12/04/2009

martyrisés en Irak

Deux articles émanant de journalchrétien.net traitant des chrétiens en Irak

 

Les chrétiens « martyrisés en Irak » dimanche 29 mars 2009, par Aloys Evina

Six chrétiens irakiens viennent d’obtenir le statut de réfugiés politiques en Ile Maurice. « C’est la mort qui nous attend si nous retournons en Irak », affirment-ils, car « les chrétiens sont toujours martyrisés là-bas », précisent-ils. La communauté chrétienne du nord de l’Irak fait face à une intimidation et violence en constante augmentation.

Le Haut Commissariat aux Réfugiés et Apatrides (HCR) a accordé le statut de réfugiés politiques aux six chrétiens Irakiens qui étaient incarcérés à la prison de Beau-Bassin en Ile Maurice, grâce notamment à l’intervention d’Amnesty International.

Rentrer en Irak est synonyme de mort pour les six Irakiens qui sont actuellement hébergés au Foyer Fiat de Petite-Rivière.

« C’est la mort qui nous attend si nous retournons en Irak », a déclaré Nassim Jibraël Thomas à l’Express de Maurice où résident actuellement les six réfugiés politiques chrétiens.

Les enlèvements et les tueries font partie du quotidien des chrétiens en Irak. Des lettres de menaces les obligeant à quitter le pays. C’est ainsi que les six réfugiés décrivent le quotidien des chrétiens d’Irak qui sont soumis à une violence accrue.

Les militants islamiques frappent aux portes de maisons des Chrétiens à Mossoul et demandent de l’argent. Ils se justifient en disant que puisque les Chrétiens ne contribuent pas à l’achat d’armes et aux combats, ils doivent à la place faire un don pécuniaire. Cela suit exactement le modèle de l’Islam classique, selon lequel les Chrétiens et les Juifs étaient exclus de la lutte pour l’Etat islamique, mais étaient obligés de payer en compensation une taxe spéciale - djizya - pour couvrir les frais de leur protection.

Des tracts sont distribués avec le message : « Chrétiens, partez, quittez l’Irak ! » Le message est diffusé dans les mosquées, disant aux Musulmans de ne rien acheter aux Chrétiens. Non seulement ce sont des infidèles, dit-on, mais ils vont bientôt partir, et les Musulmans pourront prendre leurs maisons et leurs biens pour rien.

 

Chrétiens persécutés : L’islamisme brise les amitiés

 samedi 4 avril 2009, par Aloys Evina

Dans les entretiens avec des chrétiens de Mossoul, il est rarement question de haine contre les musulmans qui les persécutent, mais plutôt d’amitiés malgré les différences religieuses. Le chrétien Hazim Toma a été abattu à Mossoul, dans son magasin de textiles, en plein jour, le 4 octobre 2008. La majorité de ses clients et de ses employés étaient des musulmans dont beaucoup étaient devenus des amis.

  

Depuis que sa veuve et sa famille se sont réfugiées en un lieu plus sûr, des amis musulmans gardent la clé de leur maison à Mossoul. L’un d’eux a même rempli sa voiture de tissus qui se trouvaient dans le dépôt de Hazim Toma et les a apportés à sa famille pour l’aider à survivre.

 

 Un médecin enlevé

Le Dr Boutros Hadi (nom fictif), chrétien, a été enlevé alors qu’il se rendait au travail à l’hôpital de Mossoul. Ses ravisseurs ont réclamé le versement une rançon de 20’000 dollars. En apprenant cela, un autre médecin, musulman, ami du Dr Hadi, a essayé d’appeler son numéro de téléphone portable. C’est l’un des ravisseurs qui a répondu. Lorsqu’il s’est rendu compte que son interlocuteur, musulman, était un ami du Dr Hadi, il a insulté le médecin parce qu’il disait qu’il était l’ami d’un « infidèle ». Quelques jours plus tard, le Dr Hadi a été retrouvé assassiné.

 

 Condamnation des non-musulmans

Le Coran met les musulmans en garde contre les liens d’amitié avec les chrétiens. Lors de deuils, il est interdit de leur exprimer de la sympathie. D’une manière générale les chrétiens doivent être considérés comme des ennemis à éviter, sauf pour des relations d’affaires.

 

Comme CSI l’a entendu de la part des réfugiés rencontrés, de nombreux musulmans désirent vivre en bonnes relations avec leurs voisins et avoir la paix. Mais, les islamistes ont déclaré la guerre à cette paix, car elle fait obstacle à leur volonté de supprimer, en Irak, toutes les influences politiques, culturelles et morales véhiculées, selon eux, par l’Occident, et d’édifier une théocratie islamique. D’après eux, la terreur est un moyen voulu par Allah pour soumettre les non-musulmans au contrôle politique islamique.

 

 Christian Solidarity International

 

18/10/2008

Irak - Les chrétiens sont abattus sur place

Irak - Les chrétiens sont abattus sur place

Source : Portes ouvertes

 

topinfo_7349De terribles événements se déroulent actuellement à Mossoul, dans le nord de l’Irak. Des terroristes islamistes armés parcourent les rues et demandent à chaque passant sa carte d’identité. S’il est écrit « religion chrétienne », son détenteur est abattu sur place, d’une balle dans la tête.

