10/12/2006

Echange avec Walter Covens sur l'appellation "père"

 Mon refus d'appeler "père" une personne que j'estime devoir considérer comme frère a suscité ce commentaire de la part de Walter Covens :

 Que quelqu'un qui n'est pas catholique ne me dise pas "père" ne me gêne pas. La paternité du prêtre fait partie de la foi catholique. Mais je pose la question: le verset de l'évangile que vous invoquez pour cela vous porte-t-il aussi à ne plus appeler "père" (ou "papa") l'homme qui vous a donné la vie? Pourquoi alor S. Paul rend-il grâce à Dieu de qui "toute paternité" au ciel et sur la terre tire son nom (Ep 3, 15). Et pourquoi lui et saint Jean revendiquent-ils la paternité (et même la maternité) spirituelle par rapport à ceux à qui il écrit? (1 Co 4, 14; 2 Co 6, 13; 3 Jn 1, 4; etc...)

 Ensuite, ce sont bien les pensées, les paroles et les actes dont l'être humain est responsable, que ce soit en matière d'homosexualité ou en d'autres matières, et pas les tendances, ou les tentations. Jésus lui-même a été tenté de diverses manières, mais il n'a pas péché.

 Ce qui est dangereux, c'est de prendre les ténèbres pour la lumière et la lumière pour les ténèbres: "Malheur à ceux qui appellent le mal bien et le bien mal, qui font des ténèbres la lumière et de la lumière les ténèbres, qui font de l'amer le doux et du doux l'amer" (Is 5, 20). Approuver ceux qui font le mal est pire que de commettre ce mal (en reconnaissant que c'est mal) (cf. Rm 1, 32). Alors on se met même à se vanter à se glorifier de ce que l'on fait, en faisant passer cela pour de la sincérité, de l'humilité, du refus de l'hypocrisie. C'est l'ostentation du péché, qui est pire que l'hypocrisie. Car en cachant son péché, l'hypocrite montre au moins qu'il reconnaît la supériorité du bien sur le mal. Celui qui affiche son péché, lui, montre une sourde révolte. "Leur complaisance témoigne contre eux, ils étalent leur péché comme Sodome. Ils n'ont pas dissimulé, malheur à eux! car ils ont préparé leur propre ruine" (Is 3, 9). "Pourquoi te prévaloir du mal, héros d'infamie, tout le jour" (Ps 52, 3)? Par de subtiles distinctions (je ne  parle pas seulement de l'homosexualité) on en arrive à faire l'apologie ouverte du péché, et pour se donner bonne conscience on accuse l'Église de tous les maux. "Tout ceci est exprimé de manière ambiguë, par des affirmations contradictoires, en sorte que l'on pourra toujours faire marche arrière et ne pas se compromettre, car cela obligerait à prendre ses propres responsabilités et à abandonner ne situation où, entre-temps, on s'est confortablement installé" (R. Cantalamessa).

http://pere-walter-covens.skynetblogs.be/ 

Père Walter

 

Merci Walter pour ce message.

Le verset 9 de Matthieu 23 est précédé du 8 qui dit : « Mais vous, ne vous faites pas appeler Rabbi; car un seul est votre Maître, et vous êtes tous frères. » Lorsque qu’il poursuit par l’appellation père, c’est à nouveau pour se refuser à donner un titre de supériorité à nos frères.

J’ai pris l’habitude d’appeler papa mon géniteur, oui, car « tu honoreras ton père et ta mère ».  Mais aucune autre personne, pas même le pape, ne recevras ce titre de ma part.

 Les versets auxquels vous faites allusions évoquent juste le mot « enfants » (sans utiliser le mot père) qui est traduit du grec « teknon ». Les enfants de Dieu, dans l'AT, c'est "le peuple d'Israël" qui est spécialement cher à Dieu, et dans le NT, dans les écrits de Paul, ce sont tous ceux qui sont conduits par l'esprit de Dieu et par là étroitement liés à Dieu. Egalement dans le NT, les élèves ou disciples sont appelés enfants par leurs maîtres d'école, car ceux-ci nourrissent leurs esprits et façonnent leurs caractères.

