12/02/2007

Les « saints » au corps incorruptibles

Les « saints » au corps incorruptibles

 

L’évocation du détournement de culte en faveur de Marie dans mon post précédent a suscité quelques réactions... C’est normal, ça contredit « le malin ».

 

Faire croire que Marie peut intercéder, créer des lieux de pèlerinages tout au bénéfice de l’Eglise catholique (vu que les ‘méchants chrétiens protestants’ n’admettent pas d’associer Marie à des guérisons),... tout cela est « malin ».

A la place de Satan, comment vous y prendriez-vous pour casser l’unité des chrétiens ? Facile, inspirez une nouvelle croyance tout en finesse que les moins cultivés ne remettront pas en question, laissez agir et attendez que les désillusions apparaissent...Une belle division s’ensuivra.

 

Cette évocation a rappelé une autre croyance (qui n’est pas neuve et qui n’est pas le propre du catholicisme) qui est celle des « incorruptibles », ces personnes pieuses dont le corps, soi-disant, ne se désagrège pas après la mort et à qui Dieu aurait fait grâce de ne pas « redevenir poussière ». Un miracle divin ? Plutôt un miracle de la chimie qui bénéficie au rattachement à une église et qui relève du racolage mensonger.

 

Prenons le cas du pape Jean XXIII. En mars 2001, le journal « le Monde » titrait : « Trente sept ans après sa mort, le visage de Jean XXIII découvert intact ». Les yeux fermés, la bouche ouverte comme en plein sommeil, le Saint Père avait des traits parfaitement reconnaissables. Miracle ? oui, celui de la chimie. « Ce pape a reçu un traitement conservatoire juste après sa mort » assure Joachim Bouflet, historien catholique. De fait, depuis le milieu du XXème siècle, tous les papes reçoivent une injection de formol après leur décès, ce qui leur permet de conserver un visage avenant pour la présentation aux foules. Le formol, bien connu des naturalistes, empêche en effet les micro-organismes responsables de la décomposition de proliférer et repousse les larves d’insectes amateurs de cadavres. Résultat : le corps est préservé pendant quelques semaines, voire quelques mois. On est loin des 37 ans de pérennité, direz-vous. Certes, mais là encore, il y a une explication…

A la manière des pharaons d’Egypte, le pape était enterré dans 3 cercueils, emboîtés comme des poupées russes. Si bien que l’oxygène ne pouvait y pénétrer. Or, les micro-organismes décomposeurs ont besoin de ce gaz pour vivre et se multiplier. Préservé de l’oxygène, imprégné de formol, le pontifical cadavre a donc vu sa décomposition ralentie à l’extrême.

 

Le cas de « sainte Marguerite de Cortonne » est à ranger dans la même catégorie. Morte en 1297, cette Italienne était considérée comme une incorruptible jusqu’à ce que, dans les années 90, le Vatican mandate un éminent médecin italien, Ezio Fulcheri, afin qu’il examine le corps de la sainte. Mille précautions sont prises pour sortir la dépouille de sa sépulture. L’autopsie est réalisée dans la cathédrale de Cortone. Et le corps en bon état révèle…de longues incisions le long des cuisses, de l’abdomen et de la poitrine. Le verdict est sans appel : si Sainte Marguerite est bien conservée, c’est qu’elle a été embaumée. Ses organes ont été prélevés et sa peau lavée à l’aide d’onguents et d’épices.

 

Surpris que cette pratique, bien connue en Egypte ancienne, puisse avoir été employée au Moyen Age en Europe, Fulcheri fait des recherches dans les archives et découvre que les habitants de Cortone ont réclamé l’embaumement de celle qu’ils considéraient comme une sainte. Ce détail est ensuite tombé dans l’oubli. Un seul fait est resté dans les mémoires : la parfaite conservation du corps de la sainte. Marguerite de Cortonne n’a pas été la seule à être embaumée. Selon Fulcheri, au moins 5 autres saints incorruptibles sont à classer au rang de véritables momies. Tous vivaient en Toscane entre le XIIIème et le XVème siècle.

 

Cependant, nombreux sont les « saints » qui ne portent aucune trace d’embaumement. Les scientifiques avancent l’hypothèse que les corps étaient entreposés dans des lieux favorisant la préservation des chairs. C’est le cas notamment des cryptes des cathédrales. La température y est fraîche et constante, été comme hiver. Deux critères qui limitent la prolifération des micro-organismes décomposeurs. D’autres tombeaux, quant à eux, présentent une atmosphère très sèche. C’est le cas du surprenant cimetière des capucins à Palerme, en Sicile. Parmi les 8000 corps entreposés entre le XVIème et le XIXème siècle, certains sont parfaitement momifiés. Aucune intervention humaine, ni divine là-dedans. Ces cadavres ont perdu progressivement leur eau. La peau desséchée a pris l’apparence d’un vieux cuir, ne laissant plus de prise aux bactéries et aux moisissures qui ont autant besoin de chaleur que d’eau pour se développer.

Jamais sans doute la centaine d’incorruptibles connus ne feront l’objet d’une étude scientifique systématique. Il y a fort à parier, toutefois que la conservation de bon nombre d’entre eux ait une explication tout ce qu’il y a de plus naturelle.

 

Pour Dieu, il faut que notre amour et notre foi en Lui soient incorruptibles, notre corps n’a plus aucune espèce d’importance après notre passage sur terre.

 

Questions à ceux qui persistent à croire aux incorruptibles :

Pourquoi les corps de Paul, Moïse, Jérémie, Abraham, Pierre, Jacques, Job,... ont-ils disparus ? Seraient-ils moins saints que Bernadette Soubirou ?

Qu’avait dit Jésus à cet homme qui voulait le suivre, mais qui attachait de l’importance à la dépouille de son père ? « Mais Jésus lui dit: Laisse les morts ensevelir leurs morts; et toi, va annoncer le royaume de Dieu. » (Luc 9:60 LSG)