25/08/2010

L'Iran veut imposer le silence aux anciens musulmans devenus chrétiens

Iran : Les autorités veulent imposer le silence aux anciens musulmans devenus chrétiens
Par Paul Ohlott
Source : TopInfo

Eglise en IranLe 18 juillet dernier, selon le Farsi Christian News Network (FCNN), 15 chrétiens d’origine musulmane ont été arrêtés à Mashad, alors qu'ils se rendaient à Bojnoord dans le but de rencontrer d'autres chrétiens.

Les 15 occupants du minibus ont été interrogés par la police. Finalement, treize d'entre-eux ont été relaxés au bout d'une semaine, contre le paiement d'une caution et la signature d'un document dans lequel ils s'engagent à ne pas faire état de leur croyance.

Stéphane Reza, 48 ans, marié et père de deux enfants, ainsi que Ehsan Behrooz, étudiant de 23 ans, auraient quant à eux refusé de signer ce document et sont toujours détenus.

Pour l'ONG Portes Ouvertes, cette pression vise à «enrayer la progression du Christianisme». Les autorités iraniennes redoutent par dessus-tout que «les convertis d'origine musulmane expliquent à leurs compatriotes pourquoi ils ont quitté l'Islam».

Par ailleurs, FCNN rapporte également que «le chef d'une secte chrétienne» intitulée «Jésus seul» a été arrêté et serait maintenu en détention depuis le mois de juin.

Paul OHLOTT

09/08/2010

L’Eglise catholique face au défi des évangéliques

L’Eglise catholique face au défi des évangéliques



Le dernier numéro des « Documents Épiscopat » s’interroge sur le défi que représente pour l’Église catholique le succès des nouvelles formes de christianisme, en particulier les courants évangéliques et pentecôtistes

Les Églises évangéliques et pentecôtistes rassembleraient aujourd’hui 400 millions de personnes dans le monde. Cette montée en puissance du « christianisme de conversion » interroge les Églises traditionnelles, en perte de vitesse depuis quarante ans. « Faut-il changer de style et prendre ces nouvelles communautés pour modèle ? », s’interroge le dernier numéro des Documents Épiscopat (1), le bulletin du secrétariat de la Conférence des évêques de France.

Installé depuis quinze ans en banlieue, à Cergy (Val-d’Oise) puis maintenant à Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis), son auteur, le P. Étienne Grieu, a constaté le pouvoir d’attraction de ces courants. « À Cergy, j’ai connu plusieurs catholiques devenus évangéliques et pourtant je trouvais la paroisse catholique là-bas très vivante. Cela m’a posé question », raconte le jésuite, qui a également observé l’expansion évangélique au cours d’un séjour en Amérique latine en 2003-2004.

Ce succès, il l’attribue à cinq grands traits distinctifs : une prédication tranchante (avec des messages clairs comme « Le Christ te sauve », « Dieu peut transformer ta vie »), l’importance donnée à la conversion personnelle, le souci de marquer la différence chrétienne, l’accent mis sur le témoignage, et enfin des communautés à l’ambiance chaleureuse et fraternelle. Autant de caractéristiques qui honorent la subjectivité du croyant, là où nos contemporains jugent souvent les Églises traditionnelles trop « institutionnelles ».

"Réveiller les trésors enfouis"

Pour autant, « la frontière n’est pas étanche entre ces deux types de christianisme », tempère le P. Grieu, qui cite le succès des mouvements charismatiques au sein de l’Église catholique, mais aussi des courants traditionalistes sensibles à l’expérience personnelle, à des repères clairs et forts et « peu soucieux, finalement, des logiques institutionnelles ».

Dès lors, le défi majeur pour l’Église catholique est selon lui d’entendre la soif spirituelle qui s’exprime dans ces nouvelles formes du christianisme sans pour autant tomber dans leurs travers, en cédant par exemple à la tentation d’une vision simpliste du monde ou d’un repli sur soi sectaire. « Nos Églises traditionnelles ne doivent pas se satisfaire seulement de la présence des gens aux événements qu’elles organisent mais elles doivent aider chacun à vivre une relation personnelle avec le Christ », préconise Étienne Grieu.

Pour l’Église, cela implique par exemple de « réveiller les trésors enfouis » que sont ses grandes traditions spirituelles (augustinienne, bénédictine, franciscaine, carmélitaine, ignatienne…). Loin de conclure à la fin du modèle « multitudiniste » (une Église accueillant toute personne professant Jésus-Christ), le document esquisse des pistes pour sa « laborieuse et difficile réinvention ».

Céline HOYEAU