 

 Vous l’avez compris, je ne suis pas catholique, je suis juste chrétien né de nouveau, mais j’ai de nombreux frères dans toutes les communautés.  Il y a des petites divergences qui sont davantage culturelles et donc qui ne nuisent pas à nos bonnes relations.

 

Que Dieu vous bénisse.

 

Walter répond :

Je ne comprends pas très bien votre argumentation pour la paternité. Si vous appelez votre géniteur "papa" ou "père", moi, je n'y vois aucun problème, mais vous, vous manquez de logique avec vous-même. Vous allez à l'encontre du verset de l'Evangile que vous citez tel que vous le comprenez.

Dire que saint Paul et saint Jean appellent les chrétiens leurs enfants, mais qu'ils ne se disent pas leur père est une objection qui ne tient pas la route non plus. Et le grec n'y change rien. Si quelqu'un appele quelqu'un d'autre son enfant, c'est qu'il est son père (ou sa mère) ! Il n'y a pas d'enfant sans père ni de père sans enfant.

Est père celui qui donne la vie. Si c'est la vie physique qui est donnée, c'est une paternité physique qui va durer quelques années; si c'est la vie spirituelle qui est engendrée, il s'agit d'une paternité sprituelle qui est pour l'étenrité.

Mais quelle que soit la forme de paternité humaine, elle est subordonnée à celle de Dieu, Créateur et Rédempteur. Ce que Jésus veut corriger, c'est quand des hommes s'arrogent la paternité au sens absolu et qu'ils ne vivent pas leur paternité en dépendance de celle de Dieu.

Selon cette manière de comprendre, saint Paul n'est pas en contradiction avec Jésus quand il dit que c'est de Dieu que TOUTE paternité tire son nom au ciel et sur la terre.

Tandis que selon votre manière de comprendre vous mettez Jésus en contradiction à la fois avec saint Paul , saint Jean et avec le quatrième commandement, que vous citez, et qui dit d'honorer son père et sa mère. Si on ne peut donner à PERSONNE le nom de père, c'est un commandement dans le vide.

http://pere-walter-covens.skynetblogs.be/

Père Walter

 

Reponse :

Sans doute me suis-je mal exprimé...

Nombre de professeurs disent "mes enfants" à leurs élèves parce qu'ils s'adressent à des d'enfants. Tout comme l'on dit "madame" lorsque l'on s'adresse à une dame (même si ce n'est pas la sienne !) Mais, pour ma part, je ne connais aucun enfant qui ait appelé son professeur "papa" !!!

Ai-je été plus clair ?

 

Maintenant pourriez-vous me donner votre explication du verset 9 de Matthieu 23 ?

 

 

Walter :

Je vous ai donné mon explication de Mt 23, 9 dans mon commentiare précédent. La vôtre ne prend pas en compte le fait que ce contre quoi Jésus s'insurge, ce n'est pas l'usage des mots, mais la recherche des honneurs: "ils aiment recevoir des gens le titre de Rabbi..."

Pour le reste de ce que vous dites, il suffit de regarder un dictionnaire: un même mot a presque toujours plusieurs sens. Le langage humain est analogique. Le sens précis d'un mot dépend du contexte justement, dont vous ne tenez pas assez compte. Vous tirez les mots et les versets en dehors de leur contexte.

Mais même dans le sens où vous l'entendez, parler d'un professeur ou d'un maître serait prohibé par le Christ selon votre exégèse, tout comme parler de "père" pour parler de son géniteur. Vous parlez comme si cela ne valait QUE pour les prêtres. NON !

