu.

 

Dieu a déjà mis un peu d'ordre depuis un siècle...mais il reste du travail.

 

L’ennemi a trouvé un sujet de division entre chrétiens, il a su l’exploiter et l’amplifier au point que certaines églises en arrivent à des extrémités. 

Pour moi, la manifestation des véritables dons reste très rares à notre époque et dans notre pays.    La Bible parle énormément du don de prophétie, de guérison et l’on n’en voit que très occasionnellement. La Bible n’évoque que dans un seul verset (et dans une hypothèse) une éventuelle langue angélique et l’on entend beaucoup ce charabia... et c’est même uniquement cette doctrine qui est devenue partie incontournable des professions de foi des églises pentecôtistes... C’est très invraisemblable. Pour moi, le don des langues concerne des langues humaines... mais le débat est ouvert, j’attends vos commentaires.

 

 

 

 

Comme écrit plus haut, ces phénomènes visibles dans la vidéo représentent actuellement une minorité.  Veuillez lire dans les commentaires l'avis du pasteur de notre église qui ne cautionne absolument pas les images ci-dessus.

Cependant, force est de constater que les premiers pentecôtistes agissaient de la sorte.  Si Dieu a conduit un réveil aussi "désordonné" avec Azusa, ces églises "désordonnées" ne diront-elles pas qu'elles vivent la même expérience ?

L'église que je fréquente est pentecôtiste, je le répète, mais il n'y a aucune manifestation de ce genre hormi quelques "parler en charabia" à peine audible et qui ne me feront pas quitter mes frères et soeurs que j'aime tant car je suis chrétien avant tout et je ne suis pas là pour les juger.  Je les remercie encore pour les débats constructifs que nous avons eu suite à ma publication.

23/04/2009

Les nouveaux pentecôtistes sont arrivés !

Les nouveaux pentecôtistes sont arrivés !

Par Samuel Foucart – topchrétien

 

Au fond, à bien y regarder ils ont toujours été un peu là ! Mais désormais ils s’affichent et ils affichent la couleur. Il y a toujours eu pas mal de méfiance à leur égard, et je sais de quoi je parle, j’en suis. Les fameux « Pen-Pen » (prononcez « Pan-Pan ») comme certains les nomment affectueusement, avec leurs lubies, leur parler en langues, leurs charismes et leurs pratiques, parfois « limite ». Finalement, on les aime bien, ils font partie du paysage évangélique ! Bref !

 

Sauf que ceux et celles qui nous aiment un peu moins (si si, il y en a, je vous assure), et qui parfois nous ont critiqués, n’avaient pas forcément tort dans leur approche des choses !

 

Le nouveau pentecôtiste est arrivé ; devrais-je dire que le nouveau pentecôtisme est là, j’espère que non ! Je vais donc me contenter de ma première approche, individualiste. Les pratiques, la foi, l’objectif, la raison d’être et les méthodes du nouveau pentecôtiste, sont exclusivement fondés sur l’expérience ! Celle du moment, celle faite en groupe, celle revendiquée par tel ou tel leader charismatique en vogue ! Bref, que de l’inquiétant !

 

En vieux pentecôtiste que je suis, on m’a toujours appris que l’expérience, aussi belle soit–elle, ne pouvait jamais prévaloir sur la Bible et sur son enseignement ! Et je tiens à rester dans ce cadre-là ! Mais de plus en plus on voit ici ou là des croyants, sympathiques au demeurant, apparemment très solides, s’écrouler brutalement, mettant en évidence une fragilité insoupçonnée, et un déséquilibre sous jacent !

 

Ces nouveaux pentecôtistes ne sont pas fidèles à leur église locale, ils laissent le feeling décider pour eux ; ils n’aiment pas les autres, ils veulent ressentir une communion ; ils n’acceptent pas que leurs rassemblements soient soumis à des règles bibliques ; pour eux, l’onction est synonyme de bazar et de désorganisation ! Bref ils sont ingérables et incontrôlables, ce qui les rend inquiétants ! Le nouveau pentecôtiste est un adepte du sentimentalisme exacerbé, il lui faut des larmes, du rire, de l’émotion, du bruit, de l’ambiance ; il aime a être culpabilisé et manipulé, et nomme tout cela abusivement « l’action de l’Esprit de Dieu » !

 

Le christianisme authentique a toujours eu pour base l’Evangile de Jésus-Christ, sur lequel repose tout l’enseignement du Nouveau Testament, et qui découle de l’Ancien Testament. À en croire certains, cela ne compte plus, il faut privilégier l’expérience sur tout le reste ! Moi je dis non ! Un christianisme sans expérience n’a, certes, pas de sens ; mais des expériences sans fondement biblique, moi je n’en veux pas ! C’est la porte ouverte à tout à et à n’importe quoi, et c’est d’ailleurs ce qui arrive avec des folies comme la « bénédiction » de Toronto, l’évangile de la prospérité, la démonologie et ses déviances psychiatriques, ou d’autres bizarreries, toutes issues, non pas de l’Evangile de Jésus-Christ, mais d’expériences qui, avec le temps, ont fini par faire force de loi chez certains !

 

Cela me ramène à Matthieu 7.22, où la description faite par Jésus de ces personnes, qu’il ne reconnaît pas pour siennes, s’applique trait pour trait au nouveau pentecôtiste, celui qui met toujours en évidence ses expériences bien avant la volonté de Dieu, comprenez sa Parole écrite ! Le résultat est pitoyable !

 

Moi, je suis pentecôtiste, mais avant cela, évangélique ! La première expérience étant pour moi complémentaire de la seconde, je suis bien dans ma peau de pentecôtiste, mais je m’inquiète pour l’image laissée par les nouveaux pentecôtistes ; ce n’est plus du tout celle de l’Evangile de Jésus-Christ. Réagissez mes amis !

 

Samuel Foucart