Nos contacts sur le terrain rapportent que ce genre d’exactions arrive de plus en plus souvent. Il y a 5 ans, on comptait à Mossoul près de 300 000 chrétiens, il n’y en a plus aujourd’hui que 30 000.

 

Un de nos contacts en Irak nous a envoyé la semaine dernière, en toute urgence, ce courrier électronique, contenant des sujets de prière :

 

Chers frères et sœurs en Christ notre Seigneur,

 

Au cours des 5 derniers jours, près de 25 chrétiens, (40 selon certains), ont été tués en pleine rue dans différents quartiers de la ville, et ce, pour des motifs religieux et politiques. Beaucoup de chrétiens ont fui dans les villes et les villages voisins où ils vivent dans des conditions très difficiles (des familles en sont réduites à dormir dans leur voiture), ils sont sous l’emprise de la peur et d’une inquiétude constante.

 

Nous prions instamment pour les terroristes, qui sont persuadés d’agir au nom de Dieu. Nous prions qu’ils apprennent à connaître le vrai Dieu.

Nous prions pour tous les chrétiens, qu’ils soient chrétiens de cœur ou simplement de tradition, pour qu’ils se rapprochent toujours plus de Jésus.

Nous prions pour les familles qui ont perdu des proches, leur maison et leurs biens, qu’ils gardent en mémoire que malgré tout ce qu’ils peuvent perdre sur terre, cela ne remet aucunement en question la place qu’ils ont au ciel et qui leur est acquise grâce à Jésus.

Nous prions enfin pour les chrétiens qui vivent dans des endroits plus sûrs, qu’ils se souviennent et obéissent à cet enseignement de Jésus : " Et même si quelqu’un vous donne à boire en mon nom, ne serait-ce qu’un verre d’eau, parce que vous appartenez au Christ, vraiment, je vous l’assure, son geste ne sera pas oublié ; il en sera récompensé. " Marc 9 :41

Nous nous préparons à jeûner pendant 3 jours pour l’Irak et ses habitants, tout comme l’ont fait les habitants de Ninive à l’époque de Jonas. Qu’au travers de cette privation, nous nous rapprochions de notre sauveur.

Priez avec nous pour l’Irak, pour les Irakiens en général et plus particulièrement pour la ville de Mossoul (ancienne Ninive) et les chrétiens qui y vivent.

Joignons nos mains pour demander la paix au nom de Jésus, le Prince de la Paix.

 

"Quoi que ce soit que vous demandiez en mon nom, je le réaliserai pour que la gloire du Père soit manifestée par le Fils. Je le répète : si vous demandez quelque chose en mon nom, je le ferai." Jean 14 : 13-14

09/08/2008

Les Evangéliques veulent la paix

 

Meb

 

Mon harceleur se complait à publier sur tous ses blogs (!) sa haine aveugle et ses insultes envers les chrétiens évangéliques.  Ce prétendu "musulman", qui ne semble pas connaître la notion d'honnêteté intellectuelle, publie des informations mensongères pour satisfaire ses intérêts bassement politiques en cultivant l'amalgame évangéliques=américains guerriers.

Que Dieu lui ouvre les yeux et lui pardonne

Mais je profite de l'occasion pour rappeler par ce modeste billet que l'ensemble des églises évangéliques (et même celle de G.Bush !!) s'est prononcé contre la guerre.

Veuillez notamment lire à ce lien, la déclaration d'opposition à la guerre signée par de nombreux responsables chrétiens (dont les églises évangéliques) de plusieurs pays, à l'initiative de l'église évangélique allemande :

http://www.protestants.org/index.php?id=1045

(Je rappelle au passage que l’évangélisme est le courant dominant du protestantisme en terme quantitatif et qu’il est donc totalement méprisable de le dénommer secte.)

Ainsi chers amis lecteurs, vous pourrez comprendre que les chrétiens évangéliques veulent la paix, mais que certains activistes politico-musulmans cultivent le mensonge, par le biais de bas petits articles vomitifs, pour tenter d'anéantir ET les Etats-Unis ET Israël ET le christianisme...

Après les pressions pour nier la shoah, voici les mensonges pour faire passer des hommes de paix pour des guerriers.  La haine ne connaît pas le dialogue...hélas.

Je vous invite à prier pour mon harceleur afin que Dieu lui place des sentiments de paix dans le coeur.

26/07/2008

Irak : Les réfugiés chrétiens irakiens discriminés

irak.1193130877Irak : Les réfugiés chrétiens irakiens discriminés

(Source : Portes Ouvertes)

«J'ai vu que les formulaires des chrétiens sont systématiquement rejetés alors que ceux des musulmans sont immédiatement approuvés. Cela s'est vérifié des milliers de fois. Chaque famille peut vous raconter un exemple vécu » affirme un réfugié chrétien irakien en Syrie.

 

Comme lui, environ 10 000 chrétiens irakiens se retrouvent en Syrie, un des rares pays à accepter des réfugiés en grand nombre. Tous ont connu de près ou de loin la persécution en Irak et beaucoup ne voient aucun avenir au Moyen-Orient. La plupart de ces chrétiens souhaitent tout simplement quitter la région, mais ils continuent à subir des discriminations au sein même des ambassades occidentales et des institutions du Haut commissariat aux réfugiés des Nations Unies (HCR), lequel a ouvert un bureau à Damas, la capitale de la Syrie.