Encore une fois, cela vous met en contradiction avec vous-même et avec beaucoup de passages de la Bible. Le quatrième commandement qui nous enjoint d'honorer nos parents s'applique aussi au respect que nous devons avoir pour ceux qui nous enseignent.

Quant au mot "enfant", il n'est pas toujours employé dans le sens simplement affectif, comme vous l'insinuez. Quand saint Paul écrit: "mes petits enfants que, dans la douleur, J'ENFANTE à nouveau, jusqu'à ce que Christ soit formé en vous" (Ga 4, 19), ce n'est pas dans le sens où un maître d'école appelle ses élèves: "mes enfants". Saint Paul appelle les Galates ses enfants et il se présente donc à eux comme leur père, puisqu'il dit qu'il les "enfante" à nouveau.

 

Expliquez-moi maintenant

1. pourquoi, malgré Mt 23, 8-9 SELON VOTRE INTERPRÉTATION, vous vous permettez d'appeler père et maître des êtres humains?

2. comment vous interprétez Ep 3, 15 en relation avec Mt 23, 9?

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Père Walter

 

Pour répondre à vos questions :

  1. Je répète : j’appelle père mon géniteur car « tu honoreras ton père et ta mère », c’est un commandement de Dieu.  L’appellation  « maître » s’envisage dans des expressions qui visent des personnes qui maîtrisent une discipline et non d’autres personnes : maître d’œuvre, maître d’armes, maître nageur… Est-ce honorifique que de dire que le maître nageur maîtrise la natation ?? Non c’est sa fonction, son don, et tout le monde a un don.
  2. Ephésiens 3:14-15 LSG : « A cause de cela, je fléchis les genoux devant le Père,  duquel tire son nom toute famille dans les cieux et sur la terre, »

Matthieu 23:9 LSG : « Et n'appelez personne sur la terre votre père; car un seul est votre Père, celui qui est dans les cieux. »

Ces deux versets sont très explicites : un seul est votre Père, celui qui est dans les cieux et duquel tire son nom toute famille (patria). Le terme Patria est rare. Nous le trouvons seulement 2 autres fois dans le Nouveau Testament, en Luc 2:4 (pour évoquer la "lignée" ou la "famille" de David) et, dans un sens qui convient un peu mieux à notre passage, en Actes 3:25 : il y est fait là référence à Abraham, en qui seront bénies "toutes les familles de la terre". Pourtant on remarquera que le terme est ici au singulier : sa visée immédiate n'est pas historique, mais d'autre part, cette insistance fait faire le lien avec le Notre Père, mais alors que l'appellation du Notre Père nous conduit à nous comprendre comme ses Enfants, l'appellation conduit ici à évoquer, comme indiqué plus haut, la paternité, de manière absolue, le monde issu du Père, du Créateur (3 :9) qui fait exister par la nomination ("de qui toute paternité est nommée"). Il s'agit donc de rendre compte de l'affirmation que le monde est le monde créé par Dieu : non par magie, mais par sa parole ; et que Dieu, le Père, "tient" son monde.

Bref, il ne s’agit nullement, dans aucun de ces deux versets, d’autoriser un prêtre à s’appeler « père » ni à un représentant d’église à s’appeler « pape ».

 

Récapitulons…

 

  1. Jésus s’oppose à des appellations « père » ou « rabbi » afin que personne ne se glorifie.
  2. Paul appelle affectueusement les chrétiens ses enfants. (A aucun moment il n’exige qu’on l’appelle père pour autant)

 

Pas de contradictions jusque là

 

Mais si je rajoute que

  1. Les prêtres se font appeler « père »
  2. Le représentant de l’Eglise Catholique porte le nom de Pape

 

Là, je dis halte ! Il s’agit de titres que des humains se donnent pour exercer un pouvoir ! Je préfère le terme « pasteur » (de pascere, paître), le berger qui guide les âmes.

