24/06/2010

Fier d'être arabe et chrétien

À 3 ans et demi, Saïd quitte son Maroc natal avec sa mère et ses dix frères et soeurs pour rejoindre la France où travaille son père. En dépit du « luxe » prodigué par leur HLM français, la vie en France laisse vite place à un sentiment d’amertume. Saïd et sa famille retrouvent leurs repères dans une pratique forte de l’islam, sous la pression permanente des islamistes. Mais plus il grandit, plus Saïd sent cette soif spirituelle et s’engouffre paradoxalement sur de mauvais chemins, jonchés de violences et trafics en tout genre. C’est dans ce climat de solitude et de désespoir que sa vie est bouleversée à l’aube de ses 21 ans, par la rencontre d’un Dieu inattendu, un Dieu d’Amour.

Plus qu’un témoignage, cet entretien entre Saïd Oujibou et le journaliste Paul Ohlott soulève de vraies questions d’actualité sur la place de l’islam en France et en Europe : Doit-on s’inquiéter d’une radicalisation de l’islam dans notre pays ? Pourquoi certains français sont attirés par la pratique de cette religion ? Est-il aisé de s’intégrer dans la communauté chrétienne lorsque l’on est un ancien musulman ? Pourquoi affirme-t-il que l’Évangile est le seul espoir de nos banlieues et comment procède-t-il à ce changement des cœurs ? Pourquoi les chrétiens brillent-ils par leur absence dans ces quartiers difficiles ?

couvlivre-oujibouohlott

15/05/2010

Maroc : Nouvelles expulsions -> lettre ouverte à Nicolas Sarkozy

Nouvelles expulsions de chrétiens au Maroc : lettre ouverte à Nicolas Sarkozy

6 mai 2010

Monsieur le Président de la République,

J’ai l’honneur de vous informer de l’expulsion du Maroc de ma fille et de mon gendre, Andrew et Pascale Jones. Tous sont français, y compris mon gendre qui a obtenu la nationalité française le 1er avril 2010.

Mon gendre travaille dans une école pour enfants handicapés à Oujda, où, depuis 3 ans, il développe des logiciels éducatifs pour améliorer les facultés des enfants.

Il a été convoqué au commissariat de police ce matin où on lui a signifié un arrêté d’expulsion. Il doit partir demain matin. La raison n’est pas donnée, mais cela fait partie de la politique marocaine actuelle où déjà une soixantaine d’occidentaux ont été expulsés.

Nous en appelons à votre Haute Bienveillance, afin d’intervenir de toute urgence auprès des autorités marocaines pour que cet arrêté soit levé ou tout au moins bénéficie d’un délai quant à son exécution.

La famille Jones a deux enfants qui sont scolarisés à Oujda et âgés de 8 et 5 ans. Ils ont besoin d’un certain délai pour se retourner.

En espérant que vous réserverez un accueil favorable à notre requête, je vous prie d’agréer, Monsieur le Président de la République, notre profond respect.

08/05/2010

Maroc : Rayane fête son anniversaire sans ses parents...

Maroc, 2 mois après : impossible pour les familles expulsées d'avoir un échange avec leurs enfants

Message des familles d'accueil expulsées du Village de l'espérance au Maroc (souvenez-vous : http://christianisme.skynetblogs.be/post/7745107/maroc--e...)

rayaneJoyeux anniversaire Rayane

Le 16 avril 2010, Rayane Daly a eu 2 ans. Son papa, sa maman et ses deux soeurs n'ont cependant pas pu lui dire «Joyeux anniversaire» et le tenir dans leurs bras afin qu'il sache qu'ils l'aiment.

Rayane est arrivé au village alors qu'il n'avait que 6 semaines. A sa naissance, sa mère, marocaine, était célibataire et mis à part sa soeur, aucun membre de sa famille n'avait connaissance de la situation. Devoir abandonner son enfant l'affectait énormément. Mais elle sentait qu'elle n'avait pas d'autre choix du fait de la stigmatisation sociale dont sont victimes les mères célibataires au Maroc. En choisissant de l'élever elle-même, elle aurait perdu le soutien de sa famille. Elle et Rayane seraient devenus des parias de la société et auraient lutté ne serait-ce que pour survivre.

La maman de Rayane et sa soeur décidèrent que le seul choix qui s'offrait à elles était de l'abandonner. Ainsi, elles se rapprochèrent du Village de l'Espérance et nous demandèrent d'accueillir l'enfant. Au terme d'un entretien avec sa mère et sa tante durant lequel toutes les solutions possibles furent envisagées, le Village de l'Espérance accéda à la requête de la maman. Rayane fut placé de manière permanente auprès des Dickinson pour faire partie de leur famille: il devint un fils pour Colin et Fiona et un frère pour Megan et plus tard pour la petite Grace.

Rayane était un bébé en bonne santé pour qui la tétée au biberon ne posa pas de problème. Peu après son premier anniversaire sa maman et sa tante vinrent lui rendre visite. Elles furent très heureuse de voir combien il avait grandi et qu'il se portait si bien.

Dés ses premiers pas, Rayane chercha à passer, autant que possible, du temps à l'extérieur. Il adore jouer avec son meilleur ami Hanif, courant après les poules et découvrant ensemble les environs. Rayane a appris, comme beaucoup d'enfants de VoH, à parler l'arabe et l'anglais, et comme beaucoup d'autres de son âge, il s'exprime dans des mélanges souvent intéressants! Il aime énormément les plats marocains, mange le tajine de préférence à la manière traditionnelle, à la main et avec beaucoup de pain!

