10/01/2008

Jonas - Difficile à avaler?

jonasL'Histoire de Jonas - Difficile à avaler?

LA BIBLE raconte que Jonas fut englouti par un grand poisson et qu’il survécut à l’intérieur de l’animal pendant trois jours. Ceux qui critiquent la Bible se sont souvent servis de ce récit pour essayer de prouver que la Bible contient des mythes et des allégories.

Jonas 1:17: “Dieu désigna un grand poisson pour engloutir Jonas.”

 

Cet animal ne peut être, comme on le dit généralement, une baleine ; car ce cétacé n'existe pas dans la Méditerranée, et il a d'ailleurs le gosier trop étroit pour engloutir un homme. Il s'agit plutôt d'une espèce de requin (carcharias) commune dans cette mer et dont la voracité est connue.

 

M. Gobat, évêque de Jérusalem, nous racontait lui-même qu'il vit ouvrir près d'Alexandrie le ventre d'un de ces animaux dans lequel se trouvait le corps d'un homme, mort sans doute, mais conservé parfaitement intact. Le célèbre naturaliste Oken raconte un fait plus extraordinaire encore. En 1758, un matelot d'une frégate qui naviguait dans la Méditerranée tomba à la mer et fut à l'instant englouti par un requin. Le capitaine fit tirer aussitôt sur le requin, qui, atteint par le boulet, rejeta sa proie ; le matelot fut ramené vivant à bord dans la chaloupe (Müller. Natursystem des C. von Linné, III, 268). A ces exemples, nous pourrions encore en ajouter d'autres.

 

Cela aurait-il pu être un requin?

Les requins sont-ils assez grands pour pouvoir avaler un homme entier?

 

Le grand requin blanc est largement assez grand. Dans certains cas, il atteint 12 mètres de long. Contrairement au cachalot qui, en général, n’est pas agressif, le grand requin blanc est connu pour sa férocité et sa tendance à avaler tout ce qu’il trouve sur son chemin.

 

Un livre (Australian Zoological Handbook) dit que le grand requin blanc “pourrait facilement engloutir un homme tout entier”. Un autre livre (The Natural History of Sharks) raconte qu’un requin blanc de 4,50 m de long fut capturé en 1939. Son estomac contenait deux requins entiers mesurant chacun 1,80 m, soit à peu près la taille d’un homme.

 

Trouve-t-on le requin blanc en Méditerranée?

Les spécialistes sont d’accord pour dire qu’on le trouve dans toutes les mers du monde, y compris en Méditerranée. Plusieurs experts racontent qu’on a connu des cas où ce requin suivait des bateaux pendant des jours entiers afin de manger tout ce que l’on jetait par-dessus bord. Vous souvenez-vous de ce qui s’est passé sur le bateau de Jonas avant que les marins ne se soient laissé persuader de jeter Jonas à la mer?

 

“Il y eut une grande tempête sur la mer; (...) et ils continuèrent à lancer à la mer les objets qui étaient dans le navire pour l’en alléger.” — Jonas 1:4, 5.

 

Cela aurait pu attirer des requins et ensuite l’un d’eux aurait pu avaler Jonas. Cela aurait été une succession naturelle d’événements. 

 

Il est possible que Jonas ait été englouti par un grand requin blanc. Il est également possible que cela ait été un cachalot, bien que l’hypothèse du requin blanc paraisse plus vraisemblable. En ce qui concerne le requin, en tout cas, s’il vous arrive de visiter le Muséum américain d’histoire naturelle de New York, vous pourrez voir par vous-mêmes la reconstitution des mâchoires d’un énorme requin: le Carcharodon megalodon. Des hommes de science pensent qu’elles sont trop grandes. Mais même une fois reproduites à une échelle plus petite, il restera évident que ce monstre aurait pu avaler Jonas. Il mesure au moins 12,90 m de long.

 

Si ce requin est si grand, pourquoi n’a-t-on retrouvé que les dents et pas d’os?

Parce que les requins n’ont pas d’os. Ils ont un squelette en cartilage. Les hommes de science ne disposent que des dents pour leurs travaux. Bien que la plupart d’entre elles soient fossilisées, Theo Brown signale (dans son livre Sharks — The Silent Savages) que l’on a trouvé d’énormes dents, non fossilisées, au fond de l’océan Pacifique.

 

Ceci signifie que ces requins géants auraient encore existé récemment? Il est possible qu’il y en ait encore de vivants. Au vingtième siècle, certains ont dit avoir vu des créatures de ce genre, mais cela n’a pas été prouvé.

