22/10/2008

Sœur Emmanuelle : "J’ai choisi Dieu, et c’était la bonne carte!"

Sœur Emmanuelle : "J’ai choisi Dieu, et c’était la bonne carte!"

Par Paul Ohlott

Source : TopInfo

 

seuneLe centenaire, Sœur Emmanuelle n’aura pu que l’effleurer, en quittant son corps ce lundi 20 octobre. Mais en l’espace de 99 années bien remplies, elle aura su briller par son amour pour les plus démunis.

 

Une compassion si forte, qu’elle décida même en 1971, à l’âge de la retraite, de s’installer dans une cabane, au bidonville d’Ezbet El-Nakhl.

 

Après quoi, son association ‘’Les amis de Sœur Emmanuelle’’, multipliera les actions sur le terrain. 

 

Au mois d’août dernier, en publiant sous forme d’ouvrage, un entretien avec les journalistes Jacques Duquesne et Annabelle Cayrol, Sœur Emmanuelle livrait en quelque sorte son testament. D’ailleurs, elle y parle de sa vie, et de sa mort. «J’ai vécu cent années de bonheur. Merci mon Dieu ! Merci mon Dieu ! (…) Je suis comblée de son amour et j’essaie de le répandre. Je le respire, je l’aspire et je le donne», s’exclame-t-elle, encore un brin vigoureuse.

 

L’importance des autres

 

Rien ne semblait entacher son bonheur dans la maison de retraite. Même pas l’approche de la mort. A ce sujet, elle confie que «la souffrance de l’agonie n’est pas l’essentiel. L’essentiel, c’est qu’à la fin je vais expirer, et je serai aspirée vers Dieu». Quant à l’éternité, elle la dépeint comme «un abîme infini d’amour».

 

Cette icône médiatique n’a cessé de dénoncer la tristesse de ce monde, «axé sur le matériel». Et face à la montée de l’individualisme, elle ne manquait pas de rappeler l’importance des autres, au point de qualifier d’enfer «l’enfermement en soi». Parfois incomprise dans son engagement total envers Dieu et ses nombreux prochains, elle nous interroge : «Si l’on trouve son bonheur à aider, à partager, à aimer, pourquoi s’en priver ?».

 

Quelques semaines avant son grand départ, la jeune Madeleine, devenue Sœur Emmanuelle, ne nourrissait aucun regret. Bien au contraire, c’est avec assurance qu’elle pouvait déclarer : «Je voulais l’Absolu, ce qui ne change jamais, ce qui est immortel. (…) J’ai choisi Dieu, et c’était la bonne carte, l’excellente carte. J’ai fait le bon choix (…) Dieu m’a comblé le cœur».

 

Paul OHLOTT