04/09/2008

La crucifixion dans les "actes de Jean"

(Cet article s'inscrit dans le débat islamo-chrétien au sujet de la crucifixion. Voir également http://christianisme.skynetblogs.be/post/6081015/temoins-...)

 

apocryphesSous le titre provocateur « Jésus n’a pas été tué », un exégète amateur musulman publie ses fantasmes sur le site de video dailymotion.

Parmi ses arguments, il a dégoté une phrase ambiguë dans le livre apocryphe « actes de Jean ».

Tous les textes chrétiens, apocryphes y compris, sont unanimes pour affirmer la crucifixion de Jésus.  Les « actes de Jean » ne font pas exception à la règle. Et pourtant, le manipulateur y a extrait ce verset où Jésus dit : « je ne suis pas non plus celui qui est sur la croix ».

Tout naïf tomberait dans le panneau croyant tenir là un texte contredisant la foi chrétienne, alors qu’au contraire, ce texte soutient l’importance de la crucifixion.

 

Cette phrase, issue du verset 99, est sortie de son contexte.

Remplaçons-le dans son contexte et lisons les versets 97 à 99 de ce livre (qui, je le rappelle, est apocryphe)

97. Après avoir dansé cette danse avec nous, bien-aimés, le Seigneur s’en alla. Et nous, comme des gens égarés et séparés de leur maître, nous fuîmes qui d’un côté qui d’un autre. Quand à moi, l’ayant vu souffrir, je n’assistai pas non plus à sa passion, mais je m’enfuis sur le mont des Oliviers, pleurant sur ce qui s’était passé. Et, lorsque le vendredi, jour de la préparation, il fut suspendu à la croix, à la sixième heure du jour, il y eut des ténèbres sur toute la terre. Et mon Seigneur, se tenant au milieu de la caverne, l’illumina et dit : “Jean, je suis crucifié par la foule d’en bas à Jérusalem et suis percé de lances et de roseaux et je suis abreuvé de vinaigre et de fiel. Je te le dis, et écoute ce que je dis. C’est moi qui t’ai mis dans l’esprit de monter sur ce mont pour que tu entendes ce qu’il faut que le disciple apprenne du maître, et l’homme, de Dieu.”

98. Sur ce, il me montra une croix bien compacte de lumière et autour de la croix une foule nombreuse qui ne présentait pas un seul aspect. Mais dans la croix il n’y avait qu’un seul aspect et une seule ressemblance. Le Seigneur lui-même, je le voyais au-dessus de la croix n’ayant pas une figure, mais seulement une certaine voix, une voix qui n’était pas celle qui était habituelle, mais douce et gentille et vraiment une voix de Dieu, qui me disait : “Jean, il faut qu’il y en ait un qui entende ces choses de moi : j’ai besoin d’un auditeur qui doive m’entendre. Cette croix de lumière est appelée tantôt par moi Verbe à cause de vous, tantôt Intellect, tantôt Jésus, tantôt Christ, tantôt Porte, tantôt Chemin, tantôt Pain, tantôt Semence, tantôt Résurrection, tantôt Fils, tantôt Père, tantôt Esprit, tantôt Vie, tantôt Vérité, tantôt Foi, tantôt Grâce. Elle est appelée de ces noms en tant que par rapport aux hommes. Mais ce qu’elle est en réalité, en tant que conçue en elle-même et dite par rapport à nous, elle est la séparation de toutes choses et la ferme élévation de choses composées d’éléments instables, et l’harmonie de la sagesse, une sagesse consistant en harmonie. Il y a des lieux à droite et à gauche, des Puissances, des Autorités, des Principes et des Démons, des Energies, des Menaces, des Colères, des Diables, Satan et la racine d’en bas, de laquelle est issue la nature des choses qui viennent à l’être.

99. Telle est donc la croix qui d’une parole a fixé le Tout et qui a séparé les choses issues de la génération et les choses plus basses, qui ensuite a tout combiné en une même unité. Cette croix n’est pas la croix de bois que tu dois voir en descendant d’ici ; et je ne suis pas non plus celui qui est sur la croix, qu’à cette heure tu ne vois pas, dont tu entends seulement la voix. J’ai été pris pour ce que je ne suis pas, n’étant pas ce que j’étais aux yeux de beaucoup d’autres, mais une autre chose. Ils me nommeront une chose vile, indigne de moi. De même donc que le lieu du repos n’est pas vu et qu’on ne parle pas de lui, à bien plus forte raison le Seigneur de ce lieu ne sera pas vu et l’on ne parlera pas de lui.

