26/03/2008

Algérie : La pression augmente dans l'affaire de l'évangélisation

2 articles topchrétiens :

 

Lundi 17 mars : Discrimination religieuse: Les autorités suspendent les activités d'églises protestantes 

 

Les autorités préfectorales ont suspendu deux églises protestantes de Tizi Ouzou (Kabylie, est) jusqu'à ce qu'elles reçoivent un "certificat de conformité" pour l'exercice de leur culte, a annoncé dimanche à l'AFP le pasteur Mustapha Krim, président de l'Eglise protestante d'Algérie.

Il s'agit de l'Eglise de la Nouvelle Ville et de Tafath (Lumière), qui comptent respectivement 700 et 200 membres, a précisé le pasteur.

 

Cette décision a été prise dans le cadre de la nouvelle loi de février 2006 régissant le culte des non musulmans, considérée comme restrictive par ces derniers. L'exercice du culte non musulman, reconnu par la constitution, est soumis à une autorisation préfectorale et doit être accompli dans des lieux autorisés par le ministère des Affaires religieuses.

 

Les autorités préfectorales ont par ailleurs convoqué les responsables de l'église protestante de Larbâa Nath Irathen, dans le même département, "sans doute pour leur notifier la même demande", a indiqué le pasteur.

 

Il a ajouté qu'à sa connaissance, l'église protestante de Béjaïa n'avait reçu pour le moment aucune notification de fermeture.

 

Le pasteur Mustapha Krim a indiqué qu'il n'avait "pas l'intention de fermer les églises concernées" et qu'il allait "demander audience à la préfecture de Tizi Ouzou pour présenter le dossier complet autorisant ces églises à exercer leur activité en toute légalité".

 

Les églises concernées existaient avant l'entrée en vigueur de la loi de 2006 et l'application à leur encontre du texte aurait "un caractère rétroactif qui serait inacceptable", a-t-il dit.

 

Une vive polémique oppose depuis plusieurs semaines responsables religieux musulmans et dignitaires chrétiens, accusés de prosélytisme.

 

Les critiques s'adressent essentiellement à l'Eglise évangéliste, récemment implantée dans le pays, et qui compterait quelque 50.000 adeptes dont 10.000 pratiquants, regroupés dans 33 communautés, selon Mustapha Krim.

 

Les autorités avaient auparavant refusé de renouveler le titre de séjour du pasteur américain Hugh Johnson, 74 ans, ex-président de l'Eglise protestante d'Algérie, à la retraite depuis 2006. Alger lui a demandé quitter le territoire avant le 11 mars. Le recours du pasteur est en cours d'examen devant le Conseil d'Etat.

 

Le ministre des Affaires religieuses, Bouabdallah Ghlamallah, avait récemment qualifié les évangélistes de "hors la loi", affirmant que leur objectif était de constituer "une minorité pour favoriser l'ingérence étrangère dans les affaires intérieures".

 

Selon ce ministère, l'Algérie compte seulement 11.000 chrétiens, toutes obédiences confondues, en majorité catholiques, sur 33 millions d'habitants.

 

La polémique est allée crescendo après la radiation de deux instituteurs algériens de confession chrétienne et la condamnation fin janvier à un an de prison avec sursis d'un prêtre catholique français d'Oran, Pierre Wallez, pour avoir animé un culte auprès de migrants clandestins camerounais, une action assimilée à du prosélytisme.

 

Mardi 18 mars : La pression augmente dans l'affaire de l'évangélisation 

 

Deux églises protestantes fermées à Tizi Ouzou.

 

topinfo45

 

 

Le pasteur a précisé qu’il n’avait “pas l’intention de fermer les églises concernées” et qu’il allait “demander audience à la wilaya de Tizi Ouzou pour présenter le dossier complet autorisant ces églises à exercer leur activité en toute légalité”.

 

La pression s’accentue sur l’Église protestante d’Algérie. La wilaya de Tizi Ouzou vient, en effet, de suspendre deux temples protestants qui comptent respectivement 700 et 200 membres, a indiqué, hier à l’AFP, le pasteur Mustapha Krim, président de l’Église protestante d’Algérie. L’église de la Nouvelle Ville et celle de Tafath resteront fermées jusqu’à ce qu’elles reçoivent un “certificat de conformité” pour l’exercice de leur culte, a précisé le révérend. Cette décision a été prise dans le cadre de la nouvelle loi de mars 2006, qui interdit l’exercice d’un culte non musulman “en dehors des édifices prévus à cet effet” et “subordonne l’affectation des édifices pour l’exercice (d’un tel) culte à l’obtention d’une autorisation préalable”.