 

On a trouvé un grand nombre de dents de requin fossilisées près de Malte, en Méditerranée, ce qui serait juste sur le trajet de Jonas, entre Joppé et Tarsis, si l’on considère que Tarsis, c’est l’Espagne. Il ne fait donc pas de doute qu’il y a eu une sorte de requin géant en Méditerranée dans le lointain passé et peut-être aussi dans un passé récent.

 

Comment Jonas aurait-il pu survivre?

Jonas a certainement bénéficié d’un miracle pour pouvoir survivre à l’intérieur du poisson qui l’avala. Il existe plusieurs récits de marins qui ont été avalés vivants par des sortes de baleines et qui ont survécu. L’arrivée du poisson à point nommé était un miracle aussi, de même que le fait qu’il rejeta Jonas à terre sain et sauf. Mais pourquoi est-ce si difficile de croire que Dieu aurait pu protéger miraculeusement Jonas dans le ventre du poisson?

 

Regardez ce qu’il dit en Matthieu 12:40. “De même, en effet, que Jonas a été trois jours et trois nuits dans le ventre de l’énorme poisson, de même le Fils de l’homme sera trois jours et trois nuits dans le cœur de la terre.”

 

Ce qui est arrivé à Jésus est un fait tangible. Serait-il logique que Jésus ait utilisé le récit de Jonas pour illustrer sa propre mort et sa résurrection si l’histoire de Jonas n’avait pas été vraie?

 

Jésus continue dans le même ordre d’idées. “Des hommes de Ninive ressusciteront, lors du jugement, avec cette génération et ils la condamneront, car ils se sont repentis à la prédication de Jonas, mais voici qu’il y a ici plus que Jonas.” (Mat. 12:41). L’archéologie a prouvé que Ninive a réellement existé. Pourquoi Jonas serait-il un personnage fictif? Pourquoi Jésus déclarerait-t-il qu’il serait “plus que” quelqu’un qui n’aurait même pas existé? Si Jésus s’était comparé à une personne qui n’avait jamais existé, les gens auraient pu penser qu’il était en train de les mystifier.

 

Lisez maintenant le verset 42. “La reine du sud sera relevée, lors du jugement, avec cette génération et elle la condamnera, car elle est venue des extrémités de la terre pour entendre la sagesse de Salomon, mais voici qu’il y a ici plus que Salomon.” Croyez-vous que Salomon a vraiment existé? Si tous les autres étaient des personnages réels, pourquoi Jonas ne le serait-il pas? Par conséquent, même si l’aventure de Jonas a été miraculeuse, elle est historique et non fictive.

06/01/2008

Mithraïsme et Christianisme

mithra

Ces derniers temps, le culte de Mithra a été maintes fois cité afin de discréditer le christianisme. Notamment pour faire croire à une influence du mithraïsme sur le christianisme. Cela est faux, seuls quelques rites semblent avoir influencé le catholicisme romain.

Une petite étude s’imposait.

 

Mithra est un dieu d'origine indo-iranienne. Son nom signifie "ami", "contrat". C'est un dieu bienveillant, qui protège la justice et veille à l'ordre du monde. Le premier texte connu qui mentionne cette divinité est un traité conclu entre des rois orientaux vers 1380 av. J. -C.

 

Malgré le succès des conceptions de Zarathoustra qui affirme au VIème siècle avant notre ère l'existence d'un dieu souverain et suprême (Ahura Mazda) qui s'oppose à l'esprit du mal et qui bannit les « anciens » dieux, assimilés à des démons, Mithra continue à être honoré ; lié à la lumière, il est le protecteur aussi bien des troupeaux que de ceux qui défendent leur territoire, et donc des soldats.

 

Ce que nous savons sur le mithriacisme est fondé sur l'iconographie, sur des peintures et surtout des sculptures, car quasiment aucun texte sacré n'est parvenu jusqu'à nous. Cette religion se présente comme un livre d'images sans commentaires et sans explications qui permettent d'en décrypter la doctrine.

 

Dans l'interprétation qu'en donnent les Romains, le mithriacisme repose sur une conception mythique de l'histoire de l'univers. A l'origine, un dieu, Saturne, sort du chaos. Puis il désigne un successeur, Jupiter, à qui il remet l'insigne du pouvoir absolu : la foudre. Pour combattre le mal, présenté sous la forme d'une sécheresse qui détruit la vie, nait Mithra, qui surgit d'un rocher tenant une torche et un glaive. C'est à lui de veiller sur l'ordre du monde, d'assurer sa survie en luttant contre les esprits mauvais, en le sauvant de la sécheresse, de la soif, de la mort des troupeaux ; il va en effet procurer l'eau en faisant miraculeusement jaillir une source d'une paroi rocheuse.