Le lundi 8 mars 2010, les autorités ont expulsé du Village de l'Espérance et du Maroc les parents et les soeurs de Rayane. Avant de quitter la maison, sa maman l'a déposé chez Hanif, le laissant jouer avec son meilleur ami. Alors qu'elle s'en allait, Fiona posa son regard sur Rayane qui commençait à jouer sans savoir que les seuls parents l'ayant connu et aimé comme leur propre fils, lui étaient enlevés contre leur gré, par les autorités.

rayane_hanif

Colin et Fiona ne demandent qu'à prendre à nouveau leur petit garçon dans leurs bras; à lui apprendre à devenir un homme bon et un bon Marocain; à lui dire qu'il est aimé; à lui dire 'Joyeux anniversaire'.

 

Joyeux anniversaire Rayane.

 

Les familles d'accueil expulsées
du Village de l'espérance au Maroc

23/04/2010

7000 oulémas soutiennent l'expulsion des chrétiens au Maroc !

Sur un blog islamique, j'avais informé la gestionnaire de la décision du Maroc dans l'affaire Village of Hope (souvenez-vous à ce lien).  Elle m'a répondu que c'était totalement contraire à l'islam.

L'islam n'est pas ce que l'on voudrait qu'il soit.  La réalité est toute autre. Voici un article du site actuchrétienne :

Maroc / Oulémas : « faire échec au projet sournois d’un groupe de prosélytes chrétiens »

Quelque 7.000 oulémas (théologiens islamiques) du Maroc ont exprimé samedi leur « soutien » au roi Mohammed VI, après l’expulsion au mois de mars, d’une vingtaine de missionnaires étrangers accusés de « prosélytisme ».

Selon le message, les oulémas « expriment leur soutien total » aux « positions et décisions historiques pertinentes prises par les pouvoirs publics pour faire échec au projet sournois d’un groupe de prosélytes chrétiens ».

En outre, ils qualifient leurs agissements de « viol moral » et les considèrent comme étant « une forme de terrorisme religieux et une séquestration en secret d’enfants innocents ».

14/04/2010

Maroc : l'islam passe avant le bien-être des enfants ?

A vous tous qui soutenez le Village de l'Espérance, (rappelez-vous : http://christianisme.skynetblogs.be/post/7745107/maroc--e...)

Merci de continuer à penser au Maroc et à ces enfants du Village de l'Espérance, qui ont perdu en quelques heures tous les repères construits avec amour par une équipe internationale engagée à leur service.

La situation n'évolue pas favorablement sur plusieurs aspects et aucun contact n'a encore été possible entre le gouvernement marocain et le directeur de VoH (village of hope).

Nous vous proposons un modèle de courrier à envoyer à l'ambassadeur du Maroc en Belgique ou en France: vous pouvez le recopier et l'envoyer, puis n'hésitez pas à le faire suivre, à le proposer à vos amis, votre réseau, votre maire ou votre député, pour qu'il arrive massivement de tous les coins de France. Préférez l'envoi de deux lettres plutôt que de co-signer un courrier.

De notre côté, nous préparons un rendez-vous avec l'ambassadeur et les autorités de notre pays.

Merci pour votre soutien.

Proposition de courrier :



Le .. / .. / 2010

Son Excellence
Monsieur Samir ADDAHRE,
Ambassadeur du Maroc en Belgique
29, boulevard St Michel,
1040 Bruxelles


(Variante pour la France :

Son Excellence
Monsieur El Mostafa SAHEL,
Ambassadeur du Maroc en France
5, rue Le Tasse,
75016 Paris )


Monsieur l'Ambassadeur,

Suite aux informations communiquée par la presse nationale et internationale, et par le gouvernement marocain concernant les événements datant du 8 mars 2010, je vous fais parvenir ce courrier afin de vous faire part de mon incompréhension.

J'ai appris qu'en ce jour tous les travailleurs étrangers vivant à Ain leuh, sur le site de VoH ont été expulsés du Maroc en l'espace de quelques heures sur ordre des autorités.

J'ai été surpris d'apprendre que ces expulsés, accusés d'avoir fait du prosélytisme, ont été menés de façon sommaire à la frontière du pays, sans jugement, sans un droit à la défense, ni de possibilité de faire appel comme le garantit normalement la loi marocaine.

Il est tout aussi surprenant de constater que cet organisme chrétien fonctionnant depuis 1999 avec le plein accord des autorités, en toute transparence et dans un dialogue constant avec la communauté locale se voit fermé définitivement en l'espace de quelques heures seulement.

Comment comprendre enfin, que le Village de l'Espérance ait reçu en janvier 2010, après une délibération de plusieurs mois, l'agrément « Etablissement de Protection Sociale », gage de qualité en ce qui concerne l'accompagnement et les soins prodigués aux enfants, pour se voir tout retirer, sans avertissement 2 mois plus tard.

Bien conscient que les autorités marocaines sont entièrement souveraines sur leur territoire, il m'est difficile d'accepter l'idée que des familles d'accueil dont la volonté de collaboration et de dialogue est connue de tous se voient confisquer tous leurs biens sans même un droit de réponse quant aux accusations portées contre elles.

