28/09/2008

USA : Dieu est grand, ses églises aussi

USA : Dieu est grand, ses églises aussi

Source : 20 minutes 

mega_church_par_milqitoPlus c'est grand, plus c'est beau. Si on voulait caricaturer les «megachurches», on en ferait leur antienne. En fait, comme l'explique Sébastien Fath dans un ouvrage qui vient de sortir, «Dieu XXL - La révolution des megachurches» (éd. Autrement), l'affaire est un poil plus compliquée. Ces églises géantes, majoritairement protestantes, apparues dans les années 1970 en Amérique du Nord ne sont pas seulement des lieux où l'on prêche le gigantisme à des milliers de fidèles (2.000 à 30.000). Mais surtout, et avant tout, des lieux de retrouvailles entre citadins. «Une "megachurch" fait office de petite ville au sein de la grande ville», analyse le chercheur.

 

Dans ces immenses complexes, on vient, bien sûr, pour l'office hebdomadaire. Mais pas seulement: on en profite aussi pour faire du sport ou offrir des activités à ses enfants. «Le rayonnement d'une "megachurch" est très lié aux services qu'elle propose», souligne Sébastien Fath. Objectif: retrouver l'esprit de communauté qui manque aux gros centres urbains. «A Willow Creek Community Church [dans la banlieue de Chicago], l'une des premières "megachurch" des Etats-Unis avec 23.000 fidèles, chaque nouveau membre est tenu de s'inscrire à un groupe de réflexion d'une dizaine de personnes. C'est, évidemment, une façon de créer du lien.» Et de mettre en place des réflexes de solidarité. «Les fidèles aisés donnent leurs véhicules à l'église, qui les remet en état et les redistribue à ceux qui, au sein de la communauté, en ont besoin.» Ce savant dosage entre gigantisme et intimité serait la clé du succès de ces églises d'un genre nouveau.

 

Les chiffres sont éloquents: on en comptait 16 en 1970, 400 en 1995, 1.300 en 2008. Véritables «chambres d'écho planétaires», ces lieux de culte servent aussi d'arènes aux candidats à la présidentielle ou aux prêcheurs écolo ou humanitaire que sont Al Gore et le chanteur Bono. Leur succès se vérifie aussi à l'étranger. «De Kinshasa à Rio de Janeiro, de Dallas à Kiev, de Paris à Séoul (...), elles se multiplient d'année en année, et dans toutes les langues».