 

Walter, je ne vais pas insister à polémiquer sur ce détail. Nous ne sommes pas d’accord sur ce point, Dieu seul jugera.  Nous sommes frères, je ne veux pas que l’on se dispute pour le titre avec lequel vous estimez pouvoir signer.

 

Si Paul peut se targuer d’appeler les chrétiens ses enfants, ce n’est pas une raison pour que des personnes se fassent appeler « père » parce qu’ils enseignent, c’est, me semble-t-il, un titre honorifique que Jésus refuse… Il me semble même que Paul n’a jamais demandé à ce qu’on l’appelle « père » (pas selon ma déduction), il a même eu l’humilité de dire « A moi, qui suis le moindre de tous les saints, cette grâce a été accordée d'annoncer aux païens les richesses incompréhensibles de Christ, (Ephésiens 3:8 LSG)

 

Il me semble que, lorsqu’il y a ambiguïté sur l’appellation, c’est un jeu dangereux de penser que Dieu cautionnera celle-ci.

 

 Walter répond:

Il ne s'agit pas de se disputer. Il s'agit de chercher la vérité dans le respect mais aussi sans éviter les sujets "qui fâchent".

 

Votre explication ne lève pas la contradiction qu'il y a entre le commandement de Dieu "Honore ton père et ta mère", d'une part, et d'autre part, l'interdiction de Jésus (selon votre interprétation) de donner à un homme le nom de père: "N'appelez PERSONNE sur la terre votre 'Père'..."

 

La paternité des hommes, qu'elle soit physique ou spirituelle, est justement un don de Dieu dont il ne faut pas se glorifier (là nous sommes bien d'accord, à condition d'admettre que le danger n'existe pas seulement dans le domaine de la paternité spirituelle !) mais pour lequel il faut glorifier Dieu.

 

Seulement, si vous n'êtes pas chrétien catholique ou orthodoxe, vous niez que le sacrement de l'ordre est un sacrement. C'est pourquoi je vous ai dit au début que si quelqu'un qui n'est pas catholique ne me dise pas "Père", cela ne me gêne pas pour cette raison-là, mais pas pour celle que vous invoquez. Selon la vision catholique et orthodoxe, l'Ordre est un sacrement, donc un don de Dieu, qui implique une participation à la paternité de Dieu. C'est une grâce. Le danger c'est soit de s'attribuer cette grâce à soi-même, soit aussi de la mettre "sous le boisseau". Celui que vous appelez votre père peut aussi pécher comme père soit par autoritarisme, soit par démission.

 

L'humilité de saint Paul ne consiste pas à nier sa paternité (au contraire, il la revendique !) mais à ne pas s'en attribuer le mérite et à en rendre grâce à Dieu. Si pour vous Ep 3, 8 veut dire que l'humilité de saint Paul consiste à ne pas être père pour les enfants que le Seigneur lui a confié, que reste-t-il de cette humilité quand il dit : "En effet, quand vous auriez 10.000 pédagogues en Christ, vous n'avez pas plusieurs pères. C'est moi qui, par l'Evangile, vous ai engendrés en Jésus Christ" (1 Co 4, 15) ? Ce verset montre bien l'équivalence entre le mot "père" et le fait d' "engendrer en Jésus Christ".

 

Avez-vous seulement songé que quand Jésus enseigne à ses disciples la prière du Notre Père, il emploie pour cela le mot qu'il employait quand il s'adressait à Joseph et que tous les Juifs emploient pour parler à leur père ?

L'homme est créé à l'image de Dieu. Si Dieu est Père, l'homme aussi est appelé à exercer une paternité. Inversément, si le mot "père" désigne la paternité humaine, alors il peut aussi servir pour désigner Dieu. Cela s'appelle l'analogie.

 

Par ailleurs vous faites fi de vingt siècle d'Histoire de l'Église (rien que cela !), durant lesquels la paterntié spirituelle a fait partie de l'héritage chrétien, que ce soit en Occident ou en Orient.