 

 

Donc dans le verset 97, Jésus affirme être crucifié par la foule à Jérusalem  « Et mon Seigneur, se tenant au milieu de la caverne, l’illumina et dit : “Jean, je suis crucifié par la foule d’en bas à Jérusalem et suis percé de lances et de roseaux et je suis abreuvé de vinaigre et de fiel." »

Mais le verset 99 évoque une autre croix, une croix de lumière surmontée de la voix de Dieu décrite au verset 98, qu’il distingue de la croix d’« en bas » : « Cette croix n’est pas la croix de bois que tu dois voir en descendant d’ici ; et je ne suis pas non plus celui qui est sur la croix, qu’à cette heure tu ne vois pas, dont tu entends seulement la voix. »

 

Lisons également le dernier verset :

Verset 115. Et, ayant fait sur lui le signe de la croix, il se dressa debout tout entier et dit : “ Tu es avec moi, Seigneur Jésus-Christ. ”

Faire le signe de croix est typique de l’église catholique et d’écrits tardifs, mais quoiqu’il en soit, cela représente bien l’importance que la crucifixion a dans le christianisme.

 

Ce texte apocryphe est très confus et explique de manière un peu maladroite la double nature du Christ (Jésus-homme et Jésus-Dieu) en décrivant la crucifixion de Jésus-homme sur croix de bois à Jérusalem et une croix de lumière assimilée à Dieu (« voix de Dieu », « appelée tantôt Fils, tantôt Père, tantôt Esprit ») sur laquelle Jésus-homme ne se trouve pas.

 

Il faut vraiment être malhonnête pour tenter de duper les gens en extrayant un morceau de verset parmi tous ces textes et en détourner le sens.

L’ensemble des textes chrétiens confirme la crucifixion.  Tout cela me conforte dans l’idée que l’islam ne tient pas sur des bases solides.

06/12/2007

Les Apocryphes du Nouveau Testament

Les Apocryphes du Nouveau Testament

Il n’y a rien d’étonnant ou de choquant à ce que des textes de diverses origines sur Jésus et la foi chrétienne aient circulé depuis le commencement.

Différences entre livres apocryphes et canoniques

Les Evangiles dits apocryphes se démarquent des textes apostoliques sur plusieurs points :

- ils répondent à la curiosité humaine en inventant les histoires que les Evangiles n’ont pas traité (l’enfance de Jésus, par ex., qui contient des histoires peu crédibles) ;

- ils contiennent des notions théologiques tardives (comme le titre de Mère de Dieu- theotokos dans le Protévangile de Jacques, titre datant du concile d’Ephèse au Ve s.) ;

- ils contiennent des notions contraires au Nouveau Testament ;

- ils sont tous pseudépigraphiques, c’est-à-dire faussement attribués à un auteur connu.

Origine des textes apocryphes

Un certain nombre de lettres et d’Evangile pseudépigraphiques (empruntant le nom de quelqu’un d’autre) circulaient dans les églises en même temps que les écrits des apôtres. Mais la plupart des Evangiles apocryphes étaient en copte et avait cours en Egypte parmi des groupes gnostiques. Au IIe s., les églises commencèrent à écarter ce qu’elles n’acceptaient pas comme vraiment apostolique. C’est justement à cette époque que les gnostiques fleurirent parmi les chrétiens et obligèrent les églises à se positionner sur certains points de doctrine ainsi que sur le canon des Ecritures.

 

Article de l’Encyclopedia Britannica (Titre : Apocrypha): « Tous les apocryphes du Nouveau Testament sont pseudépigraphes… Les mouvements hérétiques gnostiques et montanistes ont produit un grand nombre de pseudépigraphes du Nouveau Testament. L’apparition de ces nombreux écrits a provoqué le processus de canonisation des livres saints au sein de la jeune église chrétienne. »

Définition des apocryphes

Le terme apocryphe signifie secret en grec (apokruphos). Il est employé principalement par les gnostiques qui basaient leurs croyances et leurs pratiques sur l’occulte, l’ésotérique, les mystères. Pour eux, la connaissance salvatrice passait par des secrets révélés par des éons, des esprits angéliques, voire des dieux. On trouve au IIe s. par exemple Le Livre Secret de Jean qui explique la mythologie gnostique sous la forme d’une révélation de Jésus ressuscité à l’apôtre Jean.