Enfin et surtout, Monsieur l'Ambassadeur, je ne peux que réagir en considérant le traumatisme et la déchirure causée chez ces 33 enfants marocains accueillis du Village de l'Espérance et arrachés aux seuls parents qu'ils n'aient jamais connu.

Comment justifier, au regard du devenir de ces enfants recueillis à la naissance, qu'un tel traumatisme soit infligé sans que l'ouverture d'un dialogue ne soit possible entre les familles d'accueil expulsées du Village de l'Espérance et les autorités Marocaines?

Cette décision ne reflète certainement pas la tradition d'ouverture manifestée par le Maroc ces dernières années ainsi que ses engagements pris sur la question des droits de l'Homme et de l'enfant.

C'est pourquoi, Monsieur l'Ambassadeur, je vous demande d'agir afin qu'un dialogue puisse s'ouvrir entre les dirigeants du Village de l'Espérance et les autorités marocaines.

Espérant que mon appel soit entendu, je vous prie d'agréer, Monsieur l'Ambassadeur, l'expression de mes salutations distinguées.

Signature

Nom

Adresse

26/03/2010

Maroc : La Fédération protestante de France et l’Église évangélique au Maroc expriment ensemble leur préoccupation quant à la situation des chrétiens au Maroc

La Fédération protestante de France et l’Église évangélique au Maroc expriment ensemble leur préoccupation quant à la situation des chrétiens au Maroc

Le 24 mars 2010

fpfMaroc : Communiqué de la Fédération protestante de France et de l’Église évangélique au Maroc


La Fédération protestante de France (FPF) et l’Église évangélique au Maroc (EEAM) tiennent ensemble à faire part de leur préoccupation quant à la situation des chrétiens au Maroc. Nous n’oublions pas l’accueil qui, depuis, plus d’un siècle, est fait aux chrétiens de confession protestante dans ce pays où les étrangers exercent leur culte en toute liberté. Nous n’oublions pas non plus le dialogue « en vérité » qui a lieu au Maroc entre des intellectuels chrétiens et musulmans, notamment à l’Université Al Akhawayn et dans le cadre du Groupe de recherche islamo-chrétien, ainsi qu’avec les autorités du Royaume.

Toutefois, la FPF et l’EEAM ne peuvent pas rester insensibles aux appels de ceux qui, au Maroc, vivent des situations d’exclusion à cause de leur foi. Même s’ils ne sont pas membres de l’EEAM, notre devoir est d’écouter ces frères et ces sœurs. Nous pensons, bien entendu, à certains chrétiens expulsés récemment. Sans mettre en cause la légitimité des autorités marocaines à faire respecter la loi, la FPF et l’EEAM tiennent à exprimer leur étonnement quant aux méthodes employées dans certains cas. Pourquoi, par exemple, avoir laissé faire l’orphelinat d’Aïn Leuh pendant dix ans sans la moindre mise en garde et en expulser soudainement tous les responsables sans distinction de fonction et sans les avoir invités au préalable à se mettre en règle ? Nous pensons aussi et surtout aux chrétiens marocains qui nous disent leurs inquiétudes, se sentant harcelés. En tant que toute petite minorité, n’ont-ils pas le droit d’être protégés ? Nous les assurons de nos prières et de notre solidarité.

La FPF et l’EEAM tiennent à redire leur attachement à la liberté de culte et de conscience qui implique la capacité de choisir sa religion, conformément à la Déclaration universelle des droits de l’homme ratifiée par le Maroc. Le souci de protéger les plus faibles, et donc le refus du prosélytisme, ne doit pas être un prétexte à remettre en cause la liberté religieuse.

Tout comme nous estimons que les musulmans de France doivent jouir d’une pleine liberté de culte, nous demandons qu’au Maroc, les juifs et les chrétiens puissent exercer paisiblement leur culte et être ainsi en mesure de contribuer avec les musulmans à la construction du pays.

Que Dieu riche en miséricorde nous accompagne sur notre route


Lire également les témoignages sur : http://www.lagerbe.org/fr/solidarite-internationale/maroc...

 

22/03/2010

Maroc : "ma famille m'a demandé de renier ma foi chrétienne"

Maroc : Interview inédite de Saïd : ‘’ma famille m'a demandé de renier ma foi chrétienne’’
Source : TopInfo

(N'oubliez pas de signer la pétition (en haut à gauche))

Interview de Saïd, un musulman devenu chrétien au Maroc. La vie de son frère est actuellement menacée par la vague de répression qui sévit au Royaume de Mohammed VI.

Propos recueillis par Paul OHLOTT.


Paul OHLOTT : Saïd, votre frère réside dans une petite ville au Maroc et il est actuellement menacé en raison de sa foi chrétienne (lire). Malgré le silence médiatique, la pression à l'encontre des chrétiens est-elle toujours aussi vive ?

Saïd : Effectivement, la pression à l'encontre des chrétiens au Maroc est toujours très vive, surtout de la part des proches et de l'entourage. Cette pression est loin d'être évidente et elle est souvent plus dure à vivre que celle émanant des autorités. En ce qui concerne les autorités, il est vrai que les chrétiens marocains sont constamment sous surveillance et qu’ils doivent rester très prudents. Il existe une loi au Maroc qui interdit le prosélytisme. Par conséquent, si nous sommes accusés de donner de la littérature chrétienne à un musulman ou de lui parler de notre foi, nous risquons la prison. La loi est catégorique à ce sujet, il est interdit «d'ébranler la foi d'un musulman». La politique marocaine a laissé entendre au monde occidental qu'il existe au Maroc une «liberté religieuse», arguant la présence d'églises évangéliques sur le territoire. Cependant, les chrétiens Marocains n'ont jamais été intégrés dans ces églises officiellement reconnues. En effet, pour le Maroc, les occidentaux ont le droit de pratiquer la religion chrétienne, mais il n'a jamais été question d'autoriser des Marocains nouvellement convertis à pratiquer une autre foi que celle de l'islam.