 

En conclusion, votre interprétation de l'interdiction de Jésus d'appeler quiconque son "Père" pèche de plusieurs manières :

 

1. Elle ne prend pas en compte l'analogie entre Dieu et son image ;

2. Elle ne tient pas suffisamment compte du contexte ;

3. Elle se met en contradiction avec d'autres passages de l'Ecriture, par exemple le commandement d'honorer son père.

4. Elle se situe en dehors de la Tradition de l'Église universelle.

http://pere-walter-covens.skynetblogs.be/

Père Walter Covens

 

15:02 Écrit par St dans Général | Lien permanent | Commentaires (9) | Tags : religion, jesus, christ, dieu, seigneur, pere |  Facebook |

Commentaires

Je ne comprends pas très bien votre argumentation pour la paternité. Si vous appelez votre géniteur "papa" ou "père", moi, je n'y vois aucun problème, mais vous, vous manquez de logique avec vous-même. Vous allez à l'encontre du verset de l'Evangile que vous citez tel que vous le comprenez.
Dire que saint Paul et saint Jean appellent les chrétiens leurs enfants, mais qu'ils ne se disent pas leur père est une objection qui ne tient pas la route non plus. Et le grec n'y change rien. Si quelqu'un appele quelqu'un d'autre son enfant, c'est qu'il est son père (ou sa mère) ! Il n'y a pas d'enfant sans père ni de père sans enfant.
Est père celui qui donne la vie. Si c'est la vie physique qui est donnée, c'est une paternité physique qui va durer quelques années; si c'est la vie spirituelle qui est engendrée, il s'agit d'une paternité sprituelle qui est pour l'étenrité.
Mais quelle que soit la forme de paternité humaine, elle est subordonnée à celle de Dieu, Créateur et Rédempteur. Ce que Jésus veut corriger, c'est quand des hommes s'arrogent la paternité au sens absolu et qu'ils ne vivent pas leur paternité en dépendance de celle de Dieu.
Selon cette manière de comprendre, saint Paul n'est pas en contradiction avec Jésus quand il dit que c'est de Dieu que TOUTE paternité tire son nom au ciel et sur la terre.
Tandis que selon votre manière de comprendre vous mettez Jésus en contradiction à la fois avec saint Paul , saint Jean et avec le quatrième commandement, que vous citez, et qui dit d'honorer son père et sa mère. Si on ne peut donner à PERSONNE le nom de père, c'est un commandement dans le vide.

Écrit par : Père Walter | 2006-12-12 à 15.47:33

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Sans doute me suis-je mal exprimé... Nombre de professeurs disent "mes enfants" à leurs élèves parce qu'ils s'adressent à des d'enfants. Tout comme l'on dit "madame" lorsque l'on s'adresse à une dame (même si ce n'est pas la sienne !) Mais, pour ma part, je ne connais aucun enfant qui ait appelé son professeur "papa" !!!
Ai-je été plus clair ?

Maintenant pourriez-vous me donner votre explication du verset 9 de Matthieu 23 ?