 

Les évangiles apocryphes sont des textes qui copient et modifient les Evangiles apostoliques, comme l’Evangile selon Marcion (un croyant semi-gnostique du IIe siècle) par ex., qui modifie l’Evangile selon Luc.

 

Les évangiles apocryphes ressemblent aussi aux Targums juifs (développement libre du texte biblique) quand ils proviennent de groupes nazaréens comme les Ebionites.

 

Les Actes apocryphes, loin d’atteindre le degré de précision historique du livre de Luc, étaient des récits épiques et romancés destinés à enthousiasmer le lecteur populaire.

 

Nombreux textes dans les 7 premiers siècles au sujet de Jésus.

 

Il existait notamment un recueil de paroles de Jésus appelé Jesu logia (rapporté par Eusèbe de Césarée dans son Histoire Ecclésiastique, III, 39,16 et citant Papias).

 

Parce que différents groupes philosophiques et religieux se réclamant de Jésus.

 

Les apocryphes du Nouveau Testament imitent le style du Nouveau Testament et se regroupent sous 4 formes : les Evangiles, les Actes, les Epitres et les Apocalypses.

 

22 Evangiles apocryphes du IIe (12 en latin et 10 en grec)

 

15 Actes

 

10 Epitres

 

6 Apocalypse

 

[voir tableau http://pascal.dupuy.chez-alice.fr/Apocryphes/Les_Apocryph...]

 

Trois thèmes prédominent : 1) histoire de Marie et Joseph 2) enfance de Jésus 3) histoire de Pilate

 

Les plus connus sont l’Evangile selon Jacques, l’Evangile selon Nicodème (ou Les Actes de Pilate), l’Evangile selon Pierre, et plusieurs Apocalypses.

 

37 manuscrits et 5 fragments en langue copte (tirés probablement d’originaux grecs) ont été découverts en 1946 à Nag Hammadi (près de Louxor, Egypte).

 

Aucun n’est daté avant le IIe siècle. Il n’y a que le Jesus Seminar pour dater l’Evangile de Thomas des années 50 de notre ère, soit avant les Evangiles canoniques. Cela me paraît impossible à cause des faits suivants :

 

            - Le fragment le plus ancien de l’Evangile de Thomas, le Papyrus Oxyrhynchos 1, date de 200 environ.

            - La mention la plus ancienne de cet écrit vient d’Hippolyte qui en parle au IIIe s (entre 222 et 235)

            - L’Evangile de Thomas contient des phrases tirées des autres évangiles.

La dominante gnostique des apocryphes

La plupart de ces textes proviennent de groupes gnostiques égyptiens. Les éléments gnostiques (dualisme et docétisme) s’y retrouvent souvent.

 

Par exemple, dans l’Evangile de Pierre (dont Bouriant a découvert un fragment en 1886 à Akhmîn en Egypte), Jésus semble ne pas souffrir (IV, 10) et il ne meurt pas mais est enlevé (V, 19). Cela correspond au docétisme gnostique qui enseignait que Jésus n’était pas vraiment humain et n’avait qu’une apparence humaine (docétisme vient du grec dokeo = imaginer).

 

L’Evangile selon Thomas commence ainsi : « Voici les paroles secrètes que Jésus le vivant a dites et qu’a écrites Didyme Jude Thomas. Logia 1 : Et celui qui trouvera l’interprétation de ces paroles ne goûtera point la mort. » Cette idée de secret réservé à une élite est tout à fait gnostique et s’oppose aux livres du Nouveau Testament qui affirment que les mystères de Dieu ont été révélés et ne sont plus secrets (ex. : Epitre de Paul aux Romains 16/25-26).