 

Marion est réfugiée en Syrie avec ses quatre enfants. Son mari a été assassiné en Irak en raison de sa foi chrétienne. Elle veut partir et a frappé à la porte du HCR et des ambassades, mais, « à chaque fois, mon dossier disparaît et je dois tout recommencer » nous dit-elle.

 

Un responsable chrétien rencontré sur place explique : « Le problème vient du fait que la plupart des employés du HCR et des ambassades qui accueillent les réfugiés sont des musulmans. Ils ne veulent pas entendre que nous sommes persécutés par d'autres musulmans en Irak. C'est une situation que la plupart des hauts fonctionnaires ignorent. »

 

Un problème qui s'étend également aux traducteurs accompagnant les délégations du HCR et des ambassades lors des visites aux réfugiés. « Les traducteurs déforment ce que nous racontons. Nous ne pouvons pas nous plaindre ouvertement, cela nous amènerait des problèmes supplémentaires » explique un autre réfugié chrétien.

Plus grave encore, des réfugiés chrétiens ont été menacés et frappés. « Leurs agresseurs étaient au courant des détails de leur histoire. Qui a pu leur raconter ces détails sinon les employés du HCR ou des ambassades occidentales ? » demande un responsable chrétien sur place.

 

Des centaines de milliers de chrétiens irakiens ont quitté leur foyer pour fuir la guerre et les persécutions. « Il m'arrive de pleurer à cause de ce que nous vivons » nous a dit l'un d'entre eux. « Mais après, ma foi me soutient à nouveau. »

18/07/2008

Irak : Nettoyage ethnique

irakflagIrak : Nettoyage ethnique : Des enfants chrétiens enlevés, assassinés et crucifiés pour inciter les parents à quitter le pays

(Source : blogdei)

Des militants musulmans crucifient des enfants pour terroriser leurs parents chrétiens et les inciter à fuir l’Irak, s’est fait dire hier un comité parlementaire qui étudie la persécution des minorités religieuses.


Depuis le début de la guerre en 2003, environ 12 enfants, certains âgés d’à peine 10 ans, ont été enlevés et tués, puis cloués sur des croix de fortune près de chez eux pour terrifier et tourmenter leurs parents.


Le comité a été informé qu’un enfant a été arraché, décapité, brûlé et laissé sur le pas de la porte de sa mère.


Filham Isaac, parlant au nom du Comité de défense des intérêts Ninive, a déclaré au comité des droits de l’homme que les églises chrétiennes d’Irak ont été bombardées, des membres du clergé assassinés et les femmes dévoilées ont été violées ou marquées à l’acide.


Cela fait partie d’une campagne systémique - et très efficace - de nettoyage ethnique des non-musulmans de la région, dit-il. Les chrétiens chaldéens et assyriens, connus sous le nom de Assyro-Chaldéens, ont été autrefois la plus grande minorité chrétienne en Irak. Ils sont aussi les plus anciens, étant les descendants des anciens Mésopotamiens qui ont adopté le christianisme au premier siècle.


L’Eglise catholique chaldéenne, l’Église syro-catholique, l’Église syriaque orthodoxe et l’Église d’Orient sont parmi les églises chrétiennes en Irak.


Aujourd’hui, environ 300 000 chrétiens, ou un sur trois, sont réfugiés, a-t-il déclaré.


« C’est à un point de crise », a dit par la suite Zaya Oshana, collègue de M. Isaac. « Les chrétiens seront complètement anéantis ».


Pourtant, les Assyro-Chaldéens ne veulent pas quitter leur pays en masse.

Au lieu de cela, ils demandent de l’aide pour habiter les plaines de Ninive, dans le nord-ouest de l’Irak, où ils peuvent avoir une certaine indépendance et former leur propre État. La terre est riche, et il pourrait aussi y avoir du pétrole.


Il y a un certain soutien aux Etats-Unis et en Europe pour cette zone indépendante, et les actualités internationales indiquent que plus de 700 officiers de police ont commencé une formation pour protéger les chrétiens en Irak, mais un autre 4000 serait nécessaire pour sécuriser pleinement la région et établir des postes de contrôle sur toutes les autoroutes et les routes menant dans les villages.

 

22/06/2008

L'appel tragique des chrétiens d'Irak

L'appel tragique des chrétiens d'Irak

(Source : bonne nouvelle)

La minorité chrétienne est menacée de mort. Reportage auprès de réfugiés en fuite en Syrie.

 

topinfo60irak«Tous les Irakiens essaient de partir», alerte Clara, jeune réfugiée orthodoxe, devant la délégation du COE.

 

«J'ai été menacée à de nombreuses reprises en Irak, mais comme je refusais de partir, mon salon de coiffure a été incendié, et la voiture de mon mari, qui est chauffeur, a été volée, témoigne Cayran, une orthodoxe arménienne. Alors nous avons tout abandonné et fui en Syrie.»

 

Des réfugiés chrétiens d'Irak ont raconté leur calvaire à des représentants d'Eglises du monde entier, en avril dernier à Damas en Syrie. Samuel Kobia, secrétaire général du Conseil œcuménique des Eglises (COE), s'y trouvait avec des responsables d'Eglises d'Europe, des Etats-Unis et du Moyen-Orient. Récits d'incroyable souffrance en Irak.