Écrit par : Chrétien né de nouveau | 2006-12-12 à 16.44:25

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Je vous ai donné mon explication de Mt 23, 9 dans mon commentiare précédent. La vôtre ne prend pas en compte le fait que ce contre quoi Jésus s'insurge, ce n'est pas l'usage des mots, mais la recherche des honneurs: "ils aiment recevoir des gens le titre de Rabbi..."
Pour le reste de ce que vous dites, il suffit de regarder un dictionnaire: un même mot a presque toujours plusieurs sens. Le langage humain est analogique. Le sens précis d'un mot dépend du contexte justement, dont vous ne tenez pas assez compte. Vous tirez les mots et les versets en dehors de leur contexte.
Mais même dans le sens où vous l'entendez, parler d'un professeur ou d'un maître serait prohibé par le Christ selon votre exégèse, tout comme parler de "père" pour parler de son géniteur. Vous parlez comme si cela ne valait QUE pour les prêtres. NON !
Encore une fois, cela vous met en contradiction avec vous-même et avec beaucoup de passages de la Bible. Le quatrième commandement qui nous enjoint d'honorer nos parents s'applique aussi au respect que nous devons avoir pour ceux qui nous enseignent.
Quant au mot "enfant", il n'est pas toujours employé dans le sens simplement affectif, comme vous l'insinuez. Quand saint Paul écrit: "mes petits enfants que, dans la douleur, J'ENFANTE à nouveau, jusqu'à ce que Christ soit formé en vous" (Ga 4, 19), ce n'est pas dans le sens où un maître d'école appelle ses élèves: "mes enfants". Saint Paul appelle les Galates ses enfants et il se présente donc à eux comme leur père, puisqu'il dit qu'il les "enfante" à nouveau.

Expliquez-moi maintenant
1. pourquoi, malgré Mt 23, 8-9 SELON VOTRE INTERPRÉTATION, vous vous permettez d'appeler père et maître des êtres humains?
2. comment vous interpétez Ep 3, 15 en relation avec Mt 23, 9?

Écrit par : Père Walter | 2006-12-13 à 03.26:36

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Réponse Les divers commentaires et ma dernière réponse viennent d'être publiés dans ce post.
Bonne lecture

Écrit par : Chrétien né de nouveau | 2006-12-13 à 16.54:33

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Il ne s'agit pas de se disputer. Il s'agit de chercher la vérité dans le respect mais aussi sans éviter les sujets "qui fâchent".

Votre explication ne lève pas la contradiction qu'il y a entre le commandement de Dieu "Honore ton père et ta mère", d'une part, et d'autre part, l'interdiction de Jésus (selon votre interprétation) de donner à un homme le nom de père: "N'appelez PERSONNE sur la terre votre 'Père'..."

La paternité des hommes, qu'elle soit physique ou spirituelle, est justement un don de Dieu dont il ne faut pas se glorifier (là nous sommes bien d'accord, à condition d'admettre que le danger n'existe pas seulement dans le domaine de la paternité spirituelle !) mais pour lequel il faut glorifier Dieu.

Seulement, si vous n'êtes pas chrétien catholique ou orthodoxe, vous niez que le sacrement de l'ordre est un sacrement. C'est pourquoi je vous ai dit au début que si quelqu'un qui n'est pas catholique ne me dise pas "Père", cela ne me gêne pas pour cette raison-là, mais pas pour celle que vous invoquez. Selon la vision catholique et orthodoxe, l'Ordre est un sacrement, donc un don de Dieu, qui implique une participation à la paternité de Dieu. C'est une grâce. Le danger c'est soit de s'attribuer cette grâce à soi-même, soit aussi de la mettre "sous le boisseau". Celui que vous appelez votre père peut aussi pécher comme père soit par autoritarisme, soit par démission.

L'humilité de saint Paul ne consiste pas à nier sa paternité (au contraire, il la revendique !) mais à ne pas s'en attribuer le mérite et à en rendre grâce à Dieu. Si pour vous Ep 3, 8 veut dire que l'humilité de saint Paul consiste à ne pas être père pour les enfants que le Seigneur lui a confié, que reste-t-il de cette humilité quand il dit : "En effet, quand vous auriez 10.000 pédagogues en Christ, vous n'avez pas plusieurs pères. C'est moi qui, par l'Evangile, vous ai engendrés en Jésus Christ" (1 Co 4, 15) ? Ce verset montre bien l'équivalence entre le mot "père" et le fait d' "engendrer en Jésus Christ".

Avez-vous seulement songé que quand Jésus enseigne à ses disciples la prière du Notre Père, il emploie pour cela le mot qu'il employait quand il s'adressait à Joseph et que tous les Juifs emploient pour parler à leur père ?
L'homme est créé à l'image de Dieu. Si Dieu est Père, l'homme aussi est appelé à exercer une paternité. Inversément, si le mot "père" désigne la paternité humaine, alors il peut aussi servir pour désigner Dieu. Cela s'appelle l'analogie.