 

L’exercice d’un culte non musulman est soumis à une autorisation préalable de la wilaya, et ses adeptes doivent se constituer en association pour le pratiquer, selon un décret exécutif datant de juin 2007, pris en application de la loi de 2006. Selon ce décret, le wali peut interdire les rassemblements de non-musulmans s’ils “constituent un danger pour la sauvegarde de l’ordre public”, ou imposer leur transfert dans un autre lieu que celui initialement prévu par les organisateurs. Le pasteur Mustapha Krim a également affirmé à l’AFP que la wilaya de Tizi Ouzou a convoqué les responsables de l’Église protestante de Larbaâ Nath Irathen, “sans doute pour leur notifier la même demande”, a-t-il dit. Il a ajouté qu’à sa connaissance, l’Église protestante de Béjaïa n’avait reçu pour le moment aucune notification de fermeture.

 

Le pasteur a précisé qu’il n’avait “pas l’intention de fermer les églises concernées” et qu’il allait “demander une audience à la wilaya de Tizi Ouzou pour présenter le dossier complet autorisant ces églises à exercer leur activité en toute légalité”. Les églises sommées de se conformer à la réglementation existaient avant l’entrée en vigueur de la loi de 2006 et l’application à leur encontre du texte aurait “un caractère rétroactif qui serait inacceptable”, a estimé le chef de l’Église protestante d’Algérie. Cette affaire intervient alors qu’une vive polémique oppose, depuis plusieurs semaines, responsables religieux musulmans et dignitaires chrétiens, accusés de prosélytisme.

 

L’Église évangéliste en est la principale cible. Récemment implantée dans le pays, elle compterait quelque 50 000 adeptes dont 10 000 pratiquants, regroupés dans 33 communautés, selon Mustapha Krim. Peu de temps avant, l’ancien président de l’Église protestante, l’Américain Hugh Johnson, 74 ans, à la retraite depuis 2006, avait été sommé de quitter le territoire avant le 11 mars. Le recours du pasteur contre cette décision du ministère de l’Intérieur est en cours d’examen devant le Conseil d’État.

 

R. Benkaci 

02/11/2007

LUC L’EVANGELISTE

LUC L’EVANGELISTE

 

On dit habituellement que saint Luc n’était pas un témoin direct de la vie du Christ, et qu’il rapporte dans son évangile ce dont il s’est soigneusement enquis auprès des témoins et des acteurs des événements. Cette idée reçue vient du prologue de son évangile, traduit ainsi : «après m’être informé exactement de tout depuis les origines», ou «après avoir fait des recherches exactes sur toutes ces choses depuis le commencement»

 

Sylvie Chabert d'HyerresSylvie Chabert d’Hyères, spécialiste du Codex Bezae, qui contient sans doute le plus ancien texte grec connu et l’un des plus anciens textes latins des Evangiles et des Actes, montre que ces traductions sont fautives. Saint Luc, qui connaissait bien le grec, utilise une expression que l’on trouve chez Démosthène (et aussi chez Flavius Josèphe), dont le verbe, parikolouthikoti, a le sens d’« accompagner de près » : on le trouve aussi, et ainsi traduit, dans deux épîtres de saint Paul (la différence est que chez Démosthène il s’agit comme chez saint Luc d’avoir accompagné les événements, d’avoir suivi de près ce qui s’est passé, tandis que chez saint Paul il s’agit d’accompagner quelqu’un).

 

Le sens du prologue est donc le contraire de ce que l’on dit. Saint Luc affirme solennellement qu’il a décidé d’écrire cet évangile parce qu’il a « accompagné tous ces événements de près depuis le début », parce qu’il les a suivis en personne depuis la naissance de saint Jean Baptiste.

 

Dans la Vulgate (et dans le texte latin du Codex Bezae), le mot est assecuto. En latin classique, adsequere veut dire atteindre, et l’on ne peut pas le traduire ainsi dans la phrase de saint Luc. Mais si l’on oublie le préfixe ad, il reste secuto, de sequere : suivre. Or on trouve précisément ce verbe, avec le préfixe, dans le sens de suivre, dans la notice sur saint Luc du Canon de Muratori (2e siècle) : « à la mesure de ce qu’il avait pu suivre (asequi) il commença à le dire à partir de la nativité de Jean ».

 

S’il en est ainsi, les deux premiers chapitres de l’évangile de saint Luc (annonciation et conception de saint Jean Baptiste, Annonciation et conception du Christ, Visitation, nativité de saint Jean Baptiste, Nativité du Christ, circoncision, Présentation au Temple, Jésus face aux docteurs : il y a là les cinq mystères joyeux du Rosaire) sont encore plus bouleversants.

 

Source : le site de Sylvie Chabert d’Hyères sur le Codex Bezae, qui est passionnant :

http://www.dammarilys.com/cb/lk/1_a.html