 

Le traumatisme des enfants, tout d'abord. Le fils de Cayran ne parle plus normalement depuis qu'il a échappé de justesse à un enlèvement. «Nous avions même peur d'aller à l'église parce que des gens y ont été enlevés», ajoute Samira, une réfugiée orthodoxe. Un jour, elle faisait ses courses avec sa fille: «Trois hommes armés nous ont arrêtées. Ils ont bousculé ma fille et ont demandé pourquoi elle était dans la rue sans voile. Depuis lors, elle n'a plus osé quitter la maison et a abandonné ses études.»

 

15 minutes pour fuir

«Soit vous partez dans les 15 minutes, soit nous vous tuons.» Munir, un chrétien calviniste de Bagdad, a été menacé ainsi. Par précaution, sa famille s'est rendue dans l'appartement d'un proche, et a attendu. Alors, une bande armée est arrivée. «Ils ont violé nos femmes, et même ma mère de 80 ans a été battue.» La famille est partie «immédiatement, sans même prendre des vêtements de rechange», vendant l'appartement au quart de sa valeur.

 

Aram, membre de l'Eglise orthodoxe arménienne à Bagdad, ajoute: «Ma femme et moi connaissions des chrétiens qui ont été tués. Comme nos numéros de téléphone étaient enregistrés sur leurs portables, les meurtriers nous ont appelés et menacés.»

 

Appartenir à une minorité religieuse en Irak est dangereux. «Ces groupes paient le prix de la guerre, explique un participant, parce qu'ils sont soupçonnés d'être des traîtres, bien qu'ils partagent le pain avec leurs frères musulmans depuis des siècles.»

 

La vie en Syrie n'est pas facile non plus. Les ressources que les réfugiés ont pu emporter s'épuisent. L'arrivée d'un million et demi d'Irakiens en fuite pèse sur l'économie syrienne. Les prix des produits alimentaires et du logement s'envolent, les emplois se font rares. Beaucoup de réfugiés se sentent lâchés par la communauté internationale. Les ambassades occidentales rejettent systématiquement les demandes de visa. «Nos jeunes femmes doivent-elles rentrer et être violées avant qu'on leur donne la permission de partir ?» lance un homme en colère.

 

Rentrer en Irak ? Des cris en anglais et en arabe jaillissent dans toute la pièce: «Non, jamais!» «Bien sûr que je voudrais rentrer chez moi, précise une jeune femme de Bassora. Mais peut-on me garantir que je ne vais pas être assassinée? Des membres de ma famille sont rentrés et, une nuit, on les a tués.» Le patriarche Mor Ignace Zakka, de l'Eglise orthodoxe syrienne, confirme qu'un prêtre a été assassiné la semaine précédente, après avoir célébré la messe. «Nous ne voulons pas que l'Irak se vide de ses chrétiens, mais s'ils sont menacés, comment leur dire de rester?» lance-t-il.

 

Soutien des Eglises

Les réfugiés sont reconnaissants aux Eglises de Syrie qui les accueillent. «Notre communauté est ouverte aux Irakiens, soit pour y célébrer leurs offices, soit pour se joindre aux nôtres», assure le patriarche melkite grec catholique Grégoire III, qui ajoute que son Patriarcat collabore avec un centre islamique pour assister les réfugiés chrétiens et musulmans.

 

Le pasteur allemand Volker Faigle, de la délégation du COE, a assuré de son soutien: «Certes, nous ne pouvons vous apporter des billets d'avion ou des visas. Mais mon Eglise - l'Eglise évangélique d'Allemagne - et l'Eglise catholique d'Allemagne vont s'adresser au gouvernement, au parlement et aux institutions européennes pour leur dire ce que nous avons vu et entendu. Quand nous rentrerons dans nos pays, nous penserons à vous, nous prierons pour vous et nous agirons pour vous.»

 

Annegret Kapp , COE

 

 

Engagement suisse

 

La Faculté de théologie de l'Université de Fribourg s'engage en faveur des chrétiens d'Irak. Une soixantaine de personnes ont répondu le 9 mai à l'invitation de la Faculté pour «entendre deux témoins du martyre de la minorité chrétienne en Irak», Mgr Louis Sako, archevêque chaldéen de Kirkouk, et Mgr Jacques Ishaq, recteur de l'unique Faculté de théologie catholique en Irak.

 

«Il ne reste que 350 000 chrétiens en Irak, moins de 3% de la population», a averti Mgr Sako. Il a mis en garde contre l'idée de plans d'accueils officiels pour les chrétiens d'Irak: «Les chrétiens qui partent affaiblissent ceux qui restent et donnent un argument supplémentaire aux islamistes pour que nous partions.» Quant à ceux qui sont déjà en exil, il faut les aider, a-t-il lancé.

 

La Conférence des recteurs prévoit d'interpeller les instances fédérales pour faciliter les visas aux étudiants de ce pays, a annoncé le recteur de l'Université Guido Vergauwen. Il a aussi suggéré le parrainage de paroisses chrétiennes en Irak.