Evaluation des paroles apocryphes de Jésus

Eusèbe de Césarée parle dans son Histoire Ecclésiastique de Papias, évêque de Hiérapolis au IIe siècle qui aurait compilé des paroles de Jésus (Exposition des Oracles de Jésus) auprès des témoins oculaires. Son texte a malheureusement été perdu et ne doit pas être confondu avec l’Evangile de Thomas. F.F. Bruce considère, au vu des extraits cités par des auteurs grecs, que ces oracles de Jésus rapportés par Papias n’apportent rien de plus au Nouveau Testament.

 

L’Evangile de Thomas, qui contient 114 paroles attribuées à Jésus, contredit à plusieurs reprises les autres textes du Nouveau Testament.

 

·  La parole 114 est carrément misogyne : « Simon Pierre leur dit : Que Marie sorte du milieu de nous car les femmes ne sont pas dignes de la Vie. Jésus dit : Voici que je la guiderai afin de la faire mâle, pour qu’elle devienne, elle aussi, un esprit vivant semblable à vous, mâles. Car toute femme qui se fera mâle entrera dans le royaume des cieux. »

 

·  La parole 77 est panthéiste : « Jésus a dit : je suis la lumière qui est sur eux tous. Je suis le Tout : le Tout est sorti de moi, et le Tout est arrivé à moi. Fendez du bois : je suis là ; levez la pierre et vous me trouverez là. »

 

·  De nombreuses autres paroles, par contre, sont des citations directes des Evangiles canoniques, souvent sorties de leur contexte, preuve qu’elles sont reprises et non antérieures aux Evangiles canoniques.

Formation du canon

Dès le IIe siècle circulait une abondante littérature dans les églises qui citait les livres du Nouveau Testament. C’est Tertullien qui, vers 200 après J.C., forgea l’expression « Nouveau Testament » (littéralement Nouvelle Alliance – comp. Hébreux 12:24).

 

Une majorité d’historiens et de papyrologues confirment que tous les livres du Nouveau Testament étaient écrits à la fin du 1er siècle et largement copiés et répandus au cours du IIe siècle. « L’Epitre aux Corinthiens de Clément de Rome, datée autour de 95, contient des citations de nombreux livres du Nouveau Testament : Matthieu, Marc, Luc, Romains, Galates, Philippiens, Ephésiens, et probablement Hébreux, Actes, Jacques et 1 Pierre » (Bruce Metzger, The Canon of the New Testament, 1987).

 

Sur quels critères a-t-on choisi les livres du Nouveau Testament ?

 

Pour être intégré à la collection des livres du Nouveau Testament, un écrit devait:

 

1°) provenir des apôtres

 

2°) ne pas contredire leur enseignement et celui de Jésus.

 

3°) confirmer les écrits de l’Ancien Testament

 

Qui décidait d’inclure tel ou tel livre ?

 

Personne en particulier. Les lettres des apôtres et les quatre Évangiles étaient lus et commentés dans toutes les églises, en plus de l’Ancien Testament. Dans certaines églises, on y lisait aussi l’Épître de Clément de Rome ou celle de Barnabas. Les grands écrivains chrétiens citaient abondamment le Nouveau Testament pour défendre leur foi.

 

C’est seulement en 393 à Hippo et en 397 à Carthage que des Conciles conduits par Augustin ratifièrent le choix faits par les églises depuis près de deux cents ans en fixant officiellement la liste des livres du Nouveau Testament. Il est intéressant de noter que les églises d’Orient, indépendantes de celles d’Afrique du Nord où se réunirent les conciles, possédaient le même canon, à une exception près, le livre de l’Apocalypse de Jean, controversé par des hérétiques.

 

A la fin du IIIè siècle, en effet, il y eût quelques doutes émis sur l’inspiration de l’Apocalypse de Jean. En fait, les partisans d’une nouvelle doctrine sur la fin des temps voulaient écarter l’Apocalypse du Canon pour laisser libre cours à leur enseignement erroné. Mais ils ne purent y réussir parce que l’Apocalypse est le livre le plus confirmé et attesté par l’Église primitive.

Des Evangiles à Qumran ?

Certains affirment que les grottes de Qumran contenaient des Evangiles cachés. Ceci est totalement faux.  Le jésuite José O’Callaghan a prétendu avoir découvert un fragment de l’Evangile selon Marc dans la grotte 7, mais cela n’a rien à voir avec un Evangile perdu. Il n’y a que 2 sortes d’Evangiles : les Evangiles écrits par les disciples de Jésus, Matthieu, Marc, Luc et Jean, et les Evangiles écrits plus tard par des faussaires.