Par ailleurs vous faites fi de vingt siècle d'Histoire de l'Église (rien que cela !), durant lesquels la paterntié spirituelle a fait partie de l'héritage chrétien, que ce soit en Occident ou en Orient.

En conclusion, votre interprétation de l'interdiction de Jésus d'appeler quiconque son "Père" pèche de plusieurs manières :

1. Elle ne prend pas en compte l'analogie entre Dieu et son image ;
2. Elle ne tient pas suffisamment compte du contexte ;
3. Elle se met en contradiction avec d'autres passages de l'Ecriture, par exemple le commandement d'honorer son père.
4. Elle se situe en dehors de la Tradition de l'Église universelle.

Écrit par : Père Walter Covens | 2006-12-14 à 05.12:41

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Lien Je vous invite à cliquer sur ce lien :

Écrit par : Chrétien né de nouveau | 2006-12-14 à 18.37:32

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pardon ,je suis chrétienne ,catholique ,mais vieillisante ,devant des évènements ,des faits de cette église qui m'a éduquée
je me pose beaucoup de questions sur les origines ,le pourquoi ,de ce qui m'est imposé
en dogmes ,certitudes diverses .
je suis de plus en plus mal ,pour nommer un prêtre Père
ma foi en Dieu le Père est si grandissante envahissante ,que je vis comme un 'viol" spirituel
cette obligation de vous prêtres ,de vous faire nommer Père ,cette réalité est grandissante !!!
de vous interposer ainsi entre ce Dieu Père
entre Christ ,Notre Seigneur ,et nous ,vous nous imposez vos images
votre matériel religieux
le spirituel ,n'est-il pas la liberté Père Divin !
ce Seigneur Jésus-Christ qui a certe confié l'église naissante à des hommes
mais lui Fils ,comment ,quand a t-il dit que vous deveniez Père
dans vos fonctions religieuse qui au début étaient de témoigner ,pas seulement verbalement
mais dans vos vies
là dans vos réponses ,vous répondez par la terre
mais devant Dieu le Père ,un jour au jugement
êtes _vous sûr que vous aurez ces
même propos
êtes-vous sûr que devant Le Père ou Notre Seigneur
vous allez vous justifier ,eh oui salut moi aussi je suis Père ,comme toi regarde tout ce que nous avons écrit pour le justifier ,pour l'imposer! .
BIEN sûr j'emploie l'ironie ,mais êtes vous sûr que par votre image ,vous homme vulnérable comme nous
ce n'est l'état religieux ,ni moniacal qui vous en préservent ,
par ces titres vous ne participez pas ,ainsi ,complices inconscients ou pas à nous détourner de la vraie réalité divine du Père Divin !!!.
Que dire aussi ce que cela implique dans nos consciences ,au plus profond de nos âmes
cette obligation ,Père ,en Christ vivant ,j'en vis tant de confusion
comment pouvons nous avoir plusieurs pères !!!!!!
c'est impossible ,nous en sommes confus ,perdus !!!!
beaucoup s'éveillent à cela!
notre amour du Père Divin ,comment peut-il se partager avec un autre
qui lui s'impose par son humanité !
QUE dire de Notre SEIGNEUR ,où est-il dans ces "mondanités" terrestres !!!.
Etes vous sûr père religieux ,que vous le soyez vraiment aujourd'hui encore plus ,à l'image de Notre DIEU
DE Notre Seigneur Jésus- Christ ,les voyez vraiment
à votre image
ou dans ce que nous chrétiens ,catholiques devont vivre ,devont témoigner ,d'abord par nos conduites
si loin ,si loin certainement des enseignements laissés pour nous guider ,nous élever ,nous fortifier
en Christ vivant !!!
alors Monsieur le prêtre ,comment pouvez vous par Dieu le Père ,par les enseignements de Jésus-Christ
vous justifier de ce titre terrestre,détaché des certitudes des hommes ;que de l'homme !.
NON délégué par le Père divin de notre foi de catholique ,car qu'est la tradition ,pour se justifier devant Lui !.
je prie dans la prière du Notre Père ,pour la vérité ,en Christ notre seul Seigneur (tiens encore ,encore !!!)
aujourd'hui catholiques ,2000 ANS ,que sommes nous ????