 

24/11/2007

Le Parlement européen condamne la persécution des chrétiens

Le Parlement européen condamne la persécution des chrétiens

 

Le Parlement européen a approuvé jeudi 15 novembre, à l'unanimité quasiment, une résolution qui dénonce les violences contre les croyants dans le monde, en particulier contre les chrétiens, en Asie, en Afrique et au Moyen-Orient

 

Le Parlement européen a condamné jeudi 15 novembre les "graves épisodes qui mettent en danger l'existence des communautés chrétiennes et d'autres communautés religieuses" ainsi que "toutes formes de discrimination et d'intolérance fondées sur la religion et la croyance" dans le monde.

 

Dans une résolution approuvée à 57 voix contre deux et une abstention, les parlementaires européens se sont dit particulièrement inquiets de la multiplication des épisodes d'intolérance et de répression contre les communautés chrétiennes, notamment en Afrique, en Asie et au Moyen-Orient.

 

Le texte appelle les gouvernements concernés "à juger les auteurs de ces crimes", à fournir "des garanties adéquates et effectives de liberté de religion et de croyance" et à améliorer la sécurité des communautés chrétiennes, soulignant que "les autorités ont le devoir de protéger toutes les communautés religieuses, y compris les communautés chrétiennes, de la discrimination et de la répression".

 

Le texte cite des cas concrets d'enlèvements, d'homicides et de violences enregistrés récemment dans plusieurs pays : Irak, Pakistan, Gaza, Egypte, Turquie, Syrie, Soudan, Chine et Vietnam. Entre autres, l'enlèvement de deux prêtres irakiens en octobre dernier, l'assassinat du P. Ragheed Ganni et de trois diacres à Mossoul en juin, l'assaut mené contre une église chrétienne en octobre dans la périphérie de Lahore l'assassinat d'un évêque protestant et de son épouse en août à Islamabad au Pakistan, l'assassinat du gérant d'une librairie chrétienne à Gaza en octobre, l'enlèvement du P. Bossi en juin aux Philippines, etc.

 

"Promouvoir la tolérance"

 

Le Parlement européen souligne aussi "la gravité de la situation concernant la liberté religieuse en Chine, où les autorités continuent de réprimer toute manifestation religieuse, de l'Eglise catholique en particulier, dont de nombreux fidèles et évêques sont détenus depuis des années, et dont certains sont même décédés en prison". Il relève aussi la "forte répression des activités de l'Eglise catholique et des autres religions" au Vietnam.

 

Grâce à cette résolution, s'est félicité Mario Mauro, vice-président du Parlement européen et promoteur de la résolution, interrogé par l'agence italienne SIR, "la Commission européenne devra désormais faire davantage attention à ce que tout programme de coopération et d'aide au développement soit établi sous la condition que le principe d'une vraie liberté religieuse soit respectée".

 

Soutenant le dialogue interreligieux, la résolution invite aussi les autorités religieuses à "promouvoir la tolérance" et à agir contre toute forme d'extrémisme. 

Source : La-croix.com

05/11/2007

Le point sur Bush et les évangéliques américains

(article de Benjamin Wolff)

 

bushJusqu’à son départ à la retraite, George Bush s’ingéniera à jouer avec nos nerfs. Après l’Irak, l’Iran? Mais dans quelle mesure son néoméssianisme est-il un produit du milieu dit "protestant évangélique"?

 

Le point sur Bush et les évangéliques américains.

 

C’est depuis le dossier choc du Nouvel Observateur, "Les évangéliques, la secte qui veut conquérir le monde" datant de février 2004, qu’on s’est interrogé sur le sens des "croisades" de Bush Jr contre "l’axe du mal".

 

.L’hebdomadaire avait alors présenté ses excuses aux évangéliques français, dénonçant l’amalgame entre le président américain et le courant protestant évangélique français.

Lettre au Nouvel Obs : http://www.alliance-evangelique.org/accueil/index10.html

Excuses : http://www.coeurnet.org/breve27.html

 

 Malheureusement, la clarification entre "Bush-évangéliques-croisades" ne semble pas avoir atteint la scène publique depuis : entre anti-américanisme d’un coté et va-t-en-guerre de l’autre, le flou artistique demeure.

 

 George Bush atteint bientôt son départ à la retraite, mais il n’a pas dit son dernier mot. Selon lui, le sauvetage de l’Irak passe par une mobilisation en Iran, pour notamment s’assurer l’hommage des générations futures.

 

 C’est dans ce contexte fragile qu’il me paraît important de replacer le messianisme de Bush Jr dans un plan historique plus large.

 

Ultraminoritaire en France, ce type de christianisme est si installé dans le paysage social et politique américain qu’il en devient incontournable : mais dans quelle mesure la foi en Dieu influe-t-elle sur l’administration américaine ?

On compte aujourd’hui un demi milliard de protestants évangéliques dans le monde dont (seulement) 70 millions aux Etats-Unis et 400 000 en France.

 

L’historien britannique David Bebbington a proposé quatre critères pour cerner l’identité évangélique. Premièrement la centralité de la Bible, avec deux particularités.

 

Elle est un espèce de code de la route qui fait autorité dans tous les aspects de la vie du chrétien. Et il existe un rapport direct au texte, sans médiation.

 

Deuxièmement le crucicentrisme, c’est-à-dire la référance à la croix comme lieu de salut de l’humanité (d’où le succès du film The Passion de Mel Gibson).