Paul OHLOTT : Comment expliquez-vous cette vague de répression à l'encontre des églises souterraines ? Assistons-nous à une montée de l'islamisme au Maroc ?

Saïd : Je crois en effet que nous assistons depuis quelques années au Maroc à une montée de l'islamisme. Les islamistes y sont certainement pour quelque chose dans cette vague de répression. D'autre part, il se peut également que les autorités marocaines, inquiètes du nombre grandissant de Marocains convertis au Christ, réagissent en décidant de devenir plus sévères, afin d'éviter la propagation de ce phénomène de conversions. D'où la pression grandissante et la vague d'expulsions de nombreux chrétiens étrangers résidant au Maroc.

Paul OHLOTT : Avez-vous l'impression que les chrétiens en France se soucient beaucoup de cette situation ?

Saïd : En France, les chrétiens vivent dans un environnement où on ne connaît pas la persécution. Il leur est donc difficile de l'imaginer et de pouvoir la comprendre. Il y a aussi malheureusement certains chrétiens bien installés dans leur «confort occidental», qui ne se soucient guère de leurs frères et soeurs dans la détresse. Cependant, ils lisent la même Bible chaque jour, dans laquelle il est clairement écrit de se soucier des autres. Je voudrais rappeler à ces gens-là ce verset de la Bible : «L'ami aime en tous temps et un frère est né pour la détresse» (Proverbes 17 v 17).

Paul OHLOTT : Etes-vous encouragé par la pétition de l'Union des Nord-Africains Chrétiens de France ?

Saïd : Oui, je trouve que c'est une très bonne initiative, dans la mesure où cela peut faire connaître à plus de monde la situation des chrétiens Marocains.

Paul OHLOTT : Vous êtes devenu chrétien en 2002, alors que toute votre famille était musulmane. Comment avez-vous rencontré le Christ ?

Saïd : J'ai connu le Christ après avoir beaucoup cherché la vérité entre le Coran et la Bible. Au départ j'ai eu l'intention d'amener à l'islam un couple d'étrangers chrétiens que j'avais rencontré. Je me suis donc lancé à chercher la preuve que la vérité se trouvait dans le Coran. Au fur et à mesure, je me suis retrouvé en train de découvrir une vérité et un Dieu que j'avais toujours cherché, en vain, dans ma religion.

Paul OHLOTT : A cette époque, avez-vous connu la persécution en raison de votre conversion au Christ ?

Saïd : Oui, j'ai connu la persécution. A l'époque de ma conversion, ma famille m'a demandé de renier ma foi chrétienne. Voyant que je ne le ferai pas, ils m'ont rejeté et m'ont demandé de quitter la maison. J'étais au lycée à l'époque. Mes amis m'ont également tourné le dos et j'ai été menacé à plusieurs reprises après avoir témoigné de ma conversion devant ma classe. Je tiens à préciser que celui qui m'a le plus rejeté au départ, et celui qui a même brûlé ma Bible et mes livres chrétiens, c'était mon frère, celui qui est maintenant menacé et rejeté pour sa foi en Christ.

Lire également :

http://actu-chretienne.blogdirigeant.com/2010/03/16/decla...

http://www.famillechretienne.fr/societe/monde/le-maroc-ch...

http://www.famillechretienne.fr/societe/monde/le-maroc-ch...

 

18/03/2010

Maroc : expulsion de chrétiens

Source : Dieu-et-moi.com et Portes Ouvertes.com

Les autorités marocaines ont expulsé 20 chrétiens étrangers le 8 mars. Accusés de « prosélytisme », ces humanitaires s’occupaient d’un orphelinat. L’Etat marocain se moque des droits de l’homme.

 

dmpomaroc032010Si vous montrez ouvertement que vous êtes chrétien et si vous faites la promotion de la Bible, d’une façon respectueuse des autres, vous exercez les droits humains les plus élémentaires. Voilà qui est intolérable dans la plupart des pays majoritairement musulmans. L’Etat marocain, pourtant connu pour sa relative « ouverture » et des progrès en matière de démocratie, vient d’apporter une illustration accablante de ce non respect des libertés religieuses.

Comme l’explique un communiqué particulièrement indigné de Portes ouvertes, « Les 8 et 9 mars, 20 étrangers ont été expulsés du Maroc pour des accusations de prosélytisme. Ces travailleurs humanitaires chrétiens s’occupaient d’un orphelinat à 70 km de la ville de Fès, donnant une famille à des enfants abandonnés. Aujourd’hui, 33 enfants ont été abandonnés pour la deuxième fois simplement parce que ceux qui s’en occupaient sont chrétiens. » [C'est nous qui soulignons]

Portes ouvertes, association protestante évangélique qui défend les chrétiens persécutés, s'inquiète aussi de « l'augmentation des actes antichrétiens dans le Royaume du Maroc depuis quelques mois ». Elle fait ainsi allusion à l’arrestation et l’expulsion d’un missionnaire américain le 5 février au motif de « flagrant délit de prosélytisme chrétien », selon les termes utilisés par les autorités marocaines. Cette arrestation avait été précédée par un raid de plusieurs dizaines de soldats contre un petit groupe de maison étudiant tranquillement la Bible. En décembre, cinq chrétiens (deux Sud-africains, deux Suisses et un Guatémaltèque) avaient été expulsés de la même manière essentiellement pour avoir étudié la Bible. Idem pour un groupe de cinq jeunes chrétiennes étrangères en mars l’année dernière.

