18/01/2008

A, b, c, d,...

Enfant brésilien2A, b, c, d... Auteur : Paulo Coelho – Contes de Noël brésiliens

 

« La Foi est toujours vivante dans le cœur des hommes » se dit le curé en voyant l’église bondée. C’était des ouvriers du quartier le plus pauvre de Rio de Janeiro, réunis cette nuit-là avec un seul objectif en commun : la messe de Noël. Il en fut tout réconforté. D’un pas digne, il gagna le milieu de l’autel.  «A, b, c, d… » C’était, semblait-il, un enfant qui perturbait la solennité de l’office.

Les assistants regardèrent derrière eux, mécontents. Mais la voix continuait : « A, b, c, d… » « Arrêtez » ! dit le curé. Le gamin parut s’éveiller d’une transe. Il lança un regard craintif autour de lui et son visage s’empourpra de honte.    « Qu’est-ce tu fais ? Tu ne vois pas que tu troubles nos prières ? » Le gamin baissa la tête  et les larmes coulèrent sur ses joues.

« Où est ta mère? » insista le curé. « Elle ne t’a pas appris à suivre une messe ? ». Tête basse, le gamin répondit : « Excusez-moi, mon Père, mais je n’ai pas appris à prier. J’ai été élevé dans la rue, sans père ni mère. Aujourd’hui, c’est Noël et j’avais besoin de causer avec Dieu. Je ne connais pas la langue qu’il comprend, alors je dis les lettres que je sais. J’ai pensé que, là-haut, il pourrait prendre ces lettres et s’en servir pour former les mots et les phrases qui lui plaisent.

Le gamin se leva. « Je m’en vais », dit-il. « Je ne veux pas gêner les personnes qui savent si  bien communiquer avec Dieu ». « Viens avec moi », répondit le curé. Il prit le gamin par la main et le conduisit à l’autel. Puis il se tourna vers ses fidèles. « Ce soir, avant la messe, nous allons réciter une prière spéciale. Nous allons laisser Dieu écrire ce qu’Il veut entendre.

Chaque lettre correspondra à un moment de l’année, où nous réussirons à faire une bonne action, à lutter avec courage pour un rêve ou à dire une prière sans un mot. Nous allons Lui demander de mettre en ordre les lettres de notre vie. Nous allons former des vœux afin que ces lettres Lui permettent de créer les mots et les phrases qui Lui plaisent. Les yeux fermés, il se mit à réciter l’alphabet. Et, à son tour, toute l’église répéta : « A, b, c d … »

 

Ce conte nous fait comprendre qu’il n’y a pas de nécessité à connaître des mots compliqués ni même d’avoir appris des textes pour avoir une « conversation » avec Dieu, mais un désir qui vienne du cœur. De plus cette histoire nous rappelle que, trop souvent, les prières sont faites dans le but d’obtenir quelque chose, ce petit garçon voulait seulement, malgré sa condition miséreuse, parler avec Dieu. Essayons de nous en souvenir.

 

Commentaires

Bravo
preuve donc que ce n'est ni une doctrine(protestante,catholique,bouddhiste,musulmane,hindouiste), ni un curé ,ni un pasteur qui doit nous mettre les lettres dans l'ordre mais bien le rapport que NOUS avons avec Dieu en tout premier lieu.Et que même si les textes qui sont nés des divers doctrines nous donnent des messages sur Dieu ,les textes ne sont ni Dieu ,ni écrit par lui . Jésus n'a jamais même demandé de mettre quoique ce soit par écrit......
Donc secte,sola scriptura,en dehors de l'église point de salut,etc... sont des futilités.
Il faut être comme cet enfant pour rentrer dans le royaume de Dieu.

Bien à vous.

Écrit par : didier | 2008-01-18 à 08.29:52

Didier - Décidément... Didier,
On peut dire ce que l’on veut, tu trouveras toujours le moyen de cracher sur la Bible...
Tu nous dis de suivre l’exemple de cet enfant, mais tu ne le fais pas !

Je le dis et le répète, je ne jugerai jamais une personne selon ses convictions et selon la manière de parler, mais toute personne sensée a le droit et même le devoir de discuter des enseignements liés à la foi.
Par exemple, tu ne me verras jamais critiquer un musulman parce qu’il prie dans une autre position que moi ou parce qu’il pense différemment. Il agit de bonne foi. Mais par contre, il est normal que s’il me pose des questions, je lui répondrai selon mes convictions. Et si je ne comprends pas ses convictions, il est normal que je pose des questions.

Tu confonds le culte avec le fidèle... Et pour reprendre une expression connue, ce n’est pas parce que tu vois que l’eau du bain est souillée qu’il faut « jeter le bébé avec l’eau du bain ».

Amitiés

Écrit par : Stéphane, Chrétien né de nouveau | 2008-01-18 à 18.54:25

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