 

Troisièmement, le plus important, la conversion, c’est-à-dire un changement de vie suite à une rencontre personnelle avec Jésus-Christ : nul ne peut être chrétien s’il n’est converti (born again, né de nouveau).

 

Enfin, le militantisme : le chrétien doit montrer dans une vie transformée qu’il est né de nouveau, il doit s’engager pour Jésus-Christ dans le cadre d’une église de convertis.

 

Les évangéliques américains vont de l’activiste afro-américain Jesse Jackson (à la gauche du Parti démocrate) à Pat Roberson (à la droite du Parti républicain).

 

Sur 70 millions d’évangéliques, on évalue à 25% la part de démocrates, à 50% la part de conservateurs et à 25% la part de fondamentalistes.

 

 On laisse souvent croire que Bush est un des présidents américains les plus attachés à la religion : c’est une idée reçue. Bill Clinton est un converti tout aussi convaincu, ainsi que Al Gore, qui appartienent à la branche conservatrice des baptistes (courant évangélique), qui a soutenu l’invasion en Irak.

 

L’engagement chrétien de Bush n’est pas plus important que celui d’autres présidents. L’historien français Sebastien Fath doute même de l’authenticité des convitions du président des Etats-Unis.

 

 Plusieurs éléments appuient cette affirmation. Officielement, Bush Jr présente sa conversion comme le principal événement de sa vie : c’est suite à une rencontre avec Billy Graham (star protestante détéstée des fondamentalistes) en 1985 qu’il a connu une foi renouvelée, suite à son alcoolisme.

 

En réalité, cette année-là, Bush Jr est chargé par l’état-major de son père, en campagne présidentielle, de mobiliser les votes de la New Christian Rigth (courant politique confessionnel à la droite du Parti républicain) : ce serait donc davantage par nécéssité professionelle qu’il s’est converti.

 

De plus, son abstinence a moins été motivée par Graham que par sa compagne, Laura Bush, qui lui dit en 1985 :"C’est moi ou le bourbon."

 

 Ensuite, contrairement à Clinton, Bush n’a jamais souhaité avoir de conseiller spirituel. Il ne fréquente pas non plus régulièrement les églises. Il est moins engagé de ce point de vue que Jimmy Carter : il est largement coupé de son église, qui s’est prononcée contre la guerre en Irak.

 

De plus, si un certain nombre de proches collaborateurs de George Bush sont des born-again convaincu (Michel Gerson, par exemple, sa plume) d’autres le sont beaucoup moins, voire pas du tout (Powell, Cheney, Rumsfeld, Wolfovitz).

 

 En somme, la ligne de conduite de Bush demeure la maximisation de ses intérêts : les principes religieux viennent en deuxième plan et ces principes sont filtrés en fonction du moment.

 

Selon le spécialiste Sébastien Fath, le président américain s’efforce d’entretenir la "religion civile". La religion civile est une religion générique à visée consensuelle.

 

Cinq critères la constituent. Premièrement la culture WASP (White, Anglo-Saxon and Protestant) : population qui reprend l’héritage des pères pélerins, de ces pères fondateurs qui, au XVIIe siècle, ont fui l’Europe alors qu’ils étaient persécutés pour des raisons religieuses et ont construit l’idéal américain.

 

 Deuxièmement, l’accent sur la foi et la prière : peu importe le contenu de la foi, l’important c’est de croire et de prier.

 

Le troisième trait est l’individualisme : l’autonomie morale de l’individu est une valeur suprême.

 

Le quatrième trait est le messianisme : l’idée selon laquelle l’Amérique est une terre élue est très ancienne.

 

 Enfin, le dernier trait de cette religion civile est l’optimisme, à l’image de Billy Graham qui déclarait le 14 septembre 2001 que "le 11 septembre est un jour de victoire" si l’Amérique saisit l’occasion de se rapprocher de Dieu.

 

Après avoir compris que cette religion civile (qui dépasse largement le cadre évangélique) a pour fonction de légitimer la nation, de l’unir dans les moments difficiles, on peut lui distinguer plusieurs phases historiques.

 

 La première, allant de 1900 à 1950, dite "protestante mainline", lorsque les Églises protestantes historiques, épiscopalienne (anglicane) et presbytérienne (réformée), étaient dominantes.

 

 A partir de la fin des années 1950, les Etats-Unis sont entrés dans une seconde phase, dite "protestante évangélique" telle qu’on l’a définit plus haut.

 

L’historien Sebastien Fath remarque un glissement de la religion civile vers un nouveau stade, celui du néomessianisme sécularisé (incarné par Bush Jr) où le modèle américain est lui-même investi par la puissance absolue.

 

Ce ne sont plus les agents du Messie chrétien mais ils remplacent directement la toute-puissance de Dieu.

 

Au point qu’un jour, Billy Graham lance à George Bush : "Ne jouez pas à être Dieu, qui êtes-vous donc pour vous prendre pour Dieu ?"

 

L’Amérique devient une nouvelle divinité et c’est pour ce Dieu-là que l’administration américaine se bat. Selon eux, le royaume de Dieu est déjà en train de se construire.

 

Et si le Dieu personnel ("le vrai") conserve une pertinence, c’est pour tranquilliser et moraliser le peuple.

 

 En conclusion, l’évangélisme de Bush se situe entre sincérité naïve et calcul électoral.