 

Régime autoritaire

 

Comment l’Etat marocain justifie-t-il les dernières expulsions ? Mal, bien sûr. Comme tous les régimes autoritaires et non transparents, il se réfère à des principes qui peuvent sembler acceptables mais qui ne le sont pas et il s’invente des ennemis et des délits imaginaires. Ainsi, au nom de la « lutte menée contre les tentatives de propagation du crédo évangéliste, visant à ébranler la foi des musulmans », il agirait « conformément aux dispositions légales en vigueur, pour la préservation des valeurs religieuses et spirituelles du royaume ». En clair : la conversion des musulmans au christianisme est interdite. C’est un principe énoncé dans le Coran, mais il est contraire aux droits de l’homme pourtant signés par le régime marocain. En ce qui concerne les personnes expulsées le 8 et 9 mars et qui étaient responsables d’un orphelinat à Aïn Leuh (région de Moyen-Atlas), les autorités mettent en cause leur intégrité morale. Selon une source anonyme citée par l’AFP le 8 mars, les chrétiens étrangers « mettaient à profit l'indigence de quelques familles et ciblaient leurs enfants mineurs qu'ils prenaient en charge, en violation des procédures en vigueur en matière de kafala (adoption) des enfants abandonnés ou orphelins ». De même, selon le ministère de l’Intérieur, « sous couvert d'actions de bienfaisance, ce groupe s'adonnait également à des activités de prosélytisme visant des enfants en bas âge, n'ayant pas plus de dix ans ». On apprend aussi que « des centaines de prospectus et de CD ont été saisis ».

Il s’agit là d’un véritable procès en sorcellerie dont les principales victimes directes sont des enfants en bas âge. L’orphelinat en question, appelé Village of Hope ou Village de l’espoir, avait été repris par des protestants évangéliques il y a une décennie avec l’accord des autorités. Voici un extrait du communiqué de Portes ouvertes :

 

« Le Village de l’espoir pleure. Cet orphelinat, implanté en toute légalité depuis 10 ans au Maroc, vient d’être le théâtre de déchirements insupportables. Hermann Boonstra, le directeur du Village de l’espoir, vivait au Maroc depuis 11 ans et avait accueilli 8 enfants qu’il aimait comme les siens. Il a dû les laisser sur place. Pour lui comme pour les autres familles expulsées, c’est une douleur sans fin. Que vont devenir les enfants ?

 

Leur travail était reconnu par les autorités

 

Pourtant, depuis ses débuts, le village de l’espoir a mis un point d’honneur à préparer de jeunes marocains capables de s’intégrer dans la société. En accord avec le gouvernement marocain, les enfants suivaient les cours de l’enseignement scolaire national et apprenaient le Coran comme les autres enfants marocains. L’orphelinat était reconnu par les autorités et régulièrement contrôlé. Un agrément reconnaissant l’orphelinat comme Etablissement de protection sociale était en cours. »

 

dmvillageofhopemars2010Les propos de Portes ouvertes sont confirmés par d’autres sources, à commencer par les responsables de l’orphelinat (cliquez ici). Les informations peuvent être complétées par le site d’information chrétien américain Christian Post (cliquez ici). Dans un article paru le 9 mars, un des responsables du Village de l’espoir, Chris Broadbent, affirme que l’orphelinat avait été déclaré officiellement comme une association chrétienne en 2002. Elle aurait reçu la permission de « parler de christianisme aux enfants qu’elle a en charge », selon Broadbent.

Il faut aussi noter que les volontaires étrangers n’ont pas le droit d’adopter les enfants (seuls des musulmans pourraient le faire). Les chrétiens agissent comme des parrains et des marraines. Les enfants dépendent totalement d’eux. A ce titre, lisez ce communiqué de La Gerbe, une association humanitaire chrétienne membre de la Fédération de l'entraide protestante. L'hypothèse du prosélytisme, de manipulation mentale et d'adoption d'enfants est largement démontée et dénoncée. Comment un gouvernement qui se prétend moderne et respectueux des droits de l’homme peut-il agir ainsi à l’encontre des enfants qui sont, eux, des sujets du Royaume du Maroc ? Quel avenir pour eux ? Les orphelinats de masse d’abord et les réseaux de prostitution après ? D’où vient ce cynisme criminel digne d’une dictature militaire ? Et où sont les responsables musulmans qui dénoncent ces violations flagrantes contre les libertés religieuses ? Ont-ils des yeux pour voir et des bouches pour parler ? Quant à la réaction de l'archevêque catholique de Rabat Mgr Landel, se félicitant le 11 mars de la « liberté de culte au Maroc » (sic) tout en condamnant des pratiques des « évangélistes »,  nous avons envie de reprendre les mots de Chris Broadbent commentant l'attitude des autorités marocains : « Dieu les voit. » Cliquez ici pour lire le communiqué officiel des autorités marocaines.