Conclusion sur les apocryphes

Les apocryphes du Nouveau Testament diffèrent et ressemblent à la fois aux écrits du Nouveau Testament :

  • diffèrent quant à la hauteur de vue : ils n’atteignent jamais l’inspiration des textes sacrés.
  • diffèrent quant à l’étendue des informations : ils ne décrivent pas les actions de Jésus comme le font les Evangiles, ils ne contiennent pas d’instructions doctrinales pour les fidèles comme le font les Epitres.
  • ressemblent quant à certaines paroles de Jésus : un certain nombre semblent directement prises sur les 4 Evangiles écrits un siècle avant au moins.
  • ressemblent en tant que copies humaines : Evangiles, Actes, Apocalypses, noms d’apôtres, style littéraire oriental…

Les apocryphes du Nouveau Testament n’ajoutent ni ne retranchent rien aux croyances cardinales du Christianisme.

  • ils ne trahissent pas de doctrine secrète cachée jusque-là.
  • ils n’enlèvent rien à la personne centrale de Jésus le Messie.
  • ils n’enlèvent rien à l’œuvre de Christ, sa naissance, sa mort et sa résurrection.
  • ils citent les 4 Evangiles (sans les nommer) et y ajoutent des paroles de Jésus ou des récits légendaires.
  • Le Protévangile de Jacques, qui raconte l’enfance de Marie, et le Transitus Mariae, qui raconte l’assomption de Marie, contribuent il est vrai à faire de la mère de Jésus une personne plus importante que dans le Nouveau Testament où elle est peu présente. Cette vénération de Marie est historiquement une déviation absente chez les premiers chrétiens.

La rumeur du complot mis en place par les chefs de l’ Eglise pour cacher aux croyants certaines vérités ne tient pas devant un examen historique sérieux.

 

Les apocryphes sont intéressants pour la curiosité, mais n’apportent rien de nouveau, rien de spirituel et rien de fiable, comparés aux écrits denses et profonds du Nouveau Testament.

 

De plus, étant des mensonges pieux (ils sont faussement attribués à des apôtres ou des témoins oculaires de la vie de Jésus alors qu’ils datent au minimum du IIe siècle), ils ne sont pas dignes d’entrer dans le canon du Nouveau Testament.

 

 

02/05/2007

L’évangile de Barnabé : une fraude au service de l’Islam.

barnabéL’évangile de Barnabé : une fraude au service de l’Islam.

Dans mon précédent post, j’évoque l’évangile apocryphe de Barnabé.  Quelques explications supplémentaires s’imposent.

Évangile apocryphe de Barnabé

« L'évangile de Barnabé » est un ouvrage désireux de décrire la vie de Jésus et qui aurait été rédigé par son disciple Barnabé. Les deux manuscrits les plus anciens écrits en italien et espagnol ont été datés de la fin du XVIe siècle, mais du texte espagnol il ne subsiste qu'une copie du XVIIIe siècle. Le manuscrit italien comprend 222 chapitres, dont l'essentiel décrit le ministère de Jésus. Sous plusieurs aspects, mais non tous, il est conforme à l'idée que se font les musulmans de la Bible, si bien que son authenticité et l'histoire du texte font toujours l'objet de controverses.

Cet Évangile est considéré par la majorité des érudits (dont des chrétiens et quelques musulmans) comme une fraude pieuse, tardive et pseudépigraphique; (pseudépigraphie = attribution à un personnage prestigieux du passé d'un texte écrit longtemps après lui et mis ainsi sous son autorité) cependant, quelques-uns suggèrent qu'il pourrait contenir quelques restes d'un travail apocryphe précédent, créé pour se conformer à l'Islam, ou peut-être gnostique (Cirillo, Ragg), ébionite (Pines) ou diatessaronique (Joosten) ; quelques érudits musulmans le considèrent comme authentique. Certaines organisations islamiques le citent pour appuyer la conception islamique de Jésus ; leur point de vue sera étudié ci-dessous.