Puis il se met à la poursuite du taureau dont le sacrifice redonnera au monde la force vitale. Il capture la bête, la maîtrise et l'égorge dans une caverne, comme il en a reçu l'ordre du Soleil, par l'intermédiaire d'un corbeau messager. Les représentations romaines de cette scène sont très nombreuses : Mithra est vêtu d'un bonnet perse, d'un pantalon phrygien. Il est figuré en pleine action, dans une scène très dynamique, où le vent gonfle son manteau. Autour du dieu et du taureau sacrifié, on note la présence d'autres animaux, un chien, un serpent ; un scorpion (ou/et un crabe) mordent ses parties génitales - autant de figures et d'actes symboliques. Le sang qui jaillit de la blessure, comme le sperme de l'animal, sont des principes vitaux qui vont permettre la régénération du monde.

Cette victoire est célébrée par un grand banquet où sont présents le Soleil et Mithra. Ce dernier, devenu Sol invictus, Soleil à la fois invaincu et invincible, monte vers le ciel en char solaire. Le mythe semble alors faire apparaître la prédominance de Mithra sur le Soleil.

 

Mithra est souvent accompagné, dans l'iconographie, par le Soleil et la Lune, placés de part et d'autre du dieu. Deux personnages sont également présents : Cautès, placé à gauche, sous le Soleil, porte une torche levée, et Cautopatès, à droite, sous la Lune, baisse la sienne vers le sol. L'un est le soleil levant, l'autre le soleil couchant, Mithra occupe la place intermédiaire : il tient symboliquement une position médiane (Plutarque, Isis et Osiris) . Ces figures renvoient au déroulement du temps et rappellent l'importance des astres, et, par delà, de l'astrologie dans la religion mithriaque, où ils jouent une rôle positif.

 

Les influences hellénistiques se font sentir dans les diverses représentations du groupe statuaire ; par exemple, le Soleil est figuré - avec plus ou moins d'adresse suivant l'habileté de l'artiste ou de l'artisan - monté sur un le char tiré par quatre chevaux (celui de la Lune l'étant par des bovidés). Ces scènes, destinées à l'enseignement des fidèles, sont très stéréotypées et on y retrouve des composants similaires. (On constate qu’il s’agit d’une religion qui s’adapte au milieu local pour mieux être acceptée de la population, et non l’inverse !)

 

Le culte de Mithra, en passant de l'Orient à l'Occident, est devenu, à l'instar d'autres cultes grecs, une religion à mystères. Lors de son initiation, le futur adepte (le néophyte), passant de l'obscurité à la lumière, meurt symboliquement, puis renaît à une vie autre. Les rites initiatiques exigent courage et endurance physique.

Les cérémonies s'achèvent sur une poignée de main avec le Pater, manifestation physique du pacte, du serment qui lie les mithraïstes. Les initiés s'élèvent graduellement dans la hiérarchie, selon une "échelle" codifiée de sept grades, qui les conduit à remplir différentes fonctions : Pater, heliodromus, Perses, Leo, Miles, nymphus, corax.

 

è    Jusqu’ici aucun point commun avec Jésus ! Mithra nait d’un rocher tenant torche et glaive. Il est le Dieu des soldats. Rien à voir avec la naissance et la vie de Jésus.

Certes, comme tous les dieux on prétend qu’il veille sur le monde, mais c’est avant tout un dieu de guerre.

Certes aussi, il y a un banquet, mais à cette époque, vu l’absence de cinéma, bowling, dancing, etc... il est clair que les banquets étaient le principal moment de joie partagée.

 

De l’Orient à Rome :

Il est difficile de dire avec précision comment le culte de Mithra - déjà hellenisé  - est arrivé en Italie.

La première attestation de la présence de Mithra à Rome remonte au premier siècle de notre ère. Le roi Parthe Tiridate, qui en 66 est couronné à Rome, aurait, selon Pline l'Ancien, initié Néron au "repas des mages", et l'aurait honoré du nom de Mithra.

Avant la fin du 1er siècle de notre ère, on ne connaît aucun sanctuaire dédié à Mithra - on n'a ainsi retrouvé aucune trace de ce culte à Pompéi, enfouie sous les cendres en 79.

Le mithriacisme va avoir une influence grandissante après 150, avec une période d'expansion maximale au milieu du IIIème siècle. Le culte faillit devenir la religion officielle sous Aurélien. L’empereur Julien fut aussi un adorateur de Mithra et il essaya, un peu tard, de substituer le culte de Mithra au christianisme. Les mithréums se multiplient alors, et jusqu'au IVème siècle, où le mithraïsme disparaîtra.