 

 Son objectif est de rassembler un maximum de citoyens, de toute les religions (des libéraux aux fondamentalistes, des multiples dénominations protestantes, des catholiques, etc.) grâce à son pragmatisme et son instinct

 

Un proverbe mexicain relève avec humour : "Pauvres de nous, qui sommes si loin de Dieu et si près des Etats-Unis." 

01/11/2007

Dimanche de l'église persécutée

DEPPortes Ouvertes et l'Alliance Evangélique Française organisent chaque année le Dimanche de l'Eglise Persécutée.

 

Cette année, il aura lieu le 11 novembre au niveau mondial et le 4 novembre en France

 

Les thèmes varient d’un pays à l’autre :

En France, il sera consacré à la Chine, qui se prépare activement aux Jeux Olympiques de 2008.

 

De plus, les 2 et 3 novembre au 27 rue de l'annonciation à Paris, soirée spéciales consacrées aux persécutions des chrétiens, présentées par :

 

annonciation_784Victor HASCHWEH exerce un ministère personnel dans les pays fermés, se situent dans la fenêtre 10/40. Venez écoutez ce que Dieu fait.

 

ABDELLATIF est Pasteur ; son zèle est contagieux.

 

Yasser FARAH, Égyptien, il enseigne avec une profondeur pour la Parole de Dieu.

 

ATTENTION INSCRIPTION OBLIGATOIRE au 06 61 55 31 33 ou 06 68 02 42 79

 

 

En Suisse (11 novembre), le thème sera l’Irak, l’Iran, l’Inde et le Bhoutan.

http://www.each.ch/dep/

 

 

18/09/2007

Chrétiens torturés par des chiites

irakMoyen-Orient: Les chrétiens irakiens pris entre deux feux(source voxdei) Les chrétiens irakiens, largement minoritaires, redoutent la montée en puissance de l’intégrisme chiite. Ils craignent de ne pas être considérés comme des citoyens à part entière dans l’Irak de demain.

par Anne-Sophie LE MAUFF
Envoyée spéciale à Bagdad  La profondeur des blessures trahit l’intensité des sévices. Sur ses bras, jambes et thorax, on ne voit que des traînées rouge vif. « Ils m’ont ébouillanté à plusieurs reprises », lance le vieil homme, encore choqué par dix jours de tortures. Il y a trois mois, Ismaël a été enlevé dans sa petite entreprise située au cœur de Karada, le quartier chrétien de Bagdad où les femmes osent se promener cheveux lâchés au vent. Ils étaient sept jeunes hommes. En apparence bien éduqués. « Au début, j’ai voulu résister lorsqu’ils m’ont ordonné de monter dans la voiture. Mon fils m’a alors hurlé en chaldéen : “Je t’en supplie, Papa, fais ce qu’ils te disent sinon ils vont te tuer.” » L’homme n’a pas 70 ans mais, depuis son enlèvement, on lui en donne facilement dix de plus. Transporté dans le coffre, les yeux bandés, Ismaël se souvient d’un long voyage chaotique. Aujourd’hui, tout lui laisse penser que la destination finale était le quartier chiite pauvre de Bagdad, Sadr City. Enfermé dans une maison, avec uniquement de l’eau et quelques biscuits trop secs pour être avalés, le père de famille a tant bien que mal résisté.
« Au début, ils m’ont juré qu’ils ne me feraient rien car ils appartenaient à la Hawza, l’autorité religieuse chiite », dit-il. Très vite, les sévices ont commencé. Eau bouillante versée sur le corps, brûlures de cigarettes et menaces d’exécution sommaire pendant les trois premiers jours. Ismaël revient de loin. Pour lui, c’est clair : plus qu’à son argent, c’est à sa qualité de chrétien qu’on s’est attaqué. En plus de payer de sa propre chair, le père de famille a dû verser 50000 dollars à ses ravisseurs pour sa libération. Une somme modique, comparée aux 200000 dollars qu’on lui réclamait. « Ils nous appelaient jour et nuit et nous menaçaient de tuer notre père si nous ne réunissions pas l’argent », explique, très perturbé, le fils aîné.

Après dix jours d’âpres négociation, le père a été relâché et l’argent, comble de l’histoire, remis aux portes d’un poste de police irakien. Désormais, pour lui, il n’y a aucun doute à avoir, ses kidnappeurs « étaient bien des chiites ».