Histoire de l'ouvrage

L'évangile selon Barnabé est mentionné dans deux listes chrétiennes de livres apocryphes : le Decretum Gelasianum (dont l'attribution au pape Gélase Ier est apocryphe) ainsi que dans la Liste des 60 livres du VIIe siècle. Ces deux listes ont été établies par des témoins indépendants, mais il n'est pas assuré que les auteurs ont pu se rendre compte de visu de la réalité des ouvrages référencés. Dans les deux cas, l'Évangile selon Barnabé est mis en relation avec un Évangile de Matthias.

On ne doit pas confondre cet ouvrage avec les « Épîtres selon Barnabé », qui ont probablement été écrits au deuxième siècle. Il n'y a aucun lien entre les deux livres que ce soit dans le style, le contenu ou l'histoire, sinon leur attribution supposée à Barnabé. En ce qui concerne la circoncision, les deux auteurs adoptent un point de vue totalement différent : alors que l' « épître » rejette les pratiques judaïques, l' « évangile », lui, est en faveur des pratiques musulmanes. Ni l'un ni l'autre ne peuvent être confondus avec « les Actes de Barnabé » qui racontent l'histoire des voyages de Barnabé le martyr et son enterrement ; on pense que ce dernier a été écrit à Chypre un peu après 431.

En 478, durant le règne de l'empereur Zénon 1er, l'archevêque Arthémios de Chypre annonça que l'endroit où Barnabé avait été enterré en secret lui avait été indiqué en songe. On prétend que le corps du saint a été découvert avec sur sa poitrine une copie de l'évangile selon Mathieu ; c'est ce que dit le récit contemporain de Théodore Lector, qui a peut-être été présent quand les os et l'évangile ont été présentés par Arthémios à l'empereur. Quelques érudits qui défendent l'antiquité de l'évangile de Barnabé proposent que le texte qui aurait été découvert en 478 soit identifié à l'évangile de Barnabé, mais aucun témoignage de l'époque ne vient appuyer cette proposition. Selon une tradition médiévale conservée dans le monastère de Sumela au sud de Tébizonte, les reliques ont été offertes à ce monastère par Justinien, mais ont été perdues un siècle plus tard quand des forces persanes ont occupé les Alpes Pontiques au cours de leurs campagnes contre Héraclius.

En 1986, on a prétendu pendant peu de temps qu'une première copie syriaque de cet évangile avait été trouvée près de Hakkari (cf. Hamza Bektaş in İlim ve Sanat Dergisi de Mars-Avril 1986, et «Türkiye» du 25 juillet 1986, « Barnabas Bible Found », in Arabia 4/1985/ 1405/ No. 41/ Jan.-Févr./ Rabi Al-Thani, p. 46, « Original Bible of Barnabas Found in Turkey » in The Minaret 12, 3; 1.+ 16 avril, 1985, n.p.)  Par la suite cependant, on a fait savoir que ce manuscrit ne contenait en réalité que la Bible canonique (Ron Pankow, « The Barnabas Bible? », in : Arabia< 1985/1405//Mars-Avril/ Rajib, n.p.)

La plus ancienne mention d'un livre dont on s'accorde à penser qu'il se réfère à l'un des deux manuscrits connus, se retrouve dans un manuscrit morisque, BNM MME 9653, à Madrid, écrit vers 1634 en Tunisie par Ibrahim al-Taybili. En racontant comment, à son avis, la Bible prédit la venue de Muhammad, il parle de « l'Évangile de saint Barnabé où on peut trouver la lumière » (« y asi mesmo en Evanjelio de San Barnabé donde se hallara luz »). Il a été mentionné une autre fois en 1718 par le déiste irlandais John Toland et a été mentionné en 1734 par George Sale dans The Preliminary Discourse to the Koran :

Les Musulmans disposent également d'un Évangile en arabe, attribué à saint Barnabé, où l'histoire de Jésus-Christ est racontée d'une manière très différente de ce que nous trouvons dans les Évangiles canoniques. De cet Évangile les Morisques en Afrique ont une traduction en espagnol ; et il existe dans la bibliothèque du prince Eugène de Savoie, un manuscrit assez ancien, contenant une traduction italienne du même Évangile, composé, à ce qu'on suppose, à l'usage des renégats. – Le Discours Préliminaire au Coran, p. 79.