 

Pourquoi cette religion qui s’adapte au milieu environnant finit par trouver un certain engouement à Rome ? Parce que le mithraïsme prône des vertus qui correspondent à des valeurs romaines : la fides, c'est-à-dire la loyauté, le respect de la parole donnée. Le courage physique aussi, manifesté lors des épreuves initiatiques, le sens de la discipline au sein d'une stricte hiérarchie trouvent des échos au sein de l'armée.

Plus encore, sont intégrées aux pratiques religieuses les divinités du panthéon romain, et ce d'autant mieux qu'elles sont des divinités planétaires, l'astrologie tenant une place grandissante dans les préoccupations religieuses romaines.

Les seules sources qui soient accessibles sont les inscriptions. Mais celles-ci, dans leur grande majorité, sont des dédicaces rédigées de manière très stéréotypée, et qui, si elles nous renseignent sur l'identité du donataire et les qualificatifs attribués à Mithra, ne donnent que bien peu d'informations sur la perception qu'ont les Romains, dans leur ensemble, de cette divinité.

 

Il faudra attendre les auteurs chrétiens pour pouvoir lire quelques lignes sur le sujet. Et ces derniers ne ménagent pas leurs critiques envers des pratiques religieuses qu'ils perçoivent comme inspirées par le démon (sacrifices sanglants !), et d'autant plus blasphématoires qu'elles présentent de dangereuses ressemblances avec leurs propres croyances : par exemple le repas sacramentel où l'on partage pain et vin, un dieu sauveur qui régénère le monde grâce au sang répandu...(Tertullien, Traité de la prescription contre les hérétiques, XL). Cette animosité se manifestera également, plus tardivement, par la destruction volontaire des sanctuaires à Mithra et des représentations du dieu, clairement attestée par les fouilles archéologiques : le christianisme, en lutte contre le paganisme, veut éradiquer le culte de Mithra.

 

è    En résumé, sur quoi s’appuient les détracteurs pour affirmer une quelconque influence du mithriacisme ?

Sur le 25 décembre ?

Aucune trace ne permet d’affirmer que le personnage de Mithra soit prétendument né à cette date et qu’il ait influencé la décision de choisir cette date pour célébrer la naissance du Christ. Malgré tout, nous savons tous qu’il ne s’agit pas de la date réelle de la naissance de Jésus et qu’elle a été choisie pour commémorer cette naissance. 

Sur la relation banquet-Cène ?

Je rappelle qu’à l’époque, il n’y avait ni cinéma, ni bowling, ni dancing,...et que le plaisir se partageait par des banquets et, dans les milieux modestes, on partageait le pain et le vin, aliments de base.  Il n’y a rien d’étonnant à trouver cette coïncidence.  Le dernier partage fraternel qu’est la Cène était quelque chose d’important aux yeux de son entourage du Christ à la veille de son sacrifice, raison pour laquelle les évangélistes en parlent. D’ailleurs Matthieu, dont on a retrouvé des fragments extrêmement ancien de ses textes (peu après le départ du Christ), a évoqué la Cène.  Il ne retranscrit  pas ce qu’il a entendu, mais ce qu’il a vécu. Dans quel but insèrerait-il cette histoire si elle est superflue et copiée du Mithraïsme ? Qui plus est, aucun document ne permet d’affirmer que Mithra donnait également sont corps et son sang à manger. Ce pourrait même être le mithraïsme qui aurait subi l’influence du christianisme à ce sujet.

Sur la hiérarchie du Pater (Père, Pape) ?

Vraisemblablement, cela a pu avoir une influence sur le catholicisme romain, mais en aucun cas sur le christianisme qui est clair sur l’appellation ‘père’ : « Et n'appelez personne sur la terre votre père; car un seul est votre Père, celui qui est dans les cieux. » (Matthieu 23:9 LSG)

 

De nombreux détracteurs ont inventé toutes sortes de bêtises pour discréditer le christianisme, on a prétendu de manière mensongère que d’autres personnages ont eu 12 disciples, qui ont été crucifié, etc... ce sont des affirmations gratuites et infondées.

Il faut vraiment cultiver le mensonge pour affirmer que le Mithraïsme ait pu avoir une influence sur le christianisme, par contre l’inverse est beaucoup plus plausible car le Mithraïsme est connu comme religion influençable. La dualité de ces deux religions dans les premiers siècles a donné naissance à toutes sortes d’accusations.  Ce sont ces accusations que l’on entend encore aujourd’hui...mais elles sont infondées.