 

Selon l’équipe du Village de l’espoir, l’ordre de l’expulsion émane du nouveau ministre de la Justice, Mohamed Naciri. Le ministre de la communication, Khaled Naciri, défend ardemment cet ordre. L'ambassade des Etats-Unis le regrette.

Les chrétiens sont 1,1 % de la population au Maroc. Intensifions notre aide – prières, argent et information - pour ces sœurs et frères en Christ.

Henrik Lindell

Les photos viennent du Village de l'espoir. La première, déchirante, a été prise le 8 mars lorsque les volontaires ont dû quitter l'orphelinat. La deuxième donne une idée de ce qui fut jusqu'au 8 mars un orphelinat modèle.

 

Voir également http://topchretien.jesus.net/topinfo/view/66353/le-minist...

 

 

 

25/12/2009

Maroc : Les chrétiennes expulsées participaient à une réunion privée

Maroc : Les chrétiennes expulsées participaient à une réunion privée

 

ndlr : Encore un article sur le Maroc pour le plus grand plaisir de mes détracteurs politislamiques, évangélicophobes et israélophobes.

Une fois de plus, ici il n'y a pas prosélytisme, mais réunion privée et il ne s'agit pas d'américains, mais d'européens parmi des marocains.  

Quand on professe le mensonge, on interdit à la vérité de se répandre ou mieux, on l'expulse !

 

biblesenarabeAccusées de prosélytisme, cinq chrétiennes d'origine espagnole et allemande ont été expulsées du Maroc dimanche 29 mars. Pourtant, le seul crime de ces européennes est d’avoir assisté à une étude biblique privée dont tous les participants (22 femmes et un homme) étaient chrétiens.

 

« Ces femmes n’ont pas distribué de bibles, ni eu de comportement irrespectueux envers les habitants du Maroc, elles ont seulement participé à une étude biblique ce qui est autorisé par la Constitution marocaine » explique Michel Varton, directeur de Portes Ouvertes France.

 

Toutes les personnes présentes ont été interpellées et emmenées au poste de police pour interrogatoire. Parmi elles se trouvaient 10 Marocaines, le mari de l’une d’elles, un bébé, deux étrangères vivant au Maroc ainsi que les cinq européennes venues avec un visa de tourisme sur l’invitation du groupe. Ce n’est que le lendemain matin que les chrétiens ont été libérés. Les européennes ont quant à elles été ramenées à la frontière espagnole dans la nuit de samedi à dimanche, puis expulsées. Pendant l’interrogatoire de police, les chrétiennes marocaines d’origine musulmane, ont expliqué aux policiers qu’elles étaient fières d’être marocaines et chrétiennes, que les deux n’étaient pas incompatibles.

 

Ce n’est pas la première fois que des chrétiens étrangers sont expulsés du Maroc mais cela n’était jamais arrivé dans le cadre d’une réunion privée. Le royaume du Maroc est pourtant de plus en plus ouvert au christianisme et ne semble pas le considérer habituellement comme une menace. Cette arrestation inhabituelle intervient alors que le Maroc s’est lancé dans une campagne contre des missionnaires chiites (le pays est sunnite à 99 %) et il se pourrait que le gouvernement ait voulu rétablir un certain équilibre en montrant qu’il arrête aussi des chrétiens.

 

La Constitution marocaine accorde la liberté de croyance, mais le fait d’essayer de convertir un marocain à une autre croyance est un crime (article 220 du code pénal). Il existe cependant des chrétiens d’origine musulmane au Maroc, qui doivent rester prudents et discrets.

 

 Cet article est extrait du site Portes Ouvertes, société de défense des chrétiens dans le monde

 

19/12/2009

Tolérance religieuse au Maroc : 17 chrétiens arrêtés pour prosélytisme.

Tolérance religieuse au Maroc : 17 chrétiens arrêtés pour prosélytisme.

Par Yann

Morocco_flagL'hypocrisie musulmane dans toute sa splendeur. Tandis que la police marocaine arrête des chrétiens soupçonnés de chercher à propager leur foi - car cela porte préjudice aux valeurs religieuses du Royaume - le conseil des Oulémas du Maroc condamne l'interdiction des minarets en Suisse, la considérant comme « une forme d'extrémisme et d'exclusion » et «contraire à l'image civilisée que les Musulmans se font de la Suisse». Où sont les protestations de Cohn-Bendit ?

La police judiciaire de Oujda a arrêté vendredi dernier 17 personnes dans la ville de Saïda, parmi eux des étrangers, qui ont assisté à une réunion publique qui n'était pas autorisée en vertu de la loi en vigueur. Cette réunion s'inscrivait dans le cadre de la propagation de la foi chrétienne, et visait à attirer de nouveaux adeptes parmi les citoyens.

Un communiqué du ministère de l'intérieur cité par l'agence Maghreb Arabe Presse a rapporté que l'intervention de la police est intervenue après la réception des informations selon lesquelles un comportement suspect, ayant un rapport avec des travaux prosélytes, porterait préjudice aux valeurs religieuses du Royaume.

La même source a souligné qu'au sein des détenus étrangers, deux missionnaires étaient originaire d'Afrique du Sud, et un du Guatemala, il a ajouté que dans le cadre de cette affaire, un ressortissant suisse avait été également arrêté accompagné de deux citoyens marocains.