Tout cela semble se rapporter aux versions des deux manuscrits connus : l'italien et l'espagnol.

 

 

Lire également :

http://christianisme.skynetblogs.be/post/6025452/coran-vs...

16/03/2007

Apocryphe : les livres des Maccabées

Apocryphe :les livres des Maccabées

 

Les livres des Maccabées : textes apocryphes (non inspiré de Dieu) inclus au canon catholique.

Une petite étude qui permettra d’introduire un prochain sujet.

 

Jadis on a regardé comme canoniques tantôt un, tantôt deux ou trois. Ou même quatre livres des Maccabées. Le quatrième est perdu. Les trois autres sont de mérites très divers, et d'auteurs bien différents. Les deux premiers sont inclues dans la Bible Catholique.

 

Le premier est une histoire des persécutions souffertes par les Juifs, de l'an 175 avant Jésus-Christ à l'an 135. Cette histoire a été écrite après l'événement en hébreu, par un Juif connaissant très bien son pays, et très mal les nations étrangères. Il a quelque valeur historique.

 

Le second raconte les mêmes événements et, de plus, la profanation du temple par Séleucus Philopator. C'est, du moins en grande partie, l'ouvrage d'un auteur inconnu, sûrement postérieur à Jésus-Christ. Cet écrivain trahit une extrême ignorance de l'histoire. Il contredit le premier livre des Maccabées ; il contredit également des lettres officielles, peut-être authentiques, placées en tête de son ouvrage, mais probablement par main étrangère. Il a beaucoup moins de valeur historique que le premier livre.

 

Ces livres abondent tous deux en inexactitudes et en contradictions, aussi bien que les autres apocryphes. On fait régner Darius sur la Grèce (1 Macc. 1. 1, texte grec), ce qui est contraire à l'histoire, Alexandre partage de son vivant son royaume à généraux (1 Macc. 1. 6), ce qui est aussi contraire à l'histoire. On prétend à tort qu'Antiochus fut fait prisonnier par les Romains (Macc. 8. 7 - 8). Il y a un ramassis d'assertions fausses (1 Macc. 8. 1- 16). D'autres portions sont tout à fait fausses (1 Macc. 10. 1 ; 12. 7). Enfin, ces livres se contredisent entre eux, comme on peut le voir en comparant divers passages (1 Macc. 6. 17. avec 2 10. 11 ; 1 Macc. 7, avec 2 Macc. 14. 15 ; 1 Macc. 6..8-3, avec 2 Macc.10. 11 ; 1 Macc. 7, avec 2 Macc. 14. 15 ; 1 Macc. 6. 8-13, avec 2 Macc. 1. 13 et suivants)., Ils font mourir le même roi de trois manières différentes (1 Macc. 6. 16 ; 2 Macc. 1. 16 ; 9. 28). Le suicide est loué (2 Macc. 14. 37-46), en opposition à la Parole de Dieu, qui dit : " Tu ne tueras point ". (Exode 20. 13)

1er livre des Maccabées : http://www.biblia-cerf.com/BJ/1m.html

2ème livre des Maccabées : http://www.biblia-cerf.com/BJ/2m.html

 

 

Le troisième rapporte des événements antérieurs aux précédents, à savoir, l'entreprise de Ptolémée Philator contre le temple de Jérusalem et contre les Juifs d’Alexandrie. L’auteur ne peut être qu'un Juif égyptien au style mystique et emphatique. Ce livre, plus fabuleux qu'historique n’a été connu qu’assez tard de l'Église grecque, et n’a jamais été reçu par l’Eglise latine.

 

Le quatrième racontait les exploits de Jean Hyrcan, 135-107 ans avant Jésus-Christ.

 

Si l'on voulait placer ces quatre livres selon l’ordre chronologique des événements, ils se suivraient ainsi : 1) le troisième livre ; 2) le second livre ; 3) le premier livre, et enfin, 4) le quatrième livre ; mais il n'existe entre eux aucune liaison ni aucune suite.

 

Les fausses doctrines et les contradictions contenues dans les apocryphes prouvent à l'évidence que ces livres ne peuvent être le langage de l'Esprit de vérité, de sagesse et de sainteté : savoir, la Parole même de Dieu !