Écrit par : Marie | 2011-10-15 à 13.03:43

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Bonjour Didier ! Tu critiques les autres, mais je vois que tu ne changes pas... Même les pharisiens ont fait leur examen de conscience avant de jeter la pierre. Toi, par contre...

Écrit par : Stéphane | 2011-10-16 à 12.43:09

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chut Stéphane ,si vraiement vous pensez que cet article a été écrit par "Serge"
je vous invite à vous tourner vers notre Père divin
reprendre doucement votre respiration
notre Père qui est aux cieux
que ton nom soit sanctifié ,
je vous laisse poursuivre ou pas
n'accusez à tort ,non c'est bien Marie ,une grand-mère ,dans son humanité comme tous
comme vous !!
il y a tant de façon de critiquer ,nous chrétiens nous n'apprécions pas du tout cela
sommes si sur de nous ,trop souvent ,
mais ,je découvre chaque jour dans ma foi ,que déjà moi ,je dois m'examiner ,me voir
c'est pas du tout agréable ,parfois si affreux dans la douleur ,je suis comme celà moi,c'est moi !!!
qui ai dit cela ,fait cela
puis des forces "intérieures arrivent pour se relever .
Stèphane ,dans cet amour ,cette présence qui est tout ,je ne puis que vous souhaiter
que dans ce que vous rejetez comme critiques ,
vous trouviez CHRIST ,cette volonté
celle de vivre en "respirant " parlant peu à peu que dans ce désir
vous rapprocher le plus possible ,chaque jour de LUI ,notre SEIGNEUR
qu'ai -je fais pour mériter ce qui m'est renvoyé
que m'est -il dit pour avancer
car la critique est négative pour certains ,mais plus souvent constructive pour d'autres !!!
pourquoi l'autre est ainsi ,comme vous là dans ce jugement ,(une condamanation avec menaces !)fondé sur quoi ,qui exprime bien votre souffrance perso !!!,il n'est comme moi certainement !
!!puis nous avons cette facilité ,pour justement ne pas "respirer" dans ce désir ,du Père Divin
de confondre ,,,,,,car cela nous arange
des faits ,avec des critiques ,qui bien sûr dans notre éducation (catholique) nous impose cette certitude
que toutes critiques ,ou désirs de l'autre de checher les causes ,les origines
de ses mal être ,ou de ses recherches pour comprendre la vérité
sont du mal contre nous !!!!!
alors ,je vous souhaite un jour d'être peu à peu comblé de notre Père Divin ,qui vous rend ce désir de vivre differement ,pour tous ,mais là ,cen'est de mon ressort !
mais que de messages d'enseignements ,chaque jour plus l'autre m'apporte ,pour m'alerter ,reprendre souffle !
je ne reviendrai pas sur ce blog d'un grand moment
en Christ notre Seigneur ,je n'ai ce désir de créer ou d'entretenir des polèmiques
juste de dire comme là ,moi catholique aujourd'hui ,je ne peux plus appeler un prêtre Père ,cela m'est impossible ,voilà !
alors je vous confie au Père divin si cela est votre volonté car là aussi vous avez cette liberté ,vos choix ,bon chemin ,mais vous avez votre libre arbitre !
Marie-Agnès (c'est mon prénom !)

Écrit par : Marie | 2011-10-16 à 16.48:21

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