L'informateur a ajouté que les opérations de fouille ont permis la saisie de nombreux outils de prosélytisme, entre autres des livres, des CD en langue arabe et en d'autres langues étrangères.

Après l'approfondissement des recherches par la police, différentes procédures d'expulsion seront appliquées à l'encontre des ressortissants étrangers détenus en conformité avec les exigences de la loi sur l'entrée et le séjour des étrangers au Royaume du Maroc.

Le Maroc a expulsé en Mars dernier cinq femmes d'origine européenne après qu'elles aient été accusées d'exercer des activités missionnaires chrétiennes sur le territoire.

Source : Hespress

30/08/2009

Missionnaires aux Maghreb - témoignage

Voici un témoignage de mon ami Ayoub concernant le travail des missionnaires chrétiens au Maroc.  Je lui suis très reconnaissant de l’exprimer publiquement et en toute objectivité, compte tenu de sa foi musulmane.

Ce témoignage permettra, je l’espère, de rétablir la vérité car nous assistons assez souvent à des critiques éhontées concernant les missionnaires chrétiens en pays islamiques dont le but n’est que de nuire au christianisme.  Ces personnes qui critiquent sont en générale ignorantes de la réalité sur le terrain. 

Merci pour ton honnêteté, Ayoub, que Dieu te bénisse.

 

Voici le texte de son témoignage que vous pouvez lire également sur son site à ce lien :

http://islamuslim2.over-blog.com/article-35187202.html

 

Missionnaires au contact de ma famille au Maroc

Salamalikoum à tous,

(...)

Je suis parti dans la région d'Al Hoceima rendre visite pendant deux jours à une de mes tantes maternelles, qui est certes la plus modeste financièrement car divorcée depuis bien longtemps et vivant au jour le jour avec sa fille.

 

Il y a de cela moins de deux ans, elle vivait encore dans une petite maison qui a été endommagée par le tremblement de terre survenu en 2004 dans la région.

 

Depuis, une nouvelle petite maison a été construite pour elle. Je pensais que c'était l'Etat qui l'avait faite, ce qui m'étonnait d'ailleurs. Mon étonnement était justifié puisqu'il n'en est rien... ce sont des missionnaires chrétiens qui lui ont gratuitement construit la maison !

 

Il est vrai qu'ils ont tenté de parler de religion avec elle pour la convertir, mais elle a refusé et sans plus. Ils n'ont pas promis de papiers ou de revenus en échange de sa conversion. Ils lui ont construit une maison, puis ils ont parlé de Christianisme avec elle, elle a refusé et ils sont partis.

 

Je raconte cela pour montrer que les missionnaires chrétiens ne font pas la charité pour convertir à tout prix mais bien pour approcher avec la meilleure image qui soit et pour discuter avec ou sans résultat.

 

Il est évident que je ne peux pas prouver que tous les missionnaires sont aussi honnêtes. Mais un évènement hasardeux et concret comme celui-ci est pour moi assez concluant. 

 

 

J’ignore s’il s’agit d’elle, mais je profite de ce post pour évoquer une des églises les plus actives en matière de charité chrétienne implantée au Maroc... il s’agit de la Casablanca International Protestant Church, une église internationale fondée par un pasteur américain.

http://www.CasablancaChurch.org

01/04/2009

Maroc : Cinq chrétiennes expulsées pour avoir annoncé l’Evangile

Je lisais encore récemment le commentaire d'un marocain qui se plaignait que l'on citait toujours les pays islamiques les plus intolérants et qui voulait que l'on cite son pays comme étant un modèle de tolérance. Voici un article issu de "journalchrétien" qui hélas démontre que le Maroc est également une théocratie où les minorités religieuses doivent "la fermer" :

 

Maroc : Cinq chrétiennes expulsées pour avoir annoncé l’Evangile
 dimanche 29 mars 2009, par Aloys Evina


Cinq chrétiennes particulièrement actives dans l’évangélisation ont été expulsées du Maroc ce dimanche pour prosélytisme, a annoncé le ministère marocain de l’Intérieur. Il s’agit de quatre Espagnoles et d’une Allemande.

Le ministère de l’Intérieur annonce dans un communiqué officiel que les services de la police Judiciaire de Casablanca ont expulsé dimanche cinq chrétiennes dont le zèle pour l’évangélisation était observé depuis quelques temps.

Les cinq chrétiennes évangéliques ont été interpellées samedi alors qu’elles animaient une réunion d’évangélisation à laquelle participaient des ressortissants marocains, a indiqué le ministère de l’Intérieur.

De nombreux supports d’évangélisation ont été saisis sur les lieux du culte, dont des Bibles, de la littérature chrétiennes, des cassettes vidéo religieux en langue arabe et plusieurs autres objets de culte, a précisé le ministère de l’Intérieur.

 

03/05/2008

3.500 Marocains devenus Chrétiens en 2007

3.500 Marocains devenus Chrétiens en 2007 

 

grande-carte-marocDeux touristes français ont été arrêtés, le 31 mars 2008, dans un camping à Zagora, au sud du Maroc, en possession d’un nombre important de livres et de CD Rom en français et en arabe sur le christianisme. Ces étrangers sont soupçonnés de vouloir convertir la population locale. Selon la loi marocaine, ils risquent une peine de six mois à trois ans d’emprisonnement et d’une amende de 100 à 500 dirhams pour avoir ébranlé la foi d’un musulman.