Un autre Beyrouth
 Dans le Bagdad de l’après-guerre, les enlèvements, les exécutions en pleine rue dues à des règlements de comptes, les assassinats déguisés en accidents ne sont pas des faits isolés. « Cela rappelle Beyrouth », commentait, il y a peu, un correspondant de guerre français. Depuis la chute de Saddam Hussein et la montée en puissance des musulmans chiites, les quelques 800 000 chrétiens d’Irak, sur 25 millions d’habitants, se montrent très préoccupés pour l’avenir de leur communauté minoritaire. L’an dernier, les représentants des Chaldéens, des Assyriens, des Syriens, des Arméniens, des Grecs et des Latins avaient dressé une liste des points à reprendre dans la nouvelle Constitution irakienne. Ils souhaitaient que soient reconnus leurs droits religieux, culturels, sociaux ou politiques et que la nouvelle Constitution « considère les chrétiens comme des citoyens à part entière ». Aujourd’hui, leur espoir est resté, dans la pratique, lettre morte. La majorité d’entre eux souhaitent prendre le chemin de l’étranger en raison de la radicalisation du discours de certains imams, prêts à tout pour instaurer un Etat théocratique en Irak.
La communauté chrétienne en Irak affiche un profil bas. La montée de l’islamisme a réveillé les peurs. Plus que jamais les chrétiens n’ont qu’une idée en tête : quitter le pays. Déjà, après l’invasion du Koweït par l’Irak, l’embargo décrété par l’ONU, et fortement appuyé par les Etats-Unis, n’a fait qu’accroître le départ de la communauté chrétienne. Depuis 1991, plus de 300 000 Assyro-Chaldéens, à savoir plus du quart de la population irakienne assyro-chaldéenne, sont partis. Ce sont surtout des jeunes qui ont quitté le pays pour l’Occident, souvent dans des conditions lamentables.

C’est le cas du fils de Zoueh, un Chaldéen originaire de Bagdad. Après avoir déboursé plus de 10 000 dollars, son fils aîné a quitté il y a deux ans le pays pour rejoindre son oncle en Allemagne. Devenu ingénieur, le jeune homme entretient désormais ses parents.

Originaires à 90 % du Nord, le Kurdistan irakien, les chrétiens d’Irak ne représentent plus que 3 à 5 % de l’ensemble de la population. Ils ne cessent de résister aux conséquences de la guerre et à la pauvreté endémique qui sévit dans le pays. Soucieuse de voir la stabilité revenir en Irak, la minorité chrétienne craint aussi d’assister, impuissante, à l’islamisation de l’Irak. Hormas Ismaël, lui, se sent soulagé. Il a longtemps souhaité en finir avec le régime de Saddam Hussein, sans pouvoir le crier à voix haute. Avec l’installation des troupes américaines et bientôt le transfert de la souveraineté aux Irakiens, ce chrétien de confession grecque orthodoxe ose croire en l’avenir. « J’ai passé trente ans de ma vie à me demander si j’allais revenir sain et sauf chez moi le soir. Sur simple dénonciation, nous pouvions être arrêtés ou emprisonnés par les membres du parti Baas. Aujourd’hui, l’avenir ne m’est plus interdit », dit-il.

Oubliés du jeu politique

Confortablement installé dans son fauteuil blanc flambant neuf, Yacoub scrute la mosquée qui fait face à son appartement. Derrière lui, la télévision hurle à tue-tête des prêches du jeune imam radical chiite Moqtada Sadr, protagoniste depuis début avril d’une insurrection. « Regardez-moi ces va-nu-pieds de chiites qui entendent tenir la dragée haute aux Américains. Qu’ils aillent au diable », s’insurge Yacoub. Visage hermétique, l’homme se déchaîne à la simple vue des hommes du Mehdi, la milice armée du leader religieux. Il craint que leur rébellion enflamme l’ensemble du monde chiite irakien. « Ces jeunes paumés sont extrêmement dangereux. Leur fanatisme risque de s’étendre bien au-delà des villes saintes », dit-il. En concluant : « Les chiites sont sales. Offrez-leur à manger, ils vous prendront votre fille.» Plutôt que de laisser sa fille « aux mains d’un chiite », Yacoub explique clairement qu’il préférerait la tuer…

Longtemps protégés par Saddam Hussein, les chrétiens irakiens se sentent aujourd’hui les oubliés du jeu politique. Sur les 25 membres du Conseil de gouvernement provisoire, on compte 13 chiites, 5 sunnites, 5 Kurdes, alors que les communautés chrétiennes sont représentées chacune par un seul membre. Le frère dominicain Youssuf Thomas est chaldéen catholique. Il dirige la revue irakienne Pensée chrétienne. Pour lui, le chrétien ne doit plus avoir peur de trouver ses marques dans la société. « Beaucoup de gens disent : “On va attendre de voir qui va diriger l’Irak et ensuite on va commencer à travailler.” Il ne faut pas agir de la sorte. Il faut oser dire : “Nous avons envie d’une démocratie de la paix et du respect.” » Sera-t-il entendu ?

La rébellion de Moqtada Sadr

Toujours retranchés au cœur de la ville de Najaf, à proximité du mausolée d’Ali, l’ambitieux imam chiite radical Moqtada Sadr et ses milices du Mehdi continuent de défier les forces de la coalition. Mal entraînés, sans expérience au combat, les rebelles sont prêts à se sacrifier pour celui qu’ils appellent « Monseigneur ». Ils subissent tous les jours de nombreuses pertes lors de combats avec les forces de la coalition, contrairement aux sunnites de Falloujah, habitués à se battre dans l’armée de Saddam Hussein. Ces miliciens utilisent les mosquées, les mausolées, les écoles comme postes de combat et entrepôts d’armes. Ces derniers temps, plusieurs dizaines d’entre eux ont été tués à Najaf, Koufa, Kerbala ou encore Nassyriah par les forces de la coalition. Prise entre les feux des rebelles et ceux des troupes de la coalition, la population, lasse, aspire à une issue favorable de la crise. Déterminés à en finir avec cette rébellion, les Américains ont déclaré vouloir capturer l’imam « mort ou vif ».