 

Ce n’est pas la première affaire du genre au Maroc. La plus médiatisée est celle de Sadek Noshi Yassa. Cet allemand d’origine égyptienne de 64 ans a été condamné à six mois de prison ferme pour conversion de Marocains musulmans au christianisme par le tribunal de 1ère instance d’Agadir. Des bruits de plus en plus persistants parlent de la multiplication des campagnes de prosélytisme au Maroc.

 

Un chiffre important circule. Celui de plus de mille évangélistes qui auraient sillonné discrètement le pays depuis plus de dix ans pour “prêcher la parole de Jésus”. Une situation qui ne laisse pas indifférent le ministère des Habous et des Affaires islamiques. Le département de Ahmed Taoufik tire la sonnette d’alarme. Le ministère de l’Intérieur est interpellé pour identifier et contrôler les mouvements de prêcheurs venus d’outre-mer. La question de la montée de l’évangélisation s’était déjà posée en mai 2005, lorsque Abdelhamid Aouad, député du parti de l’Istiqlal, a saisi Ahmed Taoufik lors d’une question orale à la Chambre des Représentants. Ce dernier s’est refusé à tout commentaire.

 

Mais, plus besoin de nier l’évidence. D’après la World Christian Database, centre pour l’étude du christianisme mondial, le christianisme est la religion dont le taux de croissance au Maroc est le plus élevé. Cette recrudescence s’explique essentiellement par l’installation de plus en plus d’Européens au Maroc et l’arrivée d’immigrés de confession chrétienne originaires de l’Afrique, Sub-saharienne. Pour les nouvelles conversions, l’organisme donne le chiffre de 3.000 à 3.500 en 2007, alors qu’en 2005, ils étaient 2.000 à 2.500. Une nette augmentation.

 

Toutefois, ces données sont impossibles à vérifier. Car les nouveaux convertis parmi les Marocains se font discrets. Personne n’ose le crier sur le toit, sinon il risque la mort. Une étude conduite par Amnesty International et publiée par l’Agence de Presse internationale catholique, Apic, révèle que les musulmans convertis au christianisme préfèrent cacher leur changement de religions pour assurer leur sécurité et celle de leurs proches. L’apostasie, renoncement public de sa foi, est, en effet, punie de peine de mort dans l’islam.

 

Une question s’impose : Qui se cache derrière ces conversions clandestines ?

 

Les églises officielles, reconnues par l’Etat marocain, se dégagent de toutes responsabilités. L’archevêque catholique de Rabat, Monseigneur Vincent Landel, dans un entretien accordé à un quotidien marocain, explique la fonction de son église. « Ma mission est de vivre ma foi et non pas d’essayer de convaincre qui que ce soit. » La déclaration de Ahmed Taoufik, devant la Chambre des Représentants, est aussi sans équivoque. « Les religieux chrétiens reconnus par l’Etat sont ceux qui travaillent dans des églises des différentes confessions pour l’encadrement de leurs frères chrétiens établis ou de passage au Maroc ».

 

Le prosélytisme est plus l’oeuvre des églises évangéliques issues des Etats-Unis. L’organisation Arab World Ministries, très présente au Maroc, ne s’en cache pas. Son objectif est bien explicite : « Annoncer la bonne nouvelle d’un Sauveur aux musulmans du monde arabe conformément à l’ordre du Seigneur et Sauveur Jésus-Christ de prêcher la bonne nouvelle à toute créature. » Sur son site, elle rapporte sous des pseudonymes les témoignages de musulmans convertis. Leur nationalité n’est pas divulguée, mais, selon le récit de quelques-uns, ils sont originaires du Maghreb.

 

Régulièrement, cet organisme lance des appels pour recruter des adeptes qui seront par la suite envoyés dans des pays arabes. Sur leur annonce, on peut lire « Nous cherchons, avec l’aide de Dieu, à atteindre les Musulmans du monde arabe là où on peut les trouver, par l’envoi d’hommes et de femmes consacrés qui renoncent à eux-mêmes, pour encourager les églises autochtones et en établir de nouvelles, là où elles n’existent pas ». Dans les pays où ils sont envoyés, dont le Maroc, les missionnaires oeuvrent sous une couverture professionnelle, notamment celle d’un médecin ou un enseignant ou encore un homme d’affaires.

 

De préférence, ils doivent avoir une bonne formation théologique, parler la langue locale du pays et connaître ses traditions et ses coutumes pour pouvoir mieux s’intégrer. Ils prêchent “la parole de Dieu” à l’aide de livrets relatant la vie du Christ, de bibles en langue du terroir, de CD sur les percepts du christianisme, des tracts expliquant le chemin du salut et des formulaires pour ceux qui souhaitent se convertir.

 

Pour attirer les nouveaux adeptes, les missionnaires ne lésinent pas sur les moyens. Au départ, ils approchent les populations autochtones en offrant leur soutien. Cela va de la distribution de denrées alimentaires à des aides financières en passant par la dispense de soins médicaux gratuits.

 

Dans un entretien avec le site d’information, Afrik.com, ce religieux déclare qu’un certain nombre de Marocains, anciennement de confession musulmane, qui se sont convertis au christianisme, sont des intellectuels, ou plutôt des personnes appartenant à la classe aisée. Parmi eux, il y a des universitaires, des professeurs, des chercheurs aussi. Des personnes, selon lui